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    Réussir ses études supérieures: Les conseils des patrons d’école

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5552 Le 09/07/2019 | Partager

    De 2010 à aujourd’hui, l’effectif des étudiants de l’enseignement supérieur a plus que doublé, frôlant les 900.000. Cette année, le taux de réussite au bac est exceptionnel: 65,5% dès la session normale. L’offre de formation, pour sa part, ne cesse de s’enrichir avec de nouveaux opérateurs et modèles pédagogiques. Cela dit, la transition entre le secondaire et le supérieur peut s’avérer difficile.  Classes prépas, business-schools, facultés… à chaque environnement ses particularités. Les conseils des patrons d’école pour faire de ses études supérieures un véritable tremplin vers sa future carrière professionnelle.

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    Thami Ghorfi, président de l’ESCA ( Ph. A.Ko)

    Réfléchir sans frontières et apprendre à décoder le monde

     A la question «quels métiers me conseillez-vous?», Thami Ghorfi répond toujours: ceux que vous allez créer! A l’ère de la 4e révolution industrielle, certaines études avancent que 85% des métiers à l’horizon 2030 n’existent pas encore. En tant que patron d’une business-school foncièrement ouverte sur l’international, le président de l’ESCA raisonne «global». Il tente donc de sensibiliser les jeunes aux enjeux mondiaux. «Nous sommes dans une ère où l’on doit innover. Pour cela, il faudrait chercher des enseignements permettant de comprendre le monde, de le décoder et d’y apporter sa valeur ajoutée», relève Ghorfi. Certaines qualités sont indispensables, notamment la curiosité et le travail en groupe. Cela permet de développer des complémentarités et d’enrichir sa vision du monde. Et cela se passe par des activités en dehors des classes. «Vous devez également imaginer tout ce que vous entreprenez sans frontières, car en regardant ce qui se passe ailleurs, vous pouvez saisir des opportunités», estime Thami Ghorfi. Son conseil pour les jeunes: «Faire du 361°», en allant toujours au-delà de ce qui est demandé. 


    Pour les prépas, un physique et un mental d’acier! 

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    Khalid Benzakour, DG de l’ISGA
    (Ph. K.Be)
     

    On n’appelle pas les élèves des classes prépas scientifiques des taupins pour rien. En intégrant ce cycle préparatoire aux grandes écoles d’ingénieurs, pendant deux ans ils ne vivent que pour travailler. Le rythme est très soutenu, et pour y réussir, il faut être un guerrier. «Même avec une mention très bien, si l’étudiant a une santé fragile ou un mental faible, la prépa n’est pas pour lui», insiste Khalid Benzakour, DG de l’ISGA. La première année, les résultats peuvent être décevants. Mais ce n’est pas une raison pour perdre confiance en soi. «C’est le cas pour beaucoup d’étudiants. Il faut continuer à persévérer, à comprendre les méthodes de travail… Et puis, au final, le plus important ce sont les concours», explique Benzakour. Pour lui, l’endurance est capitale. Elle permet aux étudiants des prépas de développer un grand potentiel de travail, très prisé par les employeurs, au-delà de la technicité. Arrivés en école d’ingénieurs, le programme est moins chargé, et ils peuvent enfin souffler. Néanmoins, il faudrait en profiter pour renforcer ses compétences humaines. «Certaines écoles imposent un service militaire, d’autres des stages ouvriers. Les parents ne comprennent malheureusement pas tous leur intérêt. Or, ils sont très instructifs pour les futurs cadres», insiste Benzakour.  

