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    Economie

    Alcools, tabacs, bières: Traçabilité installée

    Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5563 Le 24/07/2019 | Partager
    Les opérateurs saluent «l’écoute et la transparence» de la Douane
    Cher et dépassé, la salve de critiques contre le service de Sicpa
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    L’appel d’offres qui aboutira à la sélection du prochain prestataire chargé du marquage fiscal de produits soumis à la TIC entre dans sa phase décisive. Sont concernés par ce mécanisme de traçabilité: bières, vins, spiritueux, cigarettes, jus, limonades, produits localement ou importés.

      Dans une semaine- jeudi 1er août- la Douane procédera à l’ouverture des plis des postulants. Sur la ligne de départ, de nombreux compétiteurs attirés par le potentiel du marché marocain. Le contrat du prestataire actuel, le groupe suisse Sicpa arrive à terme à la fin de cette année (L’Economiste n°5546 du 01er juillet 2019 et le n°5548 du 04 juillet 2019).

    Ce qui sûr, c’est que la compétition s’annonce cette fois-ci ouverte.  Pour la première fois en en effet, le prestataire sera désigné à l’issue d’un appel d’offres. Ce qui n’était pas le cas en 2010, le marché ayant été attribué au groupe Sicpa après une consultation de gré à gré. Ce qui avait fait couler beaucoup d’encre et déchaîné une avalanche de fake news sur la présence de personnalités et des politiques dans l’actionnariat de cette société. Les pouvoirs publics ont donc tiré les enseignements de cet épisode.

    Cette mise en concurrence est saluée par les grands industriels et opérateurs concernés, de la Société marocaine des tabacs à la Société des boissons du Maroc (ex-Brasseries du Maroc) en passant par les importateurs/distributeurs des tabacs et des alcools.

    «Nous sommes reconnaissant au management de la Douane pour son sens de l’écoute et du dialogue; le prochain adjudicataire ne pourra être que plus compétitif et corriger certains aspects du dispositif actuel», confie Brahim Laroui, DG de la Société des boissons du Maroc.

    «Nous considérons que l’Administration des douanes a géré ce dossier avec un esprit de transparence et de concertation exemplaires. Elle a intégré toutes les préoccupations exprimées par les opérateurs dans le cadre de l’appel à concurrence, à travers une approche transparente et un travail technique remarquable», renchérit Ghassan Khaber, directeur Corporate & Legal Affairs de la Société marocaine des tabacs (l’ex-Régie des tabacs).

    De manière unanime, les opérateurs dont les marchandises sont soumises au mécanisme de traçabilité adhèrent à ce mécanisme car celui-ci s’est avéré une arme de défense face aux assauts de la contrebande, même s’il en faudra plus pour réduire sensiblement le poids des réseaux parallèles.

    «Oui, le marquage fiscal nous protège contre les produits de contrefaçon et de contrebande, et assure la sécurité du consommateur», déclare Abla Benslimane, directeur Corporate Affairs de Philip Morris Maroc. Le groupe fabrique spécialement pour le marché marocain des tiges spéciales de cigarettes pour lutter contre la concurrence des réseaux parallèles.

    Les «Marlboro» marocaines seraient donc uniques au monde.  A la direction de l’Administration des douanes qu’ils ont rencontrée avant le lancement de l’appel d’offres, les opérateurs soumis au marquage fiscal ont exposé les «limites» du dispositif «Sicpa». Trois griefs essentiels ressortent de leurs requêtes. La première est de nature financière.

    Le coût de la prestation serait excessif comparé aux tarifs des solutions similaires plus performantes déployées dans d’autres pays. Les tarifs pratiqués actuellement au Maroc (ceux de Sicpa) seraient supérieurs par rapport à ce que le groupe suisse applique sur d’autres marchés pour des volumes similaires (voir exemple du tabac dans le tableau).

    Le principe des tarifs variables selon les produits est également contesté. Cette discrimination tarifaire n’a aucun sens puisque la prestation est la même, peu importe le produit, relève le DG de la société des boissons du Maroc, sans doute le plus gros client du marquage fiscal. En gros, «les coûts payés à Sicpa ne sont pas justifiés par le service offert».

    Une deuxième salve de griefs est concentrée sur les limites technologiques de la solution du prestataire sortant. Aux yeux des industriels, la technologie Sicpa -le timbre papier pour les produits de tabacs, alcools forts, vins et jet d’encre pour les bières et les eaux- est obsolète (c’est l’expression employée dans leur mémorandum) au regard des évolutions technologiques et des recommandations de l’OMS concernant la traçabilité. Ils en veulent pour preuve, la contrefaçon «facile» de vignettes qui alimentent encore une partie du commerce des produits de contrebande. Les cigarettes et les alcools sont les plus ciblés par ces réseaux.

    Des coûts indirects qui pèsent lourd

    La complexité des solutions papier déployées dans les usines, la gestion sécurisée de la logistique Sicpa est non seulement chronophage, mais nécessite par ailleurs la mobilisation du personnel et des ressources supplémentaires. A cela s’ajoute la génération de nombreux incidents sur les lignes de fabrication, entraînant des arrêts de production et des pertes ainsi que des rejets. Les industriels affirment qu’ils sont dans «l’impossibilité de vérifier l’exactitude des vignettes fiscales lors des étapes du contrôle de conformité de la production».

    A.S.

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