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    L'INRA: «L’importance de la recherche n’est plus à démontrer, c’est notre avenir»

    Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5576 Le 22/08/2019 | Partager
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    Dr Fazouzi Bekkaoui est à la tête de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) depuis le début de cette année. Il a inscrit, en tête de liste de ses priorités, la vulgarisation des travaux des chercheurs de cet Institut auprès du grand public, particulièrement les agriculteurs (Ph. FB)

    Le Dr Faouzi Bekkaoui, été nommé directeur de l’INRA en janvier dernier. Dès sa prise de fonction, il a tracé une feuille de route pour vulgariser la recherche autour des questions de l’agriculture et de l’agronomie de manière générale.  Dans sa stratégie également, se rapprocher davantage du monde agricole et renforcer les partenariats avec le privé.

    - L’Economiste: Le Maroc veut développer une agriculture compétitive, durable et résiliente. En a-t-il les moyens?
    - Dr Faouzi Bekkaoui:
    Oui, l’INRA en a les moyens. Il faut juste s’organiser au mieux et se focaliser sur certains domaines à caractère prioritaire. Je cite, à titre d’exemple, le travail mené par les chercheurs de l’Institut en matière d’agriculture durable. Ils ont développé des techniques très importantes, notamment au niveau du semis direct. Il faut savoir que le semis conventionnel provoque une sérieuse érosion des sols et entraîne d’importantes pertes d’eau. Les recherches menées par l’INRA ont montré que le recours au semis direct et sa généralisation peuvent aider les agriculteurs à réaliser des économies tout en assurant une durabilité des sols. Ce n’est, certes, qu’un exemple parmi tant d’autres, mais qui reste édifiant quant au travail, ou devrait-on dire travaux, menés par cette institution.
    Il y a aussi l’agriculture de précision. Il s’agit de l’utilisation d’outils modernes qui vont permettre d’apporter à la plante au sol ce qu’il lui faut comme eau et comme fertilisants. Par exemple, en arboriculture, des détecteurs peuvent être placés dans les arbres et détermineront les besoins en eau pour chaque arbre. Ne donner donc à l’arbre que la quantité d’eau dont il a besoin. Ainsi, nous réalisons d’importantes économies d’eau.
    Nous pouvons aussi analyser le sol. Certes, c’est une technique qui existe déjà, mais nous cherchons à développer d’autres types de détecteurs portatifs et rapides, qui fourniront les données nécessaires pour déterminer les quantités de phosphates ou d’azote à apporter aux sols pour éviter une utilisation excessive et néfaste des fertilisants.

    - L’INRA dispose-t-il des moyens nécessaires pour remplir sa mission de recherche?
    - Dans le domaine de la recherche, nous avons également besoin de moyens notamment en ressources humaines. Nous avons beaucoup de personnes, particulièrement de nombreux techniciens qui sont sur le départ à la retraite et que nous allons remplacer. Pour le moment, nous accueillons une centaine de doctorants au niveau de l’INRA en association avec d’autres universités et avec l’Institut agronomique et vétérinaire et dont l’apport à la recherche est très important. C’est un programme que je souhaite développer et renforcer leur nombre, car ils sont tous de futurs chercheurs. Avec la perspective de la possibilité d’un éventuel recrutement.

    - Disposez-vous d’un budget conséquent sachant que la recherche reste, malheureusement, le parent pauvre?
    - Au niveau opérationnel, nous disposons d’un budget qui nous permet d’avancer. Comme vous le savez, le Maroc consacre seulement 0,7% du PNB à la Recherche et Développement. Ce qui est très peu comparativement à d’autres pays comme le Canada et la France qui y consacrent plus de 2% ou encore Israël avec plus de 6%. L’importance de la recherche n’est plus à démontrer aujourd’hui, car c’est notre avenir. Et je voudrais vous faire part de mon optimisme pour la simple raison qu’auprès de nos partenaires institutionnels ou privés, professionnels et industriels, nous avons pu trouver une volonté d’injecter davantage de ressources pour pouvoir développer des programmes de recherche. Ces derniers nous aideront à poursuivre notre mission en faveur de la durabilité de notre agriculture et de l’amélioration de sa productivité.

    - L’INRA a-t-il noué des partenariats avec d’autres organismes publics ou privés?
    - Nous travaillons avec de nombreux partenaires, notamment l’ONCA, l’ICARDA pour développer le semoir destiné au semis direct conçu par l’INRA. Cette technique ayant fait ses preuves sur le terrain, il est désormais de notre devoir de veiller, avec le département de l’Agriculture, à sa généralisation car elle permet, non seulement de prévenir l’érosion des sols et d’avoir des économies d’eau, mais aussi d’assurer de meilleurs rendement et, par conséquent, une amélioration substantiels des revenus des agriculteurs.

    - Pour beaucoup, les travaux menés par l’INRA sont peu connus
    - Effectivement, de manière général, nous avons du mal à communiquer autour des résultats des travaux de recherche menés par l’Institut. Nous devons fournir plus d’efforts pour vulgariser ces résultats. A titre d’exemple, nous avons des variétés qui ont reçu toutes les licences et autorisations de commercialisation  nécessaires, mais qui ne sont pas vulgarisées auprès des agriculteurs. Ce qui fait que leur utilisation reste faible, voire inexistante pour certaines. Nous avons donc le devoir de travailler avec nos partenaires en vue de leur vulgarisation pour montrer leur utilité. Notre priorité est donc d’améliorer notre communication et la renforcer.

    - Travaillez-vous avec le privé ?
    -Avec le privé, nous essayons de développer notre collaboration, notamment en instaurant un partenariat avec l’OCP pour établir une carte de fertilité qui est un outil très important pour aider et les agriculteurs et l’industrie. Il faut savoir que cette carte de fertilité est un projet à long terme. Nous avons déjà achevé la première étape qui a consisté en une cartographie de 8 millions d’hectares, disponible sur le web. Chaque agriculteur peut y avoir recours pour savoir quels types de culture pratiquer sur telle ou telle partie.

    Propos recueillis par J. E. HERRADI

                                                                              

    La révolution du semis direct

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    Les chercheurs et agronomes y croient dur comme fer: la technique du semis direct est la solution pour surmonter les défis auxquels fait face l’agriculture marocaine, en particulier ceux liés aux sécheresses, changements climatiques et dégradation des ressources. Ce système consiste en l’installation des cultures sans aucune perturbation de sol préalable à l’opération de semis. Ainsi, cette installation est assurée par un semoir spécial en un seul passage.  De ce fait, la fertilisation de fond et l’emplacement des semences sont réalisés avec une perturbation minimale du sol. L’objectif ultime est d’assurer une production durable capable de subvenir aux besoins alimentaires d’une population en forte croissance et améliorer son niveau de vie. Sur le plan économique, le semis direct permet une réduction des coûts de semences, des engrais et de la main- d’œuvre. Et aussi un moindre recours à l’utilisation du matériel et des équipements agricoles. D’où une importante économie d’énergie et de temps.

     

     

     

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