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    Dossier Spécial

    Tourisme: 2020, 20 millions d’arrivées?

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5565 Le 26/07/2019 | Partager
    Maroc: 1re destination en Afrique dans le top 30 mondial
    Vision 2020: Une dynamique certes, mais aussi des limites
    Comment relever le challenge de l’attractivité

    Le Maroc est la 1re destination touristique en Afrique. Mieux, il se fraye une place dans le top 30 mondial derrière des marchés matures tels que la France, l’Espagne, les Etats-Unis, la Grèce, la Turquie, l’Egypte... En 2018, la destination Maroc a enregistré 12,3 millions d’arrivées. Le touriste interne est devenu le premier client des établissements hôteliers classés.

    En 20 ans (2000-2020), la destination Maroc a opéré un saut qualitatif tant sur les indicateurs macro-économiques, les arrivées aux frontières, la fréquentation hôtelière (nuitées), le taux d’occupation, la durée de séjour, que sur les recettes de voyages, ou encore l’aérien et le développement des capacités du marché et des produits.

    Entre 2000 et 2018, le Maroc a réalisé une croissance annuelle de 6%. Ce qui représente 2 points de plus que la croissance mondiale du secteur. Certes, les fondamentaux sont bons, mais l’on est encore loin des objectifs tels que fixés par la tutelle et les professionnels. Pour rappel, la Vision 2020 table sur 20 millions d’arrivées. Il faut dire qu’il s’agit là d’une vision, une philosophie qui se fixe un cap. Il fallait fixer ce cap pour enclencher une nouvelle dynamique.

    En même temps, le Maroc aurait pu faire mieux. A l’origine de cette situation, la conjugaison de plusieurs facteurs. D’abord, des objectifs surdimensionnés au départ (Vision 2010) qui n’ont pas vu venir la crise financière internationale, la morosité économique, la pression sur le pouvoir d’achat... Au départ, la Vision avait enclenché une véritable dynamique.

    Mais finalement elle n’a pas atteint ses objectifs. Seules les capacités et les recettes ont évolué. Sur le reste, les nuitées/arrivées, la situation est loin du compte. «A partir de 2005-2006, il y a eu une inflexion et un certain nombre de dérives qui ont freiné l’élan. En 2010, c’est devenu grave avec les importantes chutes des fréquentations», explique Amyn Alami, expert en tourisme.

    Depuis, des erreurs stratégiques de mise en exécution de la stratégie se sont multipliées. A partir de 2010, cela va de mal en pis: «Aucune mesure importante n’a été prise», constate l’expert. Mais si le bilan de la Vision 2010 est grosso modo mitigé avec des résultats asses contrastés, celui de la Vision 2020 est qualifié de catastrophique.

    Face à ce constat, les experts sont unanimes: «Il fallait l’intervention de l’Etat- Arbitre pour réguler le marché. Et pour remédier aux problèmes de surcapacité, il fallait adopter un moratoire immédiat sur toute nouvelle capacité pour une durée de 24 mois, hors stations Azur». Il s’agit d’une mesure palliative d’urgence pour éviter que la situation ne s’aggrave davantage.

    Selon un rapport publié par un comité d’experts (Comex), «il fallait dès 2010 déclencher un moratoire et tirer la sonnette d’alarme sur les capacités»... Et d’ajouter: «il y a eu une sorte de crise de surcapacités». Sur les deux décennies, le Maroc a complètement changé son positionnement, passant d’une destination de «vacances et de longs séjours» par excellence à celle de «city break et courts séjours».

    La même période a connu un changement radical sur le mode de transport. Le touriste étranger de séjour (TES) et le MRE privilégient l’aérien qui enregistre une forte croissance au détriment du transport maritime et terrestre (voiture, autocar...). Depuis l’open sky, la voie aérienne est devenue le mode de transport par excellence des MRE.

    L’ouverture du ciel a permis un renforcement de la connectivité et de l’accessibilité du Maroc (63 pays et 12 aéroports), une augmentation des rotations voire un doublement du trafic passagers. Par ailleurs, l’offensive des compagnies low cost a poussé le pavillon national (RAM) à se replier totalement sur le hub de Casablanca. Les 20 dernières années se caractérisent aussi par une profonde redistribution des cartes avec des performances assez contrastées.

    Le tandem Marrakech-Agadir (plus de 65% des arrivées) fait office de locomotive. Dans l’hôtellerie, c’est Marrakech qui tire le plus son épingle du jeu en termes de captation de nuitées et des recettes. En revanche, des villes comme Ouarzazate, Tétouan, Meknès, Rabat... subissent des contreperformances tant dans les arrivées que les nuitées et les recettes.

    ONMT: Comment réinventer la communication...

    Sur les 20 dernières années, de profondes mutations se sont opérées dans le tourisme. La transformation digitale est passée par là et apporté plein de ruptures dans son sillage, des déperditions mais aussi une pléthore d’opportunités. Pendant ce temps-là, le Maroc a manqué de réactivité. Car il fallait adopter des changements de fond dans le mode opératoire et surtout la promotion 2.0. Pour pallier le retard pris sur le digital, l’ONMT a pris des résolutions pour surfer sur la vague via un plan d’actions exhaustif. Le challenge consiste désormais à marketter et commercialiser la marque Maroc en recourant à des moyens innovants afin de faire face à la concurrence. La digitalisation à 360 degrés et la présence de la marque à travers les marchés stratégiques s’impose désormais comme un chantier primordial étant donné que la décision des touristes-voyageurs se fait principalement sur les plateformes électroniques et surtout via smartphone. Le challenge consiste à assurer un référencement de la marque Maroc via les principales plateformes (sites) à travers lesquelles le voyageur prend sa décision. Un travail de longue haleine qui repose sur une fine connaissance de l’évolution des comportements des marchés cibles. L’objectif aujourd’hui est d’aller 100% sur le numérique. Ce qui passe par l’analyse constante des données (data), un préalable pour l’adoption d’une stratégie marketing pointue qui permette l’agilité, la flexibilité et la réactivité au moment opportun. Le défi de l’ONMT est d’adopter des campagnes de communication disruptives, de rupture et d’envergure internationale. En clair, réinventer la communication. Le social media et les médias classiques sont incontournables.

    Amin RBOUB

                                                                                    

    19 ans déjà! De la Vision 2010 à la Vision 2020...

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