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    2M en version semi-publique : Le programme et les soucis de M Belarbi

    Par L'Economiste | Edition N°:248 Le 03/10/1996 | Partager

    C'est debout que M. Larbi Belarbi, le nouveau patron de 2M, a donné sa première conférence de presse. Les thèmes: la production, le rééquilibrage des comptes...

    M. Larbi Belarbi vient de rompre un silence qui dure depuis sa nomination le 19 juin 1996. S'il ne s'est pas manifesté plus tôt, c'est qu'il avait une priorité: la survie d'une entreprise qui emploie près de 540 personnes.
    Très attendue, surtout après le remue-ménage provoqué par la super-taxe de l'audiovisuel, la première sortie publique du directeur général de 2M a été, le 30 septembre, consacrée à la future stratégie de la chaîne, la confirmation de la date du 1er Ramadan pour le passage en clair.
    D'emblée, M. Belarbi a tenu à rassurer: les traitements du personnel seront conservés. "Il n'a jamais été question de perdre l'acquis", martèle-t-il. La masse salariale s'est néanmoins réduite de 5%: les départs n'ont pas été remplacés. Comme l'avait annoncé L'Economiste, le passage en clair est fixé au 1er Ramadan, entre les 10 et 12 janvier 1997. Cette opération permettra de toucher 70% de la population, au lieu de 100.000 clients (et quelque 400.000 téléspectateurs "indirects") grâce au réseau de sites de réception satellites et de la diffusion hertzienne mise en place et entretenue par les ingénieurs et les techniciens de la chaîne. L'extension de cette zone à des régions non encore couvertes est en cours d'évaluation technique et financière. La régularisation de la situation des quelque 100.000 abonnés constitue pour 2M "une obligation à la fois contractuelle et morale". Une lettre a été adressée à chacun des abonnés expliquant l'ensemble des modalités pratiques du passage en clair: restitution du décodeur, remboursement de la caution et des mensualités réglées par avance le cas échéant.
    Aujourd'hui, un des premiers objectifs de la nouvelle direction est d'assurer la rentabilité de la chaîne et ce, par une réduction stricte des coûts et un contrôle budgétaire rigoureux. Jusqu'à présent, les pertes cumulées sont évaluées à 450 millions de DH (situation nette de Soread: moins 300 millions à fin 1995).

    Economie de gestion

    Fin 1996, le déficit d'exploitation devrait être de 100 millions de DH, selon M. Belarbi. En 1997, la situation devrait s'améliorer. "Le déficit baissera de 80%", dit-il. La recette: plan de trésorerie suivi au jour le jour, reprofilage des dettes à long terme (280 millions de DH dont 150 millions de FF qu'il faudrait rééchelonner via les services du Ministère des Finances), produits annexes (bouquets de Canal Horizon-"presque fait"-, ART -"bien avancé"-, et Orbit "en conversation"-) et bien sûr les inévitables "économies de gestion".
    Pour assurer le financement de la chaîne, la nouvelle direction prévoit de couvrir 60 à 65% des frais de fonctionnement par la publicité, dont le CA devrait augmenter de 20 à 25%. La régie publicitaire multimédia gérant les espaces de 2M, Régie 3, est maintenue dans sa mission. Une "politique de concertation sera engagée avec les professionnels, agences de publicité et annonceurs". Elle concernera les tarifs qui seront réévalués compte tenu de l'augmentation de l'audience corrélative au passage en clair.
    La dotation publique viendra également équilibrer le budget de fonctionnement de 2M. Le produit de cette taxe, qui continue à faire grincer les dents des consommateurs d'électricité(1), est affecté au "Fonds pour la promotion du paysage audiovisuel national". 60% sont d'ores et déjà affectés à la RTM, les 40% restants devront être partagés entre le cinéma, 2M et la production audiovisuelle en général. Pour l'instant, 2M ne sait pas ce qui pourra lui revenir.
    Néanmoins, un premier plan bancaire à été présenté au consortium ayant soutenu l'entreprise et dont le chef de file est la BMCE. Les discussions doivent commencer la semaine prochaine et couvriront la période 1996-97.
    Parallèlement et après la première augmentation de capital de 100 millions de DH, la Soread(2) procédera à une seconde de 158 millions de DH au cours de ce trimestre. Le Trésor porte l'intégralité des parts publiques, soit un peu plus de 70%. Les actionnaires privés autour de l'ONA devront apporter le reste, comprenant la valorisation du terrain sur lequel est établie l'entreprise et une valorisation de la "contribution aux frais de restructuration".

    Meriem OUDGHIRI

    (1) Cf L'Economiste du 26 septembre 1996.
    (2) L'Etat détient 68% du capital de la Soread et 32% restent la propriété du secteur privé.


    Les réactions du ministre

    Moulay Driss Alaoui M'Daghri, ministre de la Communication, a trouvé que le titre choisi par L'Economiste pour l'édition du 26 septembre 1996 était "un peu tendancieux". Le titre était "Audiovisuel: La supertaxe d'abord, La réforme... un jour". Moulay Driss Alaoui indique que la réforme de l'audiovisuel a bel et bien commencé et il cite trois éléments de ce démarrage: la reprise de 2M, la nomination d'un nouveau management de la chaîne qui a préparé un programme de relance et l'introduction de la taxe.

    M.O.


    2M à partir de 7h du matin


    "Quelle culture aurons-nous d'ici cinq ans? Quelle connaissance de notre pays aurons-nous dans quelques années si nous ne nous mettons pas sérieusement à la tâche?". Pour le nouveau directeur de 2M, le passage en clair signifie, non seulement la mise en place d'une grille de programmation adaptée et améliorée, mais aussi un développement au niveau de la production locale qui reste aujourd'hui limitée et de qualité très moyenne. "Nous devons absolument marquer la différence avec la concurrence satellitaire agressive, diversifiée et disposant de gros moyens". Selon lui, une chaîne qui n'innove pas et qui ne réussit pas au niveau international est condamnée à terme. Elle est, selon son expression, "absolument morte". S'il considère que 2M produit de bons programmes, ils les juge cependant insuffisants. "Nous ne sommes pas encore arrivés à assurer une qualité valable au niveau international. Et notre seule chance de survie est justement cette qualité". Le passage en clair, c'est aussi "de nouveaux talents et de nouveaux visages", estime M. Belarbi face aux craintes de voir la chaîne devenir un duplicata de la TVM, spécialement en matière de traitement de l'information. M. Belarbi promet que 2M restera ce qu'elle est, en développant "des standards de qualité aux normes internationales".Elargissant son audience, 2M restera fidèle à son positionnement de proximité et de convivialité. La ligne éditoriale de la rédaction restera intacte. Il s'agira de consolider, mais aussi de développer et d'améliorer les acquis. La chaîne continuera à s'appuyer sur le bilinguisme, "adaptant naturellement la langue que l'on parle au sujet que l'on traite". Dans tous les cas, est-il précisé, 2M restera la chaîne du cinéma et de la fiction, de l'information et du sport, de la jeunesse et de l'enfance. De nouveaux programmes sont en cours d'étude et s'adresseront à des cibles spécifiques (le public féminin ou les adolescents), mais aussi répondant aux attentes des téléspectateurs en matière d'éducation, d'économie et d'environnement. "Après Ramadan, les émissions commenceront à 7 heures du matin, pour se réveiller avec 2M". Concernant le pourcentage d'augmentation des prix d'achat des programmes internationaux, M. Belarbi précise, sans avancer de chiffres, qu'ils se maintiendront au même niveau. Côté production locale, l'augmentation se situera entre 25 et 40% par an.

    M. O.

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