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    International

    Royaume-Uni: La scène politique dans la tourmente

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5555 Le 12/07/2019 | Partager
    La sortie sans accord de l’UE est très probable
    Les candidats à la succession de Theresa May s’affrontent
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    En 2016, personne n’osait imaginer un Brexit. Trois ans plus tard, c’est même à un «no deal» avec l’Union européenne que le Royaume-Uni se prépare. Cette perspective a peu à peu pris de l’ampleur dans le débat politique après les multiples échecs de la Première ministre sortante, Theresa May, face au Parlement britannique. Les candidats à sa succession considèrent à présent la sortie sans accord de l’UE comme une des options principales, susceptible de se réaliser dès le 31 octobre 2019.
    C’est dans ce cadre que Boris Johnson et Jeremy Hunt se sont affrontés cette semaine lors du premier et seul débat télévisé de leur campagne pour prendre la tête du parti conservateur britannique. Ils ont tenté de convaincre les 160.000 Tories, qui ont jusqu’au 22 juillet pour voter.

    Face à son opposant, Jeremy Hunt, actuel chef de la diplomatie britannique, met en avant ses qualités de négociateur et sa longue expérience en politique. Ce dernier soutient que son but principal est de faire sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne avec un accord à la clé. Il tentera d’arriver à une proposition alternative à toutes celles offertes par Theresa May auparavant et qui lui ont valu de nombreuses humiliations face au Parlement.
     Lucide, Hunt n’exclut cependant pas une sortie malgré un «no deal». S’il est élu, il promet d’annoncer le chemin qu’empruntera le Royaume-Uni dès la fin du mois, selon la BBC.  Tout en prévoyant aussi de proposer un budget «no deal» d’ici septembre afin d’amortir le choc des conséquences économiques qu’aurait cette issue. 

    Mais au-delà de son programme, Jeremy Hunt a surtout privilégié l’attaque durant ce débat. Les interpellations provocantes à l’égard de Johnson n’ont pas manqué.  L’actuel ministre des Affaires étrangères accuse son opposant de ne pas détailler aux Britanniques les conséquences qu’impliqueraient un «no deal», et en capitalisant uniquement sur le fait que le Royaume-Uni soit «un pays formidable». 
    C’est en effet ce qui ressort du discours de l’ancien maire de Londres. «Croire en la Grande-Bretagne» et «arrêter d’être défaitistes» équivalent pour lui à «honorer le Brexit coûte que coûte». Confiant, Boris Johnson promet une sortie le 31 octobre, «deal» ou pas. Il évite de s’attarder sur la situation délicate de la frontière irlandaise, garantit qu’il ne paiera pas la facture aux Européens  et prédit toujours des conséquences minimes en cas d’absence d’accord, fidèle à sa campagne de 2016.  Pour rappel, Johnson avait d’ailleurs fui la responsabilité de leader du Brexit suite à l’annonce des résultats du référendum. Un souvenir qu’il semble avoir réussi à faire oublier, lui qui est toujours donné favori de la course.
    Cependant, malgré sa possible victoire, il est nécessaire de noter qu’il est peu probable que le Brexit, même sans «deal», ne se fasse avec autant de facilité qu’il ne le promet. Comme le rappelle le journal français Le Monde daté du 10 juillet, le Parlement britannique est farouchement opposé à un «no deal». De nouvelles élections en automne seraient peut-être sur la table…


    La confusion la plus intense

    Les mois se succèdent et la politique britannique s’enlise dans la confusion. Sur fond de Brexit, la scène politique britannique a dû faire face cette semaine à une autre affaire. L’ambassadeur du Royaume-Uni aux Etats-Unis a démissionné suite à la fuite d’un rapport provoquant l’ire de Trump. Kim Darroch y jugeait l’administration américaine d’«inepte» et de «dysfonctionnelle». Cette démission a été accueillie très favorablement par Boris Johnson. Le député europhobe Nigel Farage cité par l’AFP, s’est lui aussi dit ravi à l’idée de «nommer à ce poste un non-partisan du maintien dans l’UE qui veut nouer un accord commercial avec l’Amérique». Car, en effet, dans un contexte de «no deal», le Royaume-Uni aura plus que jamais besoin de renforcer ses relations économiques avec les Etats-Unis. Mais face à la tournure qu’a prise l’affaire de l’ambassadeur, certains politiques britanniques craignent une dépendance vis-à-vis des Etats-Unis. William Hague, ancien ministre des Affaires étrangères, s’est révolté sur BBC: «On ne peut pas changer un ambassadeur à la demande d’un pays étranger…». Jusqu’où le Brexit finira-t-il par mener la scène politique britannique?
    Ali BENRAMDANE avec F. Z .T.

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