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    Enquête

    «Un diplôme n'équivaut pas à un droit au travail»

    Par L'Economiste | Edition N°:296 Le 18/09/1997 | Partager

    Le Ministre de la Formation Professionnelle compte s'attaquer à la question de l'emploi. Pour lui, le chômage n'est pas une fatalité. Il estime que tous les moyens doivent être mis en oeuvre pour y faire face.


    - L'Economiste: Vous êtes à la tête de trois départements très importants, qui présentent une grande synergie entre eux. Comment procédez-vous pour faire jouer cette synergie?
    - M. Mourad Chérif: Le Ministère comporte trois départements d'une grande importance: Habitat, Formation Profession-nelle et Emploi. L'emploi constitue aujourd'hui la plus importante bataille à mener. Par ailleurs, il existe un chômage important dû en partie à une inadéquation formation-marché du travail. En d'autres termes, dans un grand nombre de cas, les emplois en entreprises existent mais les profils requis font défaut. La formation professionnelle est la clef de voûte de l'emploi et réciproquement l'emploi est conditionné par une formation adéquate.
    Regrouper les deux départements de l'Emploi et de la Formation Professionnelle au sein d'un même ministère procède ainsi d'une volonté résolue du gouvernement de renforcer les synergies entre ces deux composantes afin que les démarches soient communes et intégrées.
    Quant au département de l'Habitat, il a également des synergies importantes avec la Formation Professionnelle et de l'Emploi du fait d'une part de ses propres besoins en formation, et d'autre part, de son fort impact sur le marché du travail.
    Des réflexions et études conjointes ont été lancées afin de dégager rapidement un plan d'actions communes et concrètes.

    - Est-ce que le gouvernement a-t-il un plan contre le chômage des diplômés?
    - L'emploi ne se décrète pas. Pour en créer, il faut créer de la richesse, diversifier l'offre des services et des produits, et chercher de nouveaux métiers et niches. De même, l'adaptation de la formation au marché du travail est le passage obligé pour absorber le chômage. Le gouvernement est d'ailleurs en train de finaliser un programme prioritaire pour aider à l'insertion des 100.000 jeunes diplômés sur une période de 4 à 5 ans sur le marché de l'emploi. Ce programme comporte des mécanismes incitatifs nouveaux. Il faut casser la logique selon laquelle: un diplôme équivaut à un droit au travail. Nous sommes dans une conjoncture où il faut rehausser la compétitivité de l'entreprise. Il faut donc aider les diplômés à s'insérer dans l'entreprise par une formation complémentaire d'adaptation.

    - Lors de votre premier contact avec les associations professionnelles, il a été question de doter les centres de formation de plus d'autonomie. Pensez-vous que cela puisse se réaliser?
    - Sur le plan de la stratégie et de la volonté politique, impliquer le privé est acquis. Dans les faits, les centres de formation sont plus autonomes et plus créatifs. Pour nous, cela est fondamental. Un centre de formation comme toute entreprise doit produire pour le marché final. Plus le client est impliqué, plus les taux d'insertion se sont élevés. Cela permet également d'être plus attentif et de créer si besoin de nouvelles filières.
    La consécration de ce partenariat s'est réalisé notamment avec l'ESITH dont l'AMITH détient 20% du capital.

    - Outre les centres de l'OFPPT, des organismes publics s'occupent de la formation. Cela ne crée-t-il pas une dispersion?
    - Absolument pas. Au contraire, il faut éviter de tout centraliser. Plusieurs centres de responsabilité doivent exister. Il faut qu'à chaque niveau, s'exerce la décision.
    A titre d'exemple, l'OCP dispose d'une longue tradition de formation, à tous les niveaux. La formation interne absorbe près de 5% de la masse salariale. Les résultats sont encourageants. Il faut donc que cette tradition continue.

    Propos recueillis par Malika EL JOUHARI et Hicham RAIQ

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