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    Evénement

    Affaire CIH
    Alioua lâché par l’USFP

    Par L'Economiste | Edition N°:3818 Le 03/07/2012 | Partager
    Silence radio côté bureau politique
    Après lui, d’autres sur la liste

    Dans les salons feutrés de Rabat, il se disait que si l’ex-patron du CIH Khalid Alioua a mis longtemps avant d’être inquiété par la justice, c’est parce qu’il bénéficiait du «parapluie» du parti

    Après plusieurs mois d’enquête, l’ancien PDG du CIH a été incarcéré à la prison de Oukacha de Casablanca, vendredi dernier (cf notre édition du lundi 2 juillet). C’est un feuilleton qui promet des rebondissements et du suspense pour le mois de Ramadan. L’instruction va révéler les ramifications de l’affaire, les noms des bénéficiaires des largesses du président et les complices au sein du CIH.
    A ce stade de l’affaire, Khalid Alioua est présumé innocent jusqu’à ce que la Justice tranche. Mais l’USFP dont il a été un dirigeant de premier plan, plein de promesses et d’avenir, est sous le choc. Le parti est-il éclaboussé? Les effets risquent d’être dévastateurs sur son image. Cette formation a longtemps dénoncé la concussion, le népotisme, bref, la corruption. Et voilà qu’un de ses anciens dirigeants est soupçonné par la Justice de s’être affranchi des règles de bonne gestion lorsqu’il dirigeait le CIH. Dans les salons feutrés de Rabat, il se disait que si l’ex-patron du CIH a mis longtemps avant d’être inquiété par la Justice, c’est parce qu’il bénéficiait du «parapluie» du parti. Manifestement, Alioua vient d’être lâché par ses amis. Contactés, des responsables n’ont pas voulu s’exprimer ouvertement. Il y a moins d’un an, Alioua avait demandé le soutien politique de l’USFP. Au début, le bureau politique était partagé. Certains dirigeants affirmaient que Alioua n’avait pas démissionné du parti. Et à ce titre, ils seront à ses côtés. Ils avançaient que les faits qu’on lui reprochait n’étaient pas d’ordre pénal mais moral. D’autres, faisaient «valoir le principe de responsabilité. S’il a fauté, il devra en payer le prix». Une manière de se prémunir contre les tempêtes à venir.
    En fait, son affaire s’est révélée au mauvais moment, le printemps arabe, et surtout, le retour de l’USFP dans l’opposition. Pour d’autres dirigeants, le silence du parti est dicté par la volonté de «laisser la Justice travailler dans la sérénité». Il faut respecter l’indépendance de la Justice que tout le monde réclame, rappelle un ancien ministre. D’ailleurs, les journaux du parti ont été laconiques sur l’affaire. Pour plusieurs sources, cette opération «mains propres» ne fait que commencer. Alioua fait partie «d’une liste à venir» qui s’étend à tous les dossiers de détournement de biens publics et de dérapages révélés par la Cour des comptes ou l’Inspection générale des Finances. Elle devra obéir à une logique et ne souffrira pas d’exception quelles que soient les protections.
    Il y a une volonté politique d’envoyer un signal fort pour démontrer que l’ère de l’impunité est bel et bien terminée. En effet, la nouvelle Constitution, qui lie la responsabilité à la reddition des comptes, s’inscrit dans ce nouvel état d’esprit. Après le printemps arabe et les revendications locales de lutte contre la corruption et la prévarication, c’est l’heure de remettre de l’ordre dans la machine. Si par le passé, on osait toucher aux présidents de conseils municipaux, aux élus, à la limite aux dirigeants des établissements publics, aujourd’hui, un pas est franchi. Car, il s’agit d’un ancien ministre, porte-parole du gouvernement d’alternance, une star montante des années 2000, au point que lors des communales de 2003, Alioua le Rbati visait, sans succès, le fauteuil de maire de Casablanca. Une chose est sûre, l’affaire Alioua remonte à plus d’une année et donc, bien avant l’arrivée du gouvernement Benkirane. Sauf si l’actuel ministre de la Justice lui a donné un coup d’accélérateur.


    Mohamed CHAOUI

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