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    «Nous voulons développer la banque multicanal au Maroc«Jean-Jacques Santini, administrateur-directeur général de la BMCI

    Par L'Economiste | Edition N°:926 Le 29/12/2000 | Partager

    . La banque à distance constitue un axe stratégique pour la banque. Ouverture de BNP-Paribas Trade Center à Casablanca l'année prochaine. La stratégie d'avenir de la BMCI consistera à maintenir son rôle de leader sur les grandes entreprises et développer le créneau des particuliers. L'Economiste: Vous venez d'obtenir une notation positive de la part de l'agence Fitch à travers sa filiale Maghreb Rating. Comment évaluez-vous cette notation et comment comptez-vous l'exploiter?- M. Jean-Jacques Santini: D'abord, je tiens à préciser que la notation que vient d'obtenir la BMCI est une notation sollicitée. C'est une démarche qui s'inscrit dans le cadre de notre politique générale, fondée sur la transparence et la volonté de s'aligner sur les standards internationaux. C'est ainsi que la BMCI a été certifiée ISO 9002 pour ses activités de crédit et de remises documentaires. Le rating constitue une nouvelle étape qui permet d'avoir une appréciation de la situation actuelle de la banque par un organisme indépendant, car il n'y a pas une meilleure évaluation pour une société que celle qui est faite par un «full rating«.Le rating de la BMCI a donc été réalisé sur la base de documents publics et discussions approfondies avec le management de la banque sur sa situation et ses perspectives.. Quels sont les points qui font la force de la banque et ceux qui l'affaiblissent encore?- Parmi les points forts de la banque se trouvent certainement sa position de leader sur les grandes entreprises, son avance dans les métiers financiers, sa bonne maîtrise des risques ainsi que son dynamisme et sa capacité d'innovation, dont elle a fait preuve depuis quelques années.Quelques faiblesses ont été relevées en contrepoint à ces forces. Parmi elles, on retrouve la rentabilité jugée inférieure à celle des autres grandes banques de la place. Mais, il faut préciser d'abord que la rentabilité de la BMCI est supérieure à la moyenne du secteur, toutes banques confondues. En effet, comparée au critère de la rentabilité sur actif, celle de notre établissement reste toujours supérieure par rapport à la moyenne du secteur, mais légèrement inférieure aux grandes banques et ce, pour plusieurs raisons. La première est que la BMCI n'a pas de résultats exceptionnels. Autrement dit, elle ne réalise pas de plus-values sur des cessions d'actifs industriels ou autres, contrairement aux autres grandes banques marocaines, surtout ces dernières années.Lorsque nous comparons seulement les résultats récurrents propres à l'activité de la banque, la BMCI se situe à un bon niveau par rapport à la moyenne des grandes banques. La deuxième raison, que je ne considère pas comme une faiblesse mais plutôt comme une force, est que la BMCI provisionne très bien ses risques. D'abord, elle a des risques qui sont plus faibles que la moyenne du marché. Ensuite, son taux de provisionnement est l'un des plus forts du secteur derrière la Banque Centrale Populaire.Si nous prenons en compte ces deux éléments, à savoir l'absence de résultat exceptionnel et le niveau de provisionnement, nous constatons que la rentabilité de la BMCI se situe dans la fourchette haute du secteur, aussi bien sur fonds propres que sur actif.Le deuxième point est la faiblesse relative de la capitalisation. Cela est vrai dans le sens où la capitalisation des grandes banques marocaines est très importante. Mais, quand nous procédons à une comparaison par rapport aux standards internationaux, la BMCI a une capitalisation satisfaisante avec un ratio de solvabilité supérieur à 11%, sachant que les normes internationales n'exigent qu'un taux de 8%.A cet égard, il y a lieu de noter qu'aussi bien le management de la banque que ses actionnaires ne souhaitent pas que la capitalisation soit très forte. Si elle dépasse un certain seuil, c'est la rentabilité sur fonds propres qui se détériore. Une très forte capitalisation n'a de sens que si les risques n'ont pas été suffisamment provisionnés.. Parmi les faiblesses de la banque, figure l'étroitesse de son réseau commercial aussi. Qu'en est-il au juste?- Pour bien accompagner le développement de ses activités, la BMCI s'est engagée, ces dernières années, dans l'extension et la rénovation de son réseau d'agences. En 2000, la BMCI a ouvert une dizaine d'agences et maintiendra le même rythme pour les trois prochaines années.Il est vrai que l'étroitesse du réseau est un écart stratégique par rapport à certains de nos grands concurrents. Seulement, la BMCI entend investir plusieurs créneaux et développer la banque multicanal au Maroc. La banque à distance et la banque commerciale classique constituent un axe stratégique pour la BMCI. Je tiens à rappeler que la BMCI a été la première banque au Maroc à avoir lancé un site Internet transactionnel. Celui-ci a été récemment enrichi par de nouvelles fonctionnalités innovantes et comporte notamment un espace dédié aux entreprises. La prochaine étape consistera en la réalisation de plates-formes téléphoniques.. Cette démarche volontaire dénote d'une nouvelle mentalité qui commence à s'installer au sein des entreprises marocaines. Pensez-vous que d'autres établissements suivront?