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    Tribune

    1998, la revanche des bourses méditerranéennes?

    Par L'Economiste | Edition N°:310 Le 25/12/1997 | Partager

    par Olivier PASTRE*

    Les marchés boursiers méditerranéens devraient, à moyen terme, connaître une hausse. Plusieurs facteurs permettent d'y croire. Les explications de M. Pastré, directeur général de la banque d'affaires française GP Banque.


    Les bourses méditerranéennes se sont comportées de manière exemplaire lors de la correction de ces dernières semaines.
    Les marchés marocain, égyptien, jordanien, libanais et tunisien ont en effet montré une stabilité par rapport aux marchés d'Asie, d'Amérique latine et d'Europe centrale.
    Cette stabilité a été assurée par:
    · une épargne locale importante assurant l'essentiel du mouvement de ces places et, corrélativement, la faible part des investissements étrangers dans les capitalisations boursières locales: la part des investisseurs étrangers dans la capitalisation boursière est en effet de 10 à 20% en Egypte, de 5% au Maroc, inférieure à 1% en Tunisie et en Jordanie,
    · par la poursuite du mouvement de privatisations qui a tiré le marché à la hausse,
    · par l'inscription de l'Egypte et du Maroc dans l'indice global IFC qui est intervenue de manière effective en octobre 1996.
    A noter que l'attentat tragique qui a récemment eu lieu en Egypte a engendré une baisse à ce jour limitée de la Bourse du Caire. Le précédent attentat du mois de septembre n'avait eu aucun impact sur le marché et n'avait pas gêné le bon déroulement de la saison touristique.

    Par ailleurs, les sociétés cotées directement liées au tourisme ne sont qu'au nombre de 2 sur un ensemble de 600. Certes, le tourisme représente une source de devises non négligeable pour ce pays. Mais il est important de signaler que ce secteur ne représente que 1,7% du PIB et 15% des réserves en devises.
    Les fondamentaux macro-économiques de la zone MENA restent très positifs. En effet, il est prévu que la croissance se maintienne entre 1996 et 2000 à 4,7% pour l'Egypte, 5,4% pour le Maroc, 6,5% pour la Tunisie et la Jordanie. L'inflation a baissé et retrouvé des niveaux parfaitement acceptables. Elle a été en moyenne sur la période 1991-1996 de 3,3% pour l'Egypte, de 3% pour le Maroc, de 3,5% pour la Tunisie et de 7% pour la Jordanie.

    Evolutions asynchrones


    Le ratio déficit budgétaire / PIB s'est amélioré. Il est passé entre 1996 et 1997 de -1,3% à -1,4% pour l'Egypte, de -3,8% à +3,7% pour le Maroc, de -1,9% -1,4% pour la Tunisie et de -4,6% à -3,5% pour la Jordanie. Ce ratio devrait être pour 1998 de -1,3% pour l'Egypte de -3,2% pour le Maroc, de -1,4% pour la Tunisie et de -2,4% pour la Jordanie.
    Les spécificités des marchés méditerranéens justifient une tendance à la hausse de ces marchés. Malgré les événements récents qui se sont produits en Egypte et en Irak, certains facteurs propres aux marchés méditerranéens nous permettent, au-delà des fondamen-taux, d'anticiper une hausse des bourses méditerranéennes à moyen terme. La crise boursière en Asie du Sud-Est devrait conduire à des réallocations d'actifs au sein de la zone des pays émergents en faveur des bourses les moins volatiles, ce qui est le cas de la plupart des bourses de la zone méditerranéenne.

    Par ailleurs, les per des bourses méditerranéennes restent, même après la «correction» asiatique, peu élevés pour des marchés émergents. Le marché égyptien conserve un potentiel de développement particulièrement important. Le programme de privatisation se poursuit dans ce pays et l'accroissement de la capitalisation boursière qui devrait en résulter a amené la Banque Mondiale à augmenter la part de l'Egypte dans l'indice global IFCI.
    Ceci aura un effet mécanique sur l'allocation d'actif effectuée par les gérants internationaux. Enfin, il faut noter que la zone MENA est constituée de pays qui connaissent entre eux des évolutions boursières asynchrones. Ceci est dû, pour partie au moins, à la faible intégration économique régionale et conforte l'intérêt d'un investissement boursier sur cette région du globe qui pourrait, enfin, prendre sa revanche sur les autres zones boursières émergentes.

    * Directeur général de GP Banque.

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