     


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     Hassan Sayarh, DG de HEM
    ( Ph. HEM)
     

    Pour exceller, choisir une spécialité qu’on aime

    Les formations à la mode peuvent séduire les nouveaux bacheliers. Toutefois, elles ne sont pas forcément faites pour eux. «De nos jours, ce qui prime, c’est l’excellence et non la spécialité. Il faut être excellent là où on est. Et pour y arriver, il est important de choisir ce qu’on aime faire», estime Hassan Sayarh, DG de HEM. Au-delà des orientations de son entourage et des tendances du marché, il faut d’abord s’écouter soi-même, et opter pour ce qui est compatible avec sa personnalité. Le choix de l’établissement, de même que de la ville et de l’environnement global, est tout aussi important. «Pour se renseigner, rien de tel que d’échanger avec les étudiants qui vous ont précédé sur leur vécu, pour obtenir des réponses objectives», suggère Sayarh. Le DG de HEM insiste sur trois aspects à développer, une fois le choix de la spécialité affiné: la technicité, la polyvalence et la personnalité. 


    Développer une bonne méthodologie de travail

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    Mohamed Zaoudi, directeur de l’IGA
    (Ph. MZ)

    «Les deux années des classes prépas ou du tronc commun des écoles d’ingénieurs sont psychiquement importants pour les étudiants. C’est une étape stratégique, mais cela ne doit pas les perturber», conseille Mohamed Zaoudi, directeur de l’IGA. C’est durant ces deux années qu’ils consolident leurs prérequis scientifiques. L’enjeu est de taille et la méthodologie de travail est cruciale. «Ils doivent travailler au jour le jour, avec un planning précis, et ne jamais rien laisser à la dernière minute. Dès qu’ils constatent des lacunes, il faut qu’ils se rattrapent très rapidement», recommande Zaoudi. A L’IGA, par exemple, la démarche est obligatoire. A l’issu de l’examen du premier semestre un bilan est réalisé, et des cours de renforcement gratuits sont proposés. Le directeur de l’IGA souligne, en outre, l’importance du choix de l’école. Il est impératif de se renseigner sur le statut de l’école, ses programmes, infrastructures, visiter les lieux… 


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    Abdellatif Komat, doyen de la faculté de droit de Casablanca-Aïn Chock ( Ph. A.Ko)

    A la fac, mieux vaut ne pas venir en touriste!

    C’est vers les facultés à accès ouvert (droit, lettres et sciences) que se dirige la majorité des bacheliers. Presque la moitié des effectifs de ces établissements s’oriente vers les facs de droit, qui connaissent aujourd’hui une massification sans précédent. Celle de Aïn Chock à Casablanca comptera à la prochaine rentrée près de 30.000 étudiants, alors que sa capacité n’est que de la moitié de ce nombre, voire moins. La faculté tente de se mobiliser comme elle le peut, surtout à travers un centre d’orientation et de coaching, ouvert cette année, et un career center, mais ses efforts restent insuffisants face au surnombre d’étudiants. Comment tirer son épingle du jeu dans un système pléthorique et peu encadré? «Il n’y a pas de contrôle de présence, pas de contact direct avec les profs ou d’encadrement personnalisé, il y a de l’anonymat… l’étudiant peut donc se sentir perdu, prendre des libertés ou abandonner», regrette Abdellatif Komat, doyen. Les étudiants peuvent, toutefois, profiter de cette situation pour renforcer leur autonomie, développer leur capacité d’auto-apprentissage et «s’auto-encadrer». «Pour cela, rien de tel que le travail en groupe. Ils peuvent le faire spontanément ou dans le cadre d’associations ou de clubs thématiques. Nous disposons d’une quinzaine à la faculté. Cela leur permettra de développer leur esprit d’équipe, leur sens de l’initiative, leur communication interpersonnelle…», conseille Komat. Pour le doyen de la faculté, il ne faut rater aucune occasion de s’intégrer dans les activités de la faculté. 
    C’est avec le master, le diplôme le mieux coté sur le marché, que les étudiants peuvent se spécialiser. Le choix de filière y est assez large, contrairement à la licence, et l’encadrement très poussé, avec 1 prof  pour seulement 3 étudiants. Mais l’accès est très réduit. Jusqu’à 2.000 candidatures sont reçues pour seulement 30 places. «Les jeunes doivent comprendre dès le départ que l’excellence est leur seule voie pour le master et le doctorat», insiste le doyen. Il est donc important de prendre ses marques rapidement et de s’investir dès la première année. 

     

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