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    Politique

    Le Maroc en plein changement

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5548 Le 04/07/2019 | Partager
    Progrès, modernité, Constitution… des universitaires font le point
    Une initiative du Centre Lahcen Lyoussi pour les études et recherches politiques
    Le Royaume a tracé son chemin vers la démocratie et l’Etat de droit
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    Le CLLERP a organisé, vendredi dernier, une rencontre autour des 20 ans de règne du Roi Mohammed VI. Celle-ci a été animée par un panel composé (de gauche à droite) de Mustapha Sehimi, Mohamed Amine Benabdallah, Mohamed Elorabi, Mohamed Benhammou, Abelkhalek Touhami, et Mohamed Tozy (Ph YSA)

    POUR se démarquer, le Maroc a opté pour une politique étrangère visant à défendre les intérêts de l’Etat et se forger une politique d’influence. C’est la conviction de Mustapha Sehimi, politologue et professeur universitaire, qui participait à une conférence sous le thème «Deux décennies de règne de SM le roi 
    Mohammed VI: une monarchie de proximité, de progrès et de modernité».
    Initiée par le centre Lahcen Lyoussi pour les études et recherches politiques (CLLERP), cette rencontre a réuni d’éminentes personnalités. Y figurent Mohand Laenser, SG du Mouvement Populaire, Salaheddine Mezouar, président de la CGEM, Hamou Ohalli, Secrétaire d’Etat en charge du développement rural, ou encore Abdellatif Maâzouz, président de l’Alliance des économistes istiqlaliens (AEI). Devant un parterre de politiciens mais aussi d’hommes de lettres et d’art, les intervenants ont esquissé les changements qui ont permis «cette exception marocaine dans une région frappée par le printemps arabe». Dans cet environnement, «le Royaume a opté pour un redéploiement de sa politique étrangère, une diversification (de l’Afrique, aux Caraïbes, vers des zones recherchées), et surtout un engagement personnel de SM le Roi», souligne Sehimi. Grâce à cette politique, le retour du Maroc dans sa famille africaine a été vivement plébiscité par les pays frères et amis. Ces derniers ont remarqué la mobilisation et l’implication des secteurs public et privé en Afrique. «Notre pays est le premier investisseur dans l’Afrique de l’ouest. Il prône une coopération décentralisée dans une vision gagnant-gagnant, qui bénéficie aux populations à travers l’expertise de l’INDH, mais aussi un accompagnement assuré dans le cadre de la formation professionnelle», explique Sehimi. Même son de cloche auprès de Mohamed Elorabi qui a «félicité l’engagement indéfectible du Roi en faveur des causes arabes et islamiques». Pour cet ancien ministre égyptien des Affaires étrangères «l’engagement du Roi pour la démocratie à travers l’Instance équité et réconciliation, le nouveau statut de la femme, le renouvellement des élites politiques, et l’amélioration de l’infrastructure du pays…est palpable». Le tout est basé sur le socle de la démocratie. En ce sens, Mohamed Tozy, professeur à l’université Hassan II de Casablanca, insiste sur le «saut qualitatif formel au niveau de la Constitution de 2011». Et depuis, le Roi tient au respect des fondements de la Loi suprême du pays. «Ce qui a permis d’asseoir la monarchie marocaine dans la modernité politique», estime l’universitaire. Ce, malgré une forte tension entre les représentations corporatives et les représentations par cooptation.

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    Moha Lyoussi, président du CLLERP, a convié d’éminentes personnalités pour la conférence sur les 20 ans de règne de Mohammed VI. Ci-contre, il est en compagnie de Assia Bensalah Alaoui, ambassadeur itinérant de SM le Roi (Ph YSA)

    En outre, la deuxième conséquence dans notre quête de pédagogie démocratique réside dans la diversité, la pluralité et l’intermédiation. Grâce à cette vision, l’on a pu sauver les voix singulières et les minorités. De l’avis de Mohamed Amine Benabdallah, constitutionnaliste, «le Maroc a acté sa réforme constitutionnelle et l’édification d’un Etat moderne depuis 2011. Cette année est considérée comme un point de départ pour les changements constitutionnels et l’exception marocaine. A ce titre, la nouvelle Constitution se base sur la pluralité de l’identité marocaine, l’institutionnalisation de l’Amazighité, et la consolidation de l’Etat de droit. Elle a également érigé la justice au rang du pouvoir indépendant. «La pierre centrale de tout l’édifice est la séparation des pouvoirs à travers une réelle démocratie. Ainsi, tout est fait pour moderniser la monarchie qui passe d’une monarchie gouvernante à une monarchie qui se parlementarise», conclut Benabdallah. 

    Les inégalités persistent 

    Malgré les avancées notoires et à différents niveaux, les inégalités persistent. C’est ce qu’a souligné Abelkhalek Touhami, économiste. Pour lui, «le défi de la cohésion sociale et le développement humain n’est toujours pas gagné». Ce, malgré que l’indice de la pauvreté a été réduit des 3 quarts, passant de 16,3% en 2001 à 4,8% en 2014 (selon le HCP). «Le point de départ de la politique sociale est le rapport du cinquantenaire. Malheureusement, ce rapport n’a pas été exploité comme il faut alors qu’il contenait des recommandations concluantes», rappelle Touhami. Néanmoins, l’INDH a apaisé le déficit social au point d’exporter son expertise vers le reste du continent. Par la suite, le Maroc s’est engagé sur les objectifs du millénaire puis les Objectifs du développement durable (ODD). Toutefois, le pays est mal classé (123e) sur l’indice du développement humain (IDH). «On a réduit la pauvreté mais l’inégalité est restée la même pendant 40 ans», déplore Touhami. 

     

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