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    «Sans le plan de redressement, le CIH aurait coulé«Abdelouahed Souhail, PDG du Crédit Immobilier et Hôtelier

    Par L'Economiste | Edition N°:910 Le 06/12/2000 | Partager

    Si tout se passe comme prévu et malgré le retard sur le timing du plan de redressement, la banque espère équilibrer ses comptes dans trois ans, peut-être plus tôt, si la croissance actuelle du tourisme s'accélère. Le président du CIH estime par ailleurs qu'une privatisation serait une réponse adéquate aux problèmes financiers de la banque. Dans le dossier du Palais des Congrès, la banque vient de conclure une spectaculaire alliance avec Dounia Hôtels.. L'Economiste: Que serait devenu le CIH sans le plan de redressement? Se dirigeait-il vers un dépôt de bilan?- M. Abdelouahed Souhail: Il n'y a aucun doute. Sans ce plan de redressement, le CIH courait de gros risques quant à sa pérennité, son équilibre financier et évidemment la poursuite de son rôle. Cet effort vise d'abord la pérennité de l'entreprise en lui donnant des moyens afin qu'elle continue à jouer son rôle et poursuive son développement.. Quand pensez-vous renouer avec l'équilibre?- Si on nous avait donné un peu plus de moyens, on aurait pu retrouver l'équilibre beaucoup plus tôt. Aujourd'hui, nous travaillons dans l'hypothèse d'un équilibre des résultats en 2003 et d'atteindre l'équilibre financier deux ou trois ans plus tard. Mais, il n'est pas exclu que d'ici là des événements puissent intervenir pour accélérer la cadence: que la dynamique de croissance actuelle dans le tourisme s'accélère ou une privatisation qui apporterait une solution financière au CIH ou des moyens supplémentaires à l'Etat pour intervenir. Il ne manque pas de volonté politique, mais l'Etat a des moyens limités. On ne peut pas raisonnablement demander au Trésor de faire ce qu'a fait le Trésor français pour le Crédit Lyonnais, en prenant en charge toutes les mauvaises casseroles dans une structure de deafaisance. . Comment les salariés ont-ils vécu tout le tapage sur les difficultés de la banque quand tout le monde prédisait l'écroulement de la maison?- Ils étaient les premiers informés. C'est à eux d'abord que j'ai expliqué à mon arrivée et par la suite, plus longuement, que l'entreprise avait besoin de réformes en profondeur. L'état d'esprit est passé de l'incrédulité dans un premier temps à l'incompréhension, voire à un climat social très tendu pendant un certain temps. Nous avons pris le temps qu'il faut pour qu'à l'intérieur de la maison, nous puissions nous rendre compte de nos difficultés, mettre à profit nos points forts et essayer de vaincre nos faiblesses. Depuis, on est passés de l'inquiétude à une volonté de s'améliorer et continuer à travailler. Je pense que cet état d'esprit est tout à fait positif. Nous venons d'ailleurs de conclure ensemble la mise en place d'un projet d'entreprise qui nous a pris un an de travail.. Que manque-t-il au CIH pour devenir enfin une banque comme les autres et prétendre au peloton de tête du secteur?- Il ne lui manque rien. Je crois que le CIH est beaucoup plus qu'une banque. Nous avons tous les métiers que font nos confrères, mais nous en avons un et même deux qu'ils ne font pas de manière systématique: l'immobilier et le tourisme où nous avons un incontestable savoir-faire. En revanche, il nous faut élargir notre couverture commerciale. Nous avons un réseau, mais il est encore moyen (96 agences, 46 guichets automatiques) par rapport à nos ambitions. Nous avons une part de marché des dépôts de 4%, conquise sur douze ans, ce qui n'est pas mal. Ce qui nous manque aujourd'hui, c'est une autre organisation, une autre culture, une formation de nos hommes, une perception de nos points forts et une confiance en nous. Nous sommes en train de travailler sur tous ces aspects. . Pour en revenir au plan de redressement, êtes-vous dans le timing par rapport à vos objectifs initiaux?- Non, nous accusons un petit retard. Nous avions travaillé toute l'année 1999, dans l'espoir de voir commencer le plan de redressement début 2000. Or, il n'a été bouclé qu'en mai dernier et il fallait compter aussi avec les réunions du Conseil d'administration et de l'assemblée générale pour ne partir pour l'augmentation du capital qu'en octobre dernier (pour la première souscription). Le déblocage de la première tranche de l'emprunt bancaire interviendra en principe avant la fin de cette année. Quant à l'augmentation de capital, la souscription à la deuxième tranche est prévue en juin prochain, tout comme le décaissement de la deuxième partie de l'emprunt bancaire. Nous recevrons aussi avant la fin de l'année, 400 millions de DH que nous doivent les ERAC. Toujours sur le timing financier, l'avance remboursable d'un milliard de DH du Trésor devrait nous être versée aussi. Côté développement, quelques événements se sont interposés et se répercutent forcément sur le calendrier. Il y a la Commission d'enquête parlementaire dont la présence mobilise un certain nombre de cadres, car il faut lui donner le maximum d'informations. Nous avons aussi l'Inspection Générale des Finances (IGF) dans nos murs. Je ne dis pas que ces deux missions nous retardent dans notre travail, mais quelque part, il faut s'en préoccuper et sur le plan de l'ambiance à l'intérieur de la maison, ce ne sont pas des événements tout à fait neutres. Par ailleurs, l'audit du plan de redressement est en cours et il faut également s'occuper de ceux qui le conduisent. Il est bien avancé et les conclusions seront rendues incessamment. Elles seront exposées au Conseil d'administration dans les premiers jours de janvier. Pour le reste, nous continuons notre programme: l'extension du réseau, la collecte des dépôts, la monétique, la formation, la modernisation de nos process, etc.. Psychologiquement, la présence simultanée de l'IGF et la Commission parlementaire ne perturbe-t-elle pas vos salariés?