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    Société

    Etats généraux: Entrepreneurs, pensez «performance globale»

    Par Joséphine ADAM | Edition N°:5546 Le 01/07/2019 | Partager
    Climat, égalité, progrès social, les axes prioritaires
    Les «recettes d’hier» ne marchent plus
    Un plaidoyer sera présenté en septembre prochain à l’ONU
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    «Tout, tout de suite» nous dit l’artiste Reso sur les remparts d’Essaouira. La ville des alizés a abrité le nouveau rendez-vous des Etats Généraux, dédié à la révolution écologique et sociale

    Rédacteur au New Yorker, écrivain et conférencier, Malcolm Gladwell parle d’un chiffre clé: 10% d’une communauté engagée pour l’avènement d’une nouvelle norme sociale peut faire basculer le reste de la communauté vers ce nouveau type de comportement. C’est aussi la vision des Etats Généraux, organisés par le réseau international Thinkers & Doers, ce week-end à Essaouira. Ils étaient quelque 250 acteurs de 35 pays réunis pour dessiner les contours d’un nouveau contrat citoyen des entreprises. Car l’urgence se transforme en impératif, tant face aux dérèglements sociaux que climatiques. «Nous ne répondrons pas aux défis actuels avec les recettes d’hier», prévient le haut-commissaire français à l’Économie sociale et solidaire. L’heure est donc au rassemblement et à l’ambition, «tout en restant humble dans l’action et à l’écoute», ajoute-t-il. Puisque les entreprises sont à la fois les principaux enjeux et leviers, la performance globale est la nouvelle norme. «Doing good» a été le perpétuel mot d’ordre dans la ville des alizés, berceau idéal d’un tel événement tourné vers les vertus de la diversité et du respect au sens large. 
    Si les gouvernements sont appelés à définir le cap et à faciliter les conditions de cette mobilisation, ce sont les entrepreneurs et citoyens qui peuvent -doivent- donner l’élan. «Il nous faut des leaders éclairés, mais surtout la pression de la base, de la société, pour atteindre ce seul modèle qui pourra fonctionner dans l’avenir», ajoute Marc Fleurbaey, professeur en économie et sciences humaines à l’université américaine de Princeton. 
    Cette pression s’organise à Essaouira. Car «nous sommes en état de siège permanent», constate le conseiller de Sa Majesté, André Azoulay. Fractures sociales et territoriales, tragédies environnementales, rien ne s’essouffle, tout s’amplifie. Pas d’autre choix que de «corriger les erreurs d’autres hommes, d’autres temps», intervient Michaël V. Dandrieux, au doux métier de sociologue de l’imaginaire. «Une nouvelle figure doit apparaître qui pourrait garder la tête haute», ajoute-t-il. Les Etats Généraux se donnent pour mission de travailler sur un plaidoyer qui sera présenté en septembre prochain à l’ONU, définissant les actions clés qui permettent l’engagement des entreprises pour la transition écologique et solidaire. «Il faut réaligner nos business pour le bien de tous, loin de la valeur des actionnaires héritée du système anglosaxon», continue Marc Fleurbaey. «Le problème ne tient pas au manque de ressources mais aux inégalités des pouvoirs, au manque de reconnaissance et de dignité», ajoute le professeur. 
    Alors l’engagement ne doit plus être l’apanage de pionniers, et se contenter d’une pollinisation lente des entreprises engagées n’est pas concevable. Les Etats Généraux ont été l’occasion de mettre en avant ces premiers pas vers l’entrepreneuriat social. Kamal El Omari, à la tête du programme «économie circulaire» de l’OCP lancé en 2018, parle de cet objectif de «dissocier la croissance économique de l’augmentation des besoins en matières premières». 
    Entre autres démarches, le géant des phosphates travaille sur le traitement des eaux via «différents projets en cours qui vont, à terme, bénéficier aux communautés», sur une production durable et une consommation raisonnée, ou encore sur un procédé qui permet d’enrichir les couches de phosphate les plus pauvres.   
    Transformer une économie implique qu’un pays ou un groupe de pays soit menacé. Jean-Michel Valantin, senior analyst chez The Red, est optimiste. «Si chacun est impacté par les menaces sociales et climatiques, cela pourrait enclencher le changement que nous attendons». Un espoir paradoxal certes, mais un espoir quand même.

    Essaouira Innovation Lab, un cas concret

    Les modèles participatifs sont sur toutes les lèvres. L’Essaouira Innovation Lab réunit les différents acteurs territoriaux et une centaine de volontaires soucieux de contribuer aux différentes problématiques territoriales. Une intelligence collective locale connectée à un réseau national et international. L’objectif étant de faire émerger des plans d’actions concrets concernant 15 thématiques liées notamment à la gestion de l’environnement et au développement durable au niveau de la province, à la digitalisation, ou à l’entrepreneuriat. «Sur ce dernier volet, la création de la junior entreprise de l’Ecole supérieure de technologie permet d’ancrer l’esprit d’entrepreneuriat chez les étudiants pendant leur parcours académique», explique Zineb Belaabid, membre fondateur du lab. Formations, initiations, et pratiques sont échangées pour notamment constituer le réseau de futurs porteurs de projets et d’entrepreneurs Souiris. Une vraie démarche d’avenir.

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