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    Régions

    Casablanca/transport par bus: Faut-il revenir à la gestion directe?

    Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5559 Le 18/07/2019 | Partager
    Après 15 années catastrophiques de gestion déléguée
    La Fédération de la gauche démocratique se positionne à la veille du départ de M’dina Bus
    Gestion via régie, gratuité pour les PMR/seniors et implication des usagers… les propositions
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    15 ans de gestion désastreuse du transport public, M’dina Bus s’apprête à partir au terme de son contrat. Son (ou ses) remplaçant n’est toujours pas désigné et les 700 nouveaux bus pas encore commandés. Ce qui suscite des interrogations sur la continuité du service au-delà du 31 octobre prochain (Ph. L’Economiste)

    Revenir au mode de gestion directe via une régie. C’est la solution aux problèmes chroniques du transport en commun par bus à Casablanca, selon la Fédération de la gauche démocratique (FGD). A 3 mois de la fin du contrat de gestion déléguée actuelle, les militants de la fédération ont tenu à dresser le bilan des 15 années de gestion déléguée (diagnostic, chiffres-clés, défaillances…).

    «Nous tirons la sonnette d’alarme concernant la gestion déléguée de la distribution, la propreté et le transport», souligne l’un des intervenants. C’était lors d’une conférence de presse qui s’est tenue mardi 16 juillet. La FGD se positionne clairement en faveur du «retour immédiat à une régie pour la gestion du transport en commun par bus». Cette gestion peut prendre la forme d’une nouvelle régie autonome ou via une SDL publique qui va directement gérer ce service.

    Cette suggestion intervient toutefois tardivement. En effet, la ville de Casablanca est déjà bien engagée dans le processus de sélection du (ou des) prochains délégataires du service de transport par bus. A l’issue d’un appel d’offres, l’Etablissement de coopération intercommunale (ECI) est actuellement en plein processus de sélection parmi le trio des finalistes (RATP Dev, Alsa ou Chennaoui).

    Outre l’abandon du mode de gestion déléguée, la FGD appelle aussi à engager la réflexion pour une gratuité du transport urbain notamment pour les étudiants, les personnes à mobilité réduite et les populations âgées… Elle préconise enfin l’implication des usagers et des citoyens dans l’élaboration et la gestion de ce service public ainsi que dans le suivi de sa qualité par la constitution de comités locaux d’usagers à intégrer comme partie prenante à part entière dans le nouveau schéma de gestion du transport urbain. Par ailleurs, la FGD s’inquiète du sort réservé aux 4.000 employés de M’dina Bus au terme du contrat de gestion déléguée.

    Ce manque de visibilité à quelques semaines de la date fatidique suscite des interrogations sur la continuité du service. Le processus de sortie du contrat de gestion déléguée actuel a été piloté par le conseil de la ville avec un amateurisme manifeste». Aujourd’hui, le remplaçant de M’dina Bus n’est toujours pas connu et les bus ne sont pas commandés (plusieurs appels d’offres ont été annulés ou reportés).

    Enfin, un rapport d’audit de la situation, commandé par l’Intérieur et réalisé par KPMG, fait état d’un préjudice au profit de la société délégatrice de près de 4 milliards de DH. M’dina Bus a porté l’affaire devant la justice, et si le jugement se confirme, ce sera au contribuable casablancais de payer les 4 milliards de DH au délégataire partant. Sans compter les subventions versées tout au long de 15 ans de gestion déléguée. «La société délégatrice a bénéficié de plus 700 millions de DH de deniers publics sans pour autant que la qualité de service ne soit au rendez-vous», déplore Mustapha Chennaoui, parlementaire de Casa-Anfa.

    Reprenant les conclusions d’une Enquête ménages déplacements, dévoilées en janvier dernier (cf édition du 17 janvier 2019), les membres de la FGD affirment que 62% des déplacements casablancais se font encore à pied. En effet, sur près de 8 millions de déplacements/jour, à peine une infime proportion (13%) opte pour le bus. Et pour cause, l’état de dégradation avancé du parc fait craindre le pire aux usagers. Au fil des ans, les bus d’occasion se sont transformés en épaves, voire un danger public (accidents, incendies, agressions, vols, viols…).

    Aziza EL AFFAS

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