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    Tribune

    L’OTAN a-t-elle des raisons d’exister encore?

    Par Gabriel BANON | Edition N°:5571 Le 07/08/2019 | Partager

    Gabriel BANON, ingénieur civil, économiste et expert en géopolitique, a développé une double carrière, en politique et en tant que patron d’entreprises industrielles. Conseiller économique de différents chefs d’Etat, il fut appelé dès le début du processus de paix au Moyen-Orient auprès du président Yasser Arafat (1994-2004). Chroniqueur  sur Atlantic Radio, conférencier, consultant international, il a été élu, «Géopoliticien de l’année 2003», par un panel de journalistes spécialisés à Genève. Gabriel Banon a publié 6 livres. Le 7e un manuel de géopolitique vient juste de sortir  (Ph. L’Economiste)

    L’OTAN, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, fête ses soixante-dix ans. Le traité a été signé le 4 avril 1949. Mais aujourd’hui les nations démocratiques doivent se poser la question: faut-il ou non garder cette Alliance?

    C’est fin 1950 que le Conseil de l’Atlantique nord (CAN) a décidé la création d’une organisation militaire intégrée permanente. Cet organisme  englobe l’alliance juridiquement conclue par les pays signataires du traité de l’Atlantique nord, et l’organisation civile et militaire mise en place pour en rendre opérants les objectifs. La France gaulliste avait décidé en 1966, tout en restant membre de l’Alliance, de quitter l’organisation militaire intégrée, dont elle est redevenue membre à part entière en 2009.

    Oui, l’OTAN est un pacte entre plusieurs nations, mais le commandement militaire est assuré par un officier américain de haut rang, relié directement au Pentagone. Ce dernier représente la majorité des forces mises à la disposition de l’Alliance et dont le budget est assuré, pour plus de 60% par les Etats-Unis.

      L’OTAN entretient avec l’Union Européenne une relation privilégiée, plus spécialement avec l’Identité Européenne de Sécurité et de Défense (IESD), qui permet à l’Union Européenne de bénéficier des moyens de l’OTAN pour certaines opérations entrant dans le cadre de sa propre politique de sécurité et de défense commune.

    En fait, cela ne peut s’engager qu’avec l’accord de Washington, mais cela est un non-dit.

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    Les membres de l’OTAN aujourd’hui. Depuis la chute du mur en 1989, les pays d’Europe centrale qui appartenaient à l’espace soviétique, sont devenus membres de l’OTAN. A la fondation de l’OTAN, l’idée était de «garder les Russes à l’extérieur, les Américains à l’intérieur et les Allemands sous tutelle» (Carte OTAN)

    Le nucléaire est au centre de l’histoire de l’OTAN. La dissuasion est fondée sur les armes nucléaires des Etats-Unis, le «parapluie nucléaire américain au bénéfice des Européens». Mais sa crédibilité fait l’objet de débats et de doutes, jusqu’à aujourd’hui. C’est pour cela que la France et aussi la Grande-Bretagne se dotèrent d’une force de dissuasion nucléaire nationale.

    Après la chute du mur de Berlin  en 1989, l’implosion de l’URSS et la dissolution du pacte de Varsovie, selon les critères habituels des relations internationales, l’OTAN aurait dû disparaître faute d’adversaire.  Mais elle va réussir à assurer sa pérennité grâce au lien qui unit ses membres: à savoir la crainte de devoir supporter un budget militaire conséquent pour assurer leur sécurité sans les Etats-Unis.

    La «question existentielle» de l’Alliance atlantique revient périodiquement. L’Occident étant considéré vainqueur de la guerre froide, pourquoi continuer?

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    L’OTAN demande un effort de 2% du PIB pour les dépenses militaires. Peu de pays y arrivent. La Grande Bretagne et la France tournent autour de ce 2%. Le comportement des autres membres attirent de virulentes critiques de Trump, menaçant «de ne plus assurer la défense des Européens». Pour comparaison le budget marocain de la défense pèse 3,8 milliards de dollars, moins du tiers de celui de la Turquie (Source: OTAN)

    Cependant aujourd’hui, l’OTAN est prête à contrôler les crises majeures sur tout le globe. La lettre et l’esprit du traité de l’Atlantique Nord risquent d’être, de plus en plus souvent, violés.

     Avec le traité initial, chaque membre conservait sa pleine souveraineté et devait approuver chaque déclenchement des opérations militaires menées en commun. C’est d’ailleurs, en raison de ce principe que la France, la Belgique et l’Allemagne ont pu s’opposer, au moins partiellement, au renforcement par l’Otan, dans la défense de la Turquie à l’approche du conflit irakien.

    Il est de plus en plus clair que les Américains n’ont pas du tout l’intention de se laisser ligoter par des considérations juridiques. A leurs yeux, elles sont surannées. Comme l’a dit Donald Rumsfeld, alors Secrétaire à la Défense de Georges W. Bush: «c’est la mission qui définit la coalition et non la coalition qui définit la mission».

    Dans ce contexte, les Nations libres, souveraines et démocratiques ne doivent-elles pas se poser la question: l’OTAN, pourquoi faire?

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    Une délégation de haut rang de militaires marocains, au siège de l’OTAN à Bruxelles, en juin 2019. Dans l’autre sens, les FAR reçoivent régulièrement leurs homologues de l’Alliance, dont le Maroc ne fait pas partie, même s’il y a un «accord de partenariat» (Ph. FAR-TTC)

    Survivre au Mur!

    A l’époque de la création, le but affiché, aux dires de son premier Secrétaire général, Lord Ismay  était «garder les Russes à l’extérieur, les Américains à l’intérieur et les Allemands sous tutelle».
    Les forces armées de l’OTAN et du Pacte de Varsovie se sont fait face en Europe pendant toute la durée de la guerre froide.
    Depuis l’implosion de l’URSS, en 1991, l’Alliance atlantique a perduré malgré la disparition de sa principale raison d’être initiale.
     Elle a poursuivi une politique d’élargissement en accueillant d’anciens pays du bloc de l’Est et d’anciennes républiques de l’Union soviétique.
     En élargissant ses champs d’action, l’OTAN a revu en profondeur son concept stratégique et son organisation civile et militaire.
    Elle a développé une politique systématique de partenariats en Europe et, dans le monde, devenant l’outil d’intervention préféré des Occidentaux et surtout le bras armé du Pentagone, imposant de fait Washington comme le gendarme suprême.

     

     

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