- Effectivement, les banques devraient suivre à mon sens car il s'agit d'une démarche qui répond là aussi à des standards internationaux. Je pense que les banques devront répondre complètement à ces standards dans le futur avec les accords de libre-échange. L'ouverture de l'économie marocaine sur l'Union Européenne touchera également le domaine financier: le contrôle des changes s'atténuera et le marché des capitaux s'ouvrira davantage. La politique menée par les autorités va dans ce sens. Dans ce contexte, il faut répondre aux normes internationales.A cet égard, il est important de souligner que la BMCI a obtenu une nouvelle notation par Standards & Poors, qui a procédé à un rating PI (Public Information ou informations publiques). La note attribuée à la BMCI est BBpi. Elle est identique à celle de la BMCE et la BCM et plus élevée que celle de Wafabank et du Crédit du Maroc qui ont un Bpi.. Le recours à un rating signifie-t-il l'engagement dans une politique de refinancement à travers l'appel public à l'épargne ou en émettant sur le marché des TCN?- La BMCI est une banque cotée qui a émis au cours des derniers mois des certificats de dépôt et des obligations convertibles en actions. Cette opération est d'ailleurs une première au Maroc qui n'a pas encore été suivie sur le marché marocain. La banque envisage de continuer à émettre des instruments de ce type en fonction de ses besoins de financement. Il est clair que dans ce cadre, l'obtention d'un rating positif doit nous aider à réaliser ces émissions dans des conditions optimales.Je pense que le rating se développera au Maroc parce qu'il permet d'accroître la transparence, conformément aux souhaits des pouvoirs publics. De même, il permet aux investisseurs de disposer d'une appréciation objective de la qualité des placements qu'ils souhaitent réaliser.. L'assemblée générale de juillet 1999 avait fixé un programme préétabli des émissions.- Effectivement, nous avons la possibilité d'émettre dans le cadre d'une augmentation de capital qui a été décidée par l'assemblée générale. C'est un programme que nous n'avons pas utilisé pour l'instant pour diverses raisons. La première est que nous n'avions pas de besoins immédiats en raison de l'émission d'obligations convertibles. La seconde raison, qui est évidente, est que la situation du marché n'est pas très opportune. Il est clair que si la situation du marché s'améliore, nous recourrions au programme autorisé par le Conseil d'administration et l'assemblée générale pour couvrir les besoins que nécessite la phase de développement de la banque. L'enveloppe maximale prévue est de 350 millions de DH. Le programme est utilisable par tranche. Nous n'utiliserons certainement pas le montant maximal car il est très important, mais nous utiliserons des tranches au fur et à mesure.. Un Conseil d'administration s'est tenu la semaine dernière à Paris. Quels sont les principaux points débattus et quelle est la vision de la banque mère vis-à-vis de sa filiale au Maroc?- Le groupe BNP-Paribas a une vision positive de la BMCI, puisque l'activité et les résultats de la banque au 30 octobre sont satisfaisants et dénotent d'un progrès par rapport à la même période en 1999. C'était d'ailleurs un des premiers points abordés lors du Conseil d'administration. En second lieu, le Conseil s'est penché sur un certain nombre de points techniques dont l'ouverture de BNP-Paribas Trade Center à Casablanca l'année prochaine. Cette action se situe dans la continuité de la certification ISO 9002 des activités de crédit et de remises documentaires de la BMCI et pour but de renforcer davantage la place de la banque dans le domaine du commerce international. Ensuite, le Conseil a débattu de la banque financière. Les actionnaires ont exprimé leur satisfaction vis-à-vis des activités financières de la BMCI, notamment en matière de change et d'obligataire.En effet, la BMCI a réalisé une avance importante dans le domaine du change où elle dispose d'une part de marché qui se situe entre 15 et 20%. En bourse, la banque est l'un des premiers intervenants de la place. Mais, il est important de retenir que BMCI Bourse est aujourd'hui l'une des rares sociétés de bourse à dégager un résultat positif sur les dix mois de l'année. Par ailleurs, la banque d'affaires travaille sur plusieurs projets importants, comme le montage d'un fonds d'investissement avec d'autres partenaires dédié au financement des entreprises à fort potentiel de développement. . Grevé par des charges non récurrentes, le résultat net à fin juin était en recul de 7%. Comment s'annoncent les résultats annuels?- Sur l'année 2000, la BMCI améliorera un peu ses résultats par rapport à 1999. Les résultats examinés au 30 octobre sont positifs et dénotent un accroissement par rapport à la même période de l'année précédente. La BMCI est donc en progrès dans une conjoncture difficile. Cela a déjà été constaté lors des résultats semestriels. En dehors des résultats exceptionnels, les banques ont aujourd'hui du mal à améliorer leurs résultats.. Quelle stratégie d'avenir pour la BMCI dans un contexte marqué par l'accroissement de la concurrence et la détérioration des marges. Et quels seront dorénavant les métiers cibles de la banque?- Les métiers cibles restent d'abord les activités commerciales, avec le développement du créneau des particuliers. La BMCI continuera à être leader dans les métiers financiers par le lancement de produits innovants, en s'appuyant sur les synergies avec le groupe BNP-Paribas. La banque accompagnera la déréglementation du marché de change et les produits de taux. Nous sommes aujourd'hui techniquement prêts à sortir des produits de couverture plus élaborés que ceux qui existent dans le cadre réglementaire marocain.