- Ecoutez, de toutes les façons, déjà dans votre appartement, vos invités sont toujours les bienvenus mais il va falloir les loger, les nourrir et partager la salle de bains.. Ce n'est pas le cas de vos «invités« actuels au CIH.- (Rires)... Là aussi, ce sont nos amis. C'est expressément que j'ai pris cette comparaison parce que ce sont des gens qui viennent d'abord nous aider. C'est comme ça que je perçois leur mission. Personnellement, je considère la Commission d'enquête parlementaire comme une très bonne chose pour le pays et pour une entreprise publique. Quelque part, les citoyens ont le droit de savoir, surtout pour essayer d'éviter de refaire les mêmes erreurs. Heureusement que la Constitution prévoit ce genre d'exercice. Je crois qu'il faut accepter les règles du jeu démocratique. Pour ce qui est de l'Inspection Générale des Finances, elle a un rôle extrêmement important. Elle a une approche plus professionnelle et nous apportera beaucoup certainement. Elle éclaircira nos dysfonctionnements et les aspects que nous devons améliorer. Ces deux commissions sont les bienvenues; au contraire, ce n'est pas une mesure d'hostilité. Le fait qu'elles soient arrivées simultanément nous perturbent quelque part parce qu'il faut consacrer du temps à toutes les deux en leur donnant le maximum d'informations. Mais, croyez-moi, nous le vivons normalement, sans aucun problème. . En tout cas, l'opinion publique, elle, attend que ces commissions révèlent des irrégularités qui déboucheront sur la poursuite de leurs auteurs.- Je crois qu'il faut bien lire la loi. Celle-ci prévoit que la Commission d'enquête parlementaire puisse faire des investigations et écouter des gens qu'elle juge nécessaires quelle que soit leur position: ministres, PDG, directeur général ou simples employés. Il faut aussi rappeler que tous ceux qui sont entendus le sont en qualité de témoins. La commission n'est ni un tribunal, ni de l'inquisition. Elle essaie de comprendre et consigne ses conclusions dans un rapport qu'elle transmettra au président de la Chambre des Représentants. Ce dernier peut soit en faire communication à l'assemblée, soit le publier au Bulletin Officiel. Et puis, il reviendra au gouvernement s'il le juge nécessaire, de définir la suite à lui donner.. Est-ce que des anciens dirigeants de la banque ont été entendus?- D'après ce que colportent les gens, je crois qu'ils ont été entendus. Il n'y a pas qu'eux, beaucoup d'autres personnes ont également témoigné. Il faut peut-être poser la question au président de la Commission parlementaire. Tout ce que je peux vous certifier, c'est que j'ai moi-même été entendu en tant que témoin. . Où en seriez-vous dans la récupération des créances immobilières, celles des ERAC notamment. Aviez-vous reçu la garantie de l'Etat dans ce sens?- Non, les ERAC sont des établissements publics, donc une émanation de l'Etat. Celui-ci leur a donné des moyens pour qu'ils nous paient un certain nombre de projets qui ont connu des difficultés. Pour le reste, nous avons passé il y a deux ans une convention avec le Secrétariat d'Etat à l'Habitat. Elle tournait autour de 3 ou 4 points essentiels: le CIH s'engageait à revoir le taux d'intérêt sur des opérations en difficulté et le rééchelonnement de sa créance. En échange, les ERAC nous donnaient des garanties et s'engageaient à régler leurs dettes selon un échéancier bien déterminé. Il avait aussi été convenu enfin que nous prenions part aux Conseils d'administration des ERAC en tant qu'observateur. Depuis, ces organismes ont fait des efforts considérables pour nous payer sur un certain nombre de dossiers. Ils ne sont pas tous en difficulté, ni mal gérés. Bien au contraire, ils sont de mieux en mieux gérés et certains ERAC sont même des affaires parfaitement bancables. . Et sur d'autres dossiers immobiliers, il paraît que vous traînez énormément de créances en souffrance. Quelle est la situation exacte?- Lorsque nous arrivons à trouver des solutions à l'amiable, les promoteurs nous paient au fur et à mesure de la commercialisation de leurs opérations. Par contre, nous nous trouvons devant des cas inextricables où nous ne sommes pas payés. Ce sont essentiellement des dossiers où des promoteurs ont vendu des logements à des citoyens et ne nous ont pas reversé l'argent. Le CIH se trouve donc dans l'impossibilité de donner aux acquéreurs la mainlevée. Ce sont des cas très graves: des gens qui ont acheté des appartements et qui ne peuvent prétendre à la propriété au regard de la loi. Ce sont des situations très difficiles à gérer et malheureusement, elles ne sont pas isolées. Ces affaires sont aujourd'hui devant la justice et nous avons demandé l'intervention du procureur parce qu'il ne s'agit pas d'un conflit de type civil ou commercial, mais bien de détournement de biens. Pour les victimes, c'est une situation humainement difficile et financièrement catastrophique.


    Bourse: Où sont nos capitalistes?

    Le patron du CIH se dit étonné de l'absence de sociétés du tourisme à la cote qui est pourtant un secteur-clé de l'économie, alors que les investissements dans l'hôtellerie sont lourds. Pour ranimer la bourse, il émet quelques propositions: certains institutionnels ont de l'argent, mais ne peuvent investir dans des fonds qui sont à leur lancement. Il me semble que l'on devrait leur faciliter la tâche, ce sont eux qui mobilisent l'épargne longue. «Je pense également que nous n'avons pas de capitalistes mûrs pour comprendre l'importance d'aller en bourse«. Les gens ne veulent pas partager le pouvoir et la discussion sur la loi sur les Sociétés Anonymes en est une preuve, alors que son objectif premier est d'aller vers une bonne gouvernance. «C'est comme si l'on faisait grève parce qu'il y a des feux rouges«. Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA


    Alliance avec Dounia Hôtels sur le Palais des Congrès

    C'est un nouveau rebondissement et peut-être décisif, dans le feuilleton judiciaire concernant le Palais des Congrès et le Mansour Eddhabi à Marrakech. Depuis l'enclenchement de l'examen des offres d'éventuels repreneurs, on assiste à d'incroyables retournements d'alliance. Le dernier en date est le rapprochement entre le CIH et Dounia Hôtels. Au terme de longues semaines de tractations, le CIH qui est aussi premier créancier et actionnaire de Dounia Hôtels, est parvenu à un accord sur un schéma de sortie avec la chaîne de M. Abdelhadi Alami, décidément incontournable dans cette affaire. Dounia Hôtels assoit son nouveau plan de continuation sur la garantie entière du CIH sur la totalité de sa dette. La chaîne pourrait marquer un point décisif face à son concurrent principal, Risma (Accor). La décision du tribunal est attendue vers la fin du mois.Sans en révéler les détails, le président du CIH explique que ce schéma permet à sa banque de rentrer à terme le gros de sa créance, au complexe du Palais des Congrès, «cet outil fabuleux«, de continuer à jouer son rôle et préserver ce patrimoine et au propriétaire de ne pas se sentir spolier. C'est une solution classique de redéfinition de créances et modalités de remboursement basée sur les conditions actuelles du marché. Celle-ci n'était pas possible il y a deux ou trois ans, reconnaît M. Souhail. «Aujourd'hui, ça l'est parce que le Palais des Congrès dégage un RBE raisonnable«, ajoute-t-il. . La porte reste ouverte à tousEn principe, le complexe du Palais des Congrès et de l'hôtel Mansour Eddhabi pourrait dégager de quoi rembourser tous les créanciers, mais il faudrait que la dette soit revue de manière à ce qu'elle soit supportable par le débiteur, fait remarquer le président du CIH. Au lendemain du jugement du 20 avril dernier qui avait associé Risma (Accor) et Dounia Hôtels, le montant de gestion confié à Accor par la banque était de facto devenu sans objet. Le groupe français l'aurait semble-t-il, immédiatement notifié au CIH, ce qui n'aurait pas du tout été apprécié à la banque.Avant ce rebondissement, le CIH avait fait deux offres: la première, l'acquisition à 900 millions de DH et la deuxième, un plan de continuation axé sur la transformation d'une partie de sa créance en actions. La décision prise en avril 2000 est inacceptable pour le CIH, affirme M. Souhail, «dans la mesure où elle passait à la trappe 500 millions de DH sur sa créance«. Lorsque le problème de la propriété de ce complexe sera réglé, la porte restera ouverte à Accor ou à d'autres opérateurs, soit pour gérer, soit pour intégrer le tour de table, mais à condition que cela reflète la situation de marché actuelle, insiste le PDG du CIH. A. S.

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