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    Tribune

    Eurafrique bancaire-3: Si l’on essayait ça?!

    Par L'Economiste | Edition N°:5576 Le 22/08/2019 | Partager
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    Rappel:
    Les deux précédents articles, les vendredi 9 août et le 15 août, sont stupéfiants.  En effet, si on regardait de près le cadre juridique des relations eurafricaines déjà en place, on serait stupéfait de voir qu’une partie du travail est déjà faite, et pas seulement sur des questions de principes.

    Deux indices donnent à penser que l’UE et l’UA pourraient, si elles le voulaient, donner naissance, malgré les obstacles, à une Eurafrique bancaire. Comme nous l’avons déjà vu, les embryons existent déjà, mais ils ne sont pas valorisés. Voire pas appliqués du tout. Cette Eurafrique bancaire devrait répondre à de nombreux besoins, ambitions et aspirations.

    Voilà un beau chantier pour le Commissaire européen Moscovici. Il contribuerait à rapprocher les deux continents par l’instauration d’un dispositif législatif européen harmonisé contribuant à la nécessaire et fréquente bi-bancarisation des diasporas. Le financement de projets ne serait pas en reste et contribuerait à la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, en Europe.

    Le Maroc, bonne illustration

    L’Eurafrique renforcerait l’intégration financière de l’Afrique par l’harmonisation progressive des législations, améliorant ainsi l’allocation régionale des ressources et l’efficience bancaire, la diffusion de bonnes pratiques, y compris en matière de supervision.

    Le secteur bancaire est le réacteur de l’activité économique générale. Il agit en précurseur: le vaste espace bancaire et financier qui serait créé ne serait pas investi seulement par les banques. Les entreprises des autres secteurs suivraient, ce qui pourrait motiver les pouvoirs publics à envisager, après l’Eurafrique bancaire, une Eurafrique économique.

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    Une des très fréquentes rencontres d’affaires africaines, placée ou non sous l’égide de la BAD, de la Banque mondiale, d’institutions diplomatiques publiques ou privées (par exemple les rencontres des banques marocaines). Les grandes réunions se font plus nombreuses, englobant les hommes politiques. Inversement les réunions monétaires, quand elles existent, ne font l’objet d’aucun compte-rendu public (Ph. Privé)

    Le Maroc illustre parfaitement ce rôle: les banques marocaines ont investi l’Afrique, suivies en cela par les entreprises des secteurs des télécoms, de l’immobilier et de la construction, de l’assurance et de la distribution.

    On ne peut nier l’apport des banques étrangères au développement des banques africaines, principalement en matière de gouvernance, de qualité de service, de documentation contractuelle des opérations et de contrôle interne. Dans le secteur des marchés de capitaux et des financements structurés, les banques étrangères ont pu introduire des produits et des pratiques qui, d’usage depuis plusieurs décennies dans les autres continents, étaient nouveaux en Afrique et ont permis, par exemple, une meilleure couverture des entreprises africaines contre les risques classiques de change et de taux.
    Dans ces domaines, on peut dire que les banques africaines veulent – toute proportion gardée et selon les pays – rattraper leur retard.

    En revanche, les banques africaines pourraient bien inspirer les banques européennes en matière de banque digitale par l’expertise développée dans le mobile banking et les moyens de paiement électroniques (les cartes prépayées).

    Voilà, en conclusion, autant de raisons que d’ambitions invitant à rêver de l’Eurafrique. Et, comme il existe un «couple franco-allemand ciment de la construction européenne», on pourrait concevoir un couple franco-marocain, ciment de la construction eurafricaine. De nombreux pays présentent certaines des qualités pour servir l’ambition eurafricaine.

    Mais le Maroc les réunit toutes.

    Les qualités du Maroc eurafricain

    Le Royaume a pour lui,
    la proximité géographique avec l’Europe ;
    l’obtention du Statut Avancé dès  2008,
    la convergence des législations;
    une diplomatie efficace tant vers le Nord que vers le Sud ;
    une légitimité sur les plans géopolitique, économique et religieux ;
    un secteur bancaire et financier des plus évolués où cohabitent banque conventionnelle et banque participative;
    une politique industrielle volontariste ;
    un accueil favorable réservé aux investissements étrangers ;
    un tissu d’entreprises déjà dynamique sur le continent.
    On soulignera enfin une conscience profonde, rappelée par Sa Majesté, de la contribution de ces investissements à la formation.

                                                                                      

    Le CFA aux orties…

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    Les deux communautés utilisant le Franc CFA se révoltent aujourd’hui, sans avoir de solution de rechange. L’UEMOA en vert, avec la banque centrale, la BCEAO et la CEMAC en rouge avec la Banque de l’Afrique centrale, ont approuvé une chute de moitié du FCFA en janvier 1994. Le choc fut dur, mais c’est à partir de ce moment qu’a commencé le décollage industriel et commercial. (Dessin ANA)

    Le «Franc CFA», créé en 1945, qui n’a jamais fait l’unanimité. Il est l’objet de virulentes critiques.

    Chacun se rend à l’évidence: on ne peut vouloir une Afrique forte et souveraine si une partie de ses Etats ont recours à une monnaie issue du temps des colonies et battue à Chamalières.

    Nous pensons que la construction de l’Eurafrique bancaire devrait favoriser l’émancipation monétaire de ce que l’on appelait jadis l’«Afrique Occidentale Française» et l’«Afrique Equatoriale Française».

    Nous partageons l’avis de Dominique Strauss-Kahn qui regrette «qu’aucune relation organisée ne relie les pays CFA  à la Banque centrale européenne et aux pays de la Zone euro». Pourtant poursuit-il «la BCE (et non le Trésor français ou la Banque de France) fixe les taux plancher pour les taux directeurs africains de la Zone franc».

    Le DG du FMI à l’époque souligne que «contrairement à une idée reçue, c’est, aux termes des Traités, l’Union européenne qui est compétente en matière d’accords de change, non point ses Etats membres (aussi engagés soient-ils dans la coopération financière avec l’Afrique)» (voir l’article n° 2, mêmes auteurs, L’Economiste)

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