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    «La bourse n'aime pas les incertitudes et les cachotteries«Jacques Tordjman, président-directeur-général du groupe international GFI Informatique

    Par L'Economiste | Edition N°:910 Le 06/12/2000 | Partager

    . L'expérience d'une société qui a réussi son parcours boursier. La bourse est un outil «merveilleux« de financement et un levier de croissance pour l'entreprise. PS et Archos, les deux filiales marocaines du groupe, devraient à terme fusionner et devenir GFI Maroc avant d'entrer en bourse. L'Economiste: Vous êtes l'exemple type d'une société spécialisée en technologies de l'information qui a réussi son parcours en bourse. Quel est votre secret?- M. Jacques Tordjman, président-directeur général: Nous sommes entrés en bourse il y a deux ans, en mai 1998, au second marché. Un an après, nous sommes passés au règlement mensuel et nous avons intégré tous les indices… En deux ans, notre valorisation a été multipliée par huit. Et ce, malgré la tourmente qui sévit sur le marché des valeurs technologiques depuis quelques mois. La bourse nous aide à nous développer en nous fournissant les fonds nécessaires à cette croissance. Elle nous aide également à être plus connus, à avoir plus de notoriété. Les analystes nous suivent au pas. Grâce à la bourse, nous pouvons accorder des stock-options à nos collaborateurs et par là, les motiver pour le bien de l'entreprise. Mais il ne suffit pas d'être en bourse, il faut surtout que l'action monte. Et si la valeur de GFI en bourse a été multipliée par huit, c'est parce que nous avions un vrai projet d'entreprise. Nous avons annoncé aux investisseurs un plan de développement crédible et aux contours bien définis que nous avons respecté à la lettre. Il n'y a pas de miracles, il faut délivrer des résultats. . Que conseillez-vous aux entreprises marocaines qui hésitent encore à franchir ce pas?- La bourse est un outil merveilleux de financement et un levier de croissance pour l'entreprise. Sa formule est «dire ce qu'on fait et faire ce qu'on dit«. Il faut communiquer avec une très grande transparence. La bourse n'aime pas l'incertitude et les cachotteries. Nous sommes arrivés en bourse avec un plan étalé sur trois ans, nous avons atteint nos objectifs en deux ans, la bourse adore cela. Nous avions besoin de financements pour nos projets de développement. Nous avons procédé à une augmentation de capital et la bourse nous a donné les fonds en une journée. Une fois le premier plan réussi, le reste suit naturellement. L'essentiel est de gagner la confiance des investisseurs. Ils peuvent vous pardonner s'il y a un problème à un moment donné, à condition qu'ils soient informés à temps. Il faut être transparent, les tenir régulièrement au courant et savoir les rassurer quand il le faut. En interne, il faut être réaliste, fixer la barre haute et travailler pour l'atteindre.. Votre groupe a déjà deux filiales au Maroc, avez-vous de nouveaux projets?- Il y a un an, j'ai décidé de construire une plate-forme africaine à partir du Maroc. Pour cela, j'ai acheté et pris le contrôle de deux sociétés. L'une est PS (Professional Systems), spécialisée dans l'installation de progiciels. Elle installe nos produits français ou ceux de nos partenaires. Elle est très présente sur le marché marocain puisqu'elle compte quelque 70 clients avec des références tels que l'OCP, la RAM… J'ai également pris le contrôle d'une société de conseil qui s'appelle Archos. Ce sont des consultants et spécialistes en informatique décisionnelle. Cet ensemble représente aujourd'hui une quarantaine de personnes, et mon objectif est de les fusionner au sein d'une structure qui s'appellera GFI Maroc et s'appuiera sur les compétences du groupe. A court terme, l'effectif de cette structure devrait atteindre 100 personnes pour mieux répondre aux besoins des entreprises et administrations marocaines. Nous voulons faire progressivement du transfert de technologie vers le Maroc. Non seulement nous allons apporter nos compétences européennes, mais en même temps, nous allons former des ingénieurs marocains. Notre ambition est que, dans deux ans, GFI Maroc soit visible et crédible avec une centaine de personnes et, pourquoi pas, aller vers une introduction en bourse. . Les problèmes que vit la bourse marocaine actuellement ne vous inquiètent-ils pas?- Je n'ai aucune crainte. Je pense que le Maroc présente toutes les qualités pour avoir une place boursière dynamique, mais c'est la confiance qui manque. Les investisseurs étrangers ont besoin d'avoir des interlocuteurs confiants. Je pense que toutes les conditions sont là. Il y a la réglementation, le marché, des entreprises qui investissent. Ce qu'il faut, c'est leur communiquer la foi et l'ambition. Un bon manager doit savoir motiver ses hommes autour de son projet. Il faut que les équipes de direction soient solidaires et motivées. Et si elles arrivent à communiquer cela à l'extérieur, les investisseurs accoureront. Ils y mettent de l'argent, le cours monte et l'entreprise a les moyens de son développement.Propos recueillis par Hanaâ FOULANI


    Qui est GFI Informatique

    C'est un groupe international spécialisé en services informatiques, il compte actuellement 6.500 personnes. Avec un effectif de 4.000 employés en France, le groupe est situé à la quatrième place des grandes sociétés de service en informatique. Ses filiales internationales sont au nombre de 13, principalement en Europe. GFI Informatique est cotée en bourse depuis 1998. Son parcours est reconnu de grande qualité par les analystes français. GFI intervient sur toutes les activités de prestations informatiques, du conseil à l'édition de progiciels. C'est l'un des acteurs remarqués en matière d'ingénierie et d'intégration de systèmes. «Notre métier est de concevoir et développer des solutions informatiques pour nos clients, dans le monde de la banque, l'assurance, les télécoms«, souligne M. Tordjman. GFI est également éditeur de logiciels, notamment dans le domaine de la comptabilité et la gestion du temps, une de ses spécialités au Maroc. GFI intervient dans toute la palette des services informatiques. «Nous sommes ce qu'on appelle un interlocuteur unique pour nos clients. En Europe, nos références sont BNP-Paribas, Crédit Lyonnais, France Telecom, Telefonica, Bouygues Telecom, Telecom Italia. Nous sommes également très présents dans l'Administration. Depuis 1995, GFI a décidé de se lancer dans les nouvelles technologies. Aujourd'hui, grâce à ses investissements, GFI a pu maintenir une croissance annuelle régulière de 50% par an. «Nous avons fait le bon choix, aujourd'hui GFI est reconnue comme un acteur qui compte dans le domaine du e-business«, affirme M. Tordjman.. Formation pour 200 ingénieurs marocainsM. Jacques Tordjman a deux autres projets pour le Maroc. Le premier, déjà en cours de démarrage, consiste en la formation de 200 ingénieurs marocains aux technologies de l'information. «Nous avons déjà obtenu l'accord du Ministère de l'Information, qui nous aidera à financer le projet«, indique-t-il. Il s'agit de recruter des compétences marocaines sur la base de contrats européens, mais avec une possibilité de retour. Son deuxième plan est de sous-traiter au Maroc des projets européens, «puisque la main-d'oeuvre est de qualité et beaucoup moins chère«, rappelle-t-il. A terme, GFI Informatique ambitionne de toucher les autres pays de la région. H. F.

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