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    Analyse

    Algoculture: La production mondiale double en 20 ans

    Par Joséphine ADAM | Edition N°:5590 Le 11/09/2019 | Partager
    30 millions de tonnes de plantes aquatiques cultivées en 2016
    Le pouvoir de captation du dioxyde de carbone en ligne de mire
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    Agroalimentaire en tant que texturants, légumes pour l’alimentation humaine, chimie, cosmétique, traitement des eaux, engrais ou aliments pour bétails… l’utilisation des macroalgues est variée, et la demande en constante évolution. Dans le monde, 58% de la production sert de texturants. Pour la production de biocarburants, toute une chaîne technologique est à mettre en place. Les coûts de production restent trop élevés

    La cueillette d’algues sauvages ne suffit pas à répondre à une demande mondiale croissante. Les derniers chiffres 2014 de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) montrent que l’algoculture englobe plus de 95% des algues produites, dont la majorité se situe en Asie.

    La production mondiale de plantes aquatiques cultivées, très largement dominée par les algues, est passée de 13,5 millions de tonnes en 1995 à un peu plus de 30 millions de tonnes en 2016. Trois mots clés se distinguent pour cette filière: l’alimentation, l’énergie et la préservation de l’environnement. Si le continent asiatique domine le marché, d’autres régions du monde s’organisent pour saisir au vol les opportunités qui émergent.

    En ces temps de grands incendies et autres catastrophes environnementales, les algues ont tout pour plaire. Elles capturent du CO² dans l’atmosphère et relâchent de l’oxygène. Au passage, elles sont un maillon essentiel pour la biodiversité des écosystèmes marins. La base de la chaîne alimentaire en mer.

    Souvent considérées comme de véritables forêts sous-marines, elles ont l’avantage de se développer plus rapidement qu’une plante terrestre. Et sans arrosage ni pesticides! Autre intérêt soulevé, les algues se nourrissent des rejets organiques de l’aquaculture pour les transformer en ressources. Un bon moyen de réduire l’impact environnemental de l’élevage.

    D’ailleurs, certains opèrent un retour vers les techniques du passé comme le mélange de cultures: poissons et algues, ou algues et coquillages. L’une et l’autre se nourrissant mutuellement. Une vertueuse équation que tout particulièrement l’Allemagne et l’Espagne utilisent pour produire des alternatives, autres que le palmier et le soja, à la farine de poisson (coûteuse et menacée par les prévisions de la stagnation de la pêche minotière).

    Une étude commune entre la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) et l’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture (ANDA) relève l’option des microalgues comme substituts plausibles à l’huile de poisson, «car elles offrent un excellent rendement par rapport aux plantes terrestres et produisent 5 à 10 fois plus de litres d’huile par hectare que le colza ou le palmier, ce qui permettra de remplacer l’huile de poisson dont la demande est de plus en plus accrue», relèvent les experts. Alimentation, industrie pharmaceutique, alimentation des animaux de compagnie et d’élevage, industrie chimique... elle est en effet partout.

    Algues et microalgues s’imposent donc comme matières premières naturelles et locales. Face à des marchés de la pétrochimie sous tension, elles constituent une biomasse d’avenir. D’autant que la diversité des espèces de microalgues donne accès à une diversité chimique importante. La protection de l’environnement et la menace du réchauffement climatique obligent à innover.

    Des processus de production à la commercialisation, en passant par les produits ou la transformation, le besoin en recherche est vaste. C’est ainsi que le pouvoir de captation du dioxyde de carbone que possèdent les microalgues est à l’essai notamment dans le secteur du bâtiment. A petite échelle, comme à Paris, avec l’installation d’une cuve d’algues, équivalente en termes d’absorption de CO² à 50 arbres, ou plus largement, en envisageant des «forêts d’algues» pour contrecarrer, à l’avenir, les conséquences du déboisement.

    J.A.

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