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    Médias

    Presse: Le détail de la charte de déontologie

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5571 Le 07/08/2019 | Partager
    Un premier document du genre élaboré par le Conseil national pour en finir avec les fake news
    Coup dur pour les «pseudo-journalistes» à la recherche du buzz
    Respect de la vie privée, protection des mineurs et de la dignité humaine…
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    En vertu de la nouvelle charte de déontologie, la pratique journalistique devra obéir à une série de règles, qui ambitionnent de remettre de l’ordre au sein de la profession. Cela permettra de «séparer le bon grain de l’ivraie», selon plusieurs professionnels (Ph. Jarfi)

    Comme nous l’avions annoncé sur nos colonnes, le Conseil national de la presse (CNP) a mis en place une charte de déontologie. Il s’agit du premier document du genre qui devra encadrer la pratique du métier. Il a été adopté par cette instance le 7 mars dernier, avant d’être publié au Bulletin officiel le lundi 5 août. L’élaboration de cette charte s’est étalée sur plusieurs mois.

    Le travail a démarré dès l’installation officielle des membres. Ce processus a été marqué par «l’adoption d’une approche participative, dans laquelle le CNP a impliqué des instances et personnalités académiques, médiatiques ainsi que des institutions des droits de l’homme», est-il précisé.

    Le Conseil a également pris en compte les différentes contributions des professionnels. Globalement, cette charte constitue «le résultat d’un cumul positif de plusieurs années». Ses dispositions sont inspirées des expériences internationales, mais également des nouveaux concepts introduits dans les conventions internationales, liées essentiellement aux évolutions ayant marqué le secteur des technologies de l’information.

    Les responsables du CNP ont prévu une démarche pédagogique pour la vulgarisation des nouvelles dispositions contenues dans ce corpus référentiel des bonnes pratiques journalistiques. Des campagnes de sensibilisation, des journées d’études ainsi que des réunions avec les journalistes et les éditeurs sont au programme. Objectif, renforcer le respect des règles de déontologie dans la pratique quotidienne des journalistes.

    Globalement, cette charte constitue l’un des principaux chantiers du nouveau mode opératoire axé sur l’auto-régulation des professionnels. Il met en place une série de principes à respecter, dont certains sont actuellement totalement bafoués, faute de dispositif contraignant.

    Le préambule de cette charte de déontologie insiste sur le fait qu’il s’agit d’un «outil juridique contraignant pour la consécration des règles du comportement professionnel». Tous ces fondamentaux (indépendance, liberté, transparence, honnêteté de l’information...) vers lesquels devra tendre la profession. Le but étant de restaurer le cœur du métier de journaliste et des médias en général.

    ■ Traque aux fake news
    La nouvelle charte de déontologie tombe à point nommé. La prolifération des fake news constitue un sujet qui taraude l'ensemble des professionnels des médias. Aujourd’hui, ce document rappelle des règles élémentaires de la pratique du journalisme, notamment l’interdiction de publication d'informations dont la véracité n’est pas prouvée ou qui ne sont pas appuyées par des preuves. La diffusion de fausses informations ou le truquage de photos ou de vidéos sont considérés comme une flagrante violation des dispositions de cette charte. Ce document impose également aux professionnels de distinguer clairement entre l’information et leurs propres commentaires.

    ■ Fini le plagiat?
    C’est une pratique presque banalisée depuis quelques années. Pourtant, il s’agit d’un acte de vol de la propriété intellectuelle d’autrui. La charte interdit clairement aux journalistes ou aux entreprises de presse d’utiliser un produit journalistique, propriété d’autres confrères, sans obtenir au préalable leur autorisation.

    ■ Coup dur pour la logique du buzz
    La multiplication de vidéos mettant l’accent sur la faiblesse et la vulnérabilité de certaines personnes fait ravage, particulièrement sur le web. Une pratique qui obéit à la logique du buzz, synonyme d’un nombre élevé de vues. Aujourd’hui, certains sites d’information sont appelés à revoir leurs pratiques pour être en phase avec les nouvelles règles de déontologie. La charte insiste sur la nécessité du respect de la dignité humaine. Les journalistes ne peuvent exploiter des moments de faiblesse ou des aspects liés à l’handicap mental ou physique des personnes. Ce document interdit également les pratiques de discrimination sur la base du sexe, de l’origine ethnique, de la religion ou autres… L’apologie de la violence, du crime ou du terrorisme est également clairement bannie.

    ■ Respect de la vie privée
    Depuis quelques semaines, des sujets considérés comme faisant partie de la vie privée des personnes se sont classées au top ten en termes de nombre de vues sur les réseaux sociaux. Il s’agit notamment d’échanges d’accusations concernant la véracité ou non des liens de parenté avec des célébrités du monde de l’art. En vertu de la nouvelle charte, ce type de pratique devra être, en principe, banni. L’une de ses dispositions phares interdit clairement la violation de la vie privée des personnes. La seule exception prévue concerne les cas où des aspects de la vie privée sont directement liés à une affaire d’intérêt public. Le traitement des affaires en examen devant la justice est également encadré par ce document, qui insiste sur l’obligation du respect de la présomption d’innocence.

    ■ En finir avec la vulgarité
    Le nouveau dispositif veut également en finir avec la vulgarité dans la pratique journalistique. Cela concerne particulièrement l’utilisation de certaines expressions ou la diffusion de photos ou vidéos incitant à la débauche. L’encouragement des pratiques de sorcellerie ou autres actes similaires est également formellement interdit par la nouvelle réglementation.

    ■ Mieux protéger les mineurs
    La charte de déontologie prévoit également de renforcer la protection des mineurs, notamment lorsqu’il s’agit de sujets sociaux à caractère sensible. La charte stipule clairement que les mineurs ne peuvent être exploités dans des vidéos dont l’objectif est de susciter le buzz.

    ■ Conflit d’intérêts
    A l’instar d’autres professions, le conflit d’intérêts est interdit dans la pratique du journalisme. Un principe sur lequel insiste la nouvelle charte, notamment en interdisant le cumul des fonctions de journaliste et de responsable des publicités. Les entreprises de presse sont également appelées à instaurer une séparation stricte entre les rédactions et leurs départements commerciaux.

    Droit à l’oubli

    C’est l’une des principales nouveautés de la charte de déontologie. Le droit à l’oubli est désormais consacré en vertu de ce document. Il s’agit d’un principe mis en pratique à l’international, qui «permet à un individu de demander le retrait du web de certaines informations qui pourraient lui nuire sur des actions qu’il a effectuées par le passé». Les dispositions de la nouvelle charte prévoient l’obligation du retrait des fausses informations pouvant porter atteinte à une personne ou à son droit à l’oubli. Parallèlement, les journaux et sites d’information sont également tenus de publier systématiquement des erratums ou des précisions concernant les articles contenant des données qui s’avèrent erronées. Le droit de réponse est également garanti en vertu de ce document.

    M.A.M.

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