    Les fruits de la restructuration

    Les résultats du développement des activités de la BMCI se font sentir avec de plus en plus d'intensité sur les comptes de la banque. Au terme du premier semestre, la BMCI a affiché des progressions en termes de dépôt et crédit avoisinant les 18%. Le produit net bancaire s'est inscrit en hausse de 8,8%. Le résultat net s'est en revanche établi à 84 millions de DH, en recul de 7,8%, compte tenu de la comptabilisation de charges non récurrentes pour un montant de 38 millions de DH. En bourse, le cours a subi à l'instar de l'ensemble des valeurs du marché une baisse. Selon M. Santini, l'évolution du cours de la BMCI n'est que le reflet de la situation du marché. Seulement, si elle descend au-dessous d'un certain seuil, la banque n'hésitera pas à intervenir. «En assemblée générale, les actionnaires ont voté une résolution qui permet à la banque d'intervenir sur le cours si celui-ci descend au-dessous d'un certain niveau«, explique M. Santini. o. Des actions de réingénierieLa BMCI a récemment créé une direction de reengineering et du développement de la banque. Objectif: optimiser les coûts de traitement et offrir un service de qualité au client tout en respectant les contraintes définies lors de la certification. Parallèlement, l'établissement travaille sur la centralisation de tous les traitements administratifs en matière de commerce international. Sur le plan informatique, la banque compte mettre en place un nouveau système informatique (Atlas II). Un système dénommé Stardoc spécifique aux activités documentaires sera également installé afin de centraliser les traitements administratifs. . BMCI décroche le statut d'IVTLa BMCI a obtenu il y a quelques mois le statut d'IVT (Intervenant en Valeurs du Trésor). En 1999, la BMCI s'est classée première sur les transactions du marché obligataire, toutes opérations confondues, y compris les repos (contrats avec engagement de rachat à terme). Ce statut d'IVT est, selon M. Santini, une reconnaissance du rôle de la BMCI dans le développement du marché obligataire. Propos recueillis par Yousra MAHFOUD

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