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    International

    Mali: D’où viennent les conflits

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5544 Le 27/06/2019 | Partager
    Des intérêts à base ethnique
    L’ONU met en place un plan d’urgence
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    Depuis le début de l’année, le pays a connu plusieurs massacres.  La situation s’est envenimée en 2012 quand les djihadistes se sont installés dans le centre du pays

    La mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) a mis en place un nouveau service centre à Mopti. Cette région au centre du Mali est en proie à un regain des violences intercommunautaires entre Peuls et Dogons, depuis plusieurs mois. Selon le site officiel de la Minusma, «la création de ce service a pour but d’améliorer la coordination des efforts de la mission et des Forces de défense