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    International

    La Tunisie à l’heure du changement politique

    Par L'Economiste | Edition N°:5567 Le 01/08/2019 | Partager
    Le décès du président tunisien précipite le calendrier électoral
    La date du 15 septembre confirmée pour la présidentielle

    Le décès du président tunisien Béji Caïd Essebsi à quelques mois de la fin de son mandat précipite le calendrier électoral. Dès le lendemain de la trêve politique imposée par les funérailles du premier président élu démocratiquement au suffrage universel, les offensives politiques ont repris. L’Instance chargée des élections (Isie) a annoncé, lors d’une réunion avec des représentants des partis politiques, la date du 15 septembre pour la présidentielle.

    Les candidatures doivent être déposées entre le 2 et le 9 août. La campagne électorale commencera le 2 jusqu’au 13 août et les résultats préliminaires seront annoncés le 17 septembre, a indiqué Nabil Baffoun, président de cette instance.

    Si des partis politiques ont exprimé leur soutien à ce calendrier, d’autres comme le parti d’inspiration islamiste Ennahdha et Machrouu Tounes (Projet de la Tunisie), qui comprend des dissidents de Nidaa Tounes, parti du président Béji Caïd Essebsi, ont appelé à repousser la présidentielle. Le chef de Machrouu Tounes, Mohsen Marzouk, a appelé à organiser le scrutin présidentiel au même jour que les législatives (le 6 octobre), «pour permettre à tous les candidats d’avoir les mêmes chances», a-t-il indiqué à l’AFP.

    Les principaux prétendants pressentis

    Parmi les principaux prétendants pressentis, aucun n’était en haut de l’affiche en 2014, ce qui rend difficile toute comparaison. Le publicitaire et homme de télévision Nabil Karoui, qui a longtemps été un homme de l’ombre de Nidaa Tounes, est le favori des sondages.

    Après des mois de campagne via une association caritative (ce qui l’a soustrait à toutes les obligations déontologiques imposées aux partis), le gouvernement a tenté, en vain, de l’écarter. Ceci en interdisant a posteriori tous les candidats ayant distribué des «cadeaux aux électeurs». Mais le défunt président n’a pas promulgué ce nouveau code électoral, laissant à Karoui la voie ouverte. Quelques poids lourds du parti présidentiel l’ont rejoint au lendemain des funérailles.

    Le parti Ennahdha, marqué par l’échec de sa première expérience du pouvoir en solitaire lorsqu’il avait remporté fin 2011 le premier scrutin post-révolution, reste réticent à présenter son propre candidat. Toutes les alliances ou presque semblent envisageables, sauf avec Abir Moussi, une passionaria de l’ancien régime et appelant à exclure les islamistes.

    Mohamed Abbou, chef de file du Courant démocrate, ou «Tayyar», issu du parti de l’ancien président Moncef Marzouki, est en campagne depuis plusieurs mois. Marzouki, lui, n’a pas annoncé de candidature. Le Premier ministre Youssef Chahed, qui a fondé en avril un parti dissident de Nidaa Tounes, s’est vu reprocher des ambitions pour la présidentielle et rien n’a filtré sur ses intentions.

    D’autres sont arrivés dans le paysage politique très récemment, comme l’universitaire indépendant Kaïs Saïed, ou le ministre de la Défense, Abdelkarim Zbidi. Mais aucun n’a de machine électorale en place, à 50 jours du scrutin.

    Si les principaux pouvoirs sont aujourd’hui au Parlement, l’enjeu est de taille. Car avec l’inversion du calendrier électoral, l’élan de la présidentielle risque d’imprimer son résultat sur les législatives d’octobre, devenues quasiment un troisième tour, estiment certains députés.

    F. Z. T. avec agences

     

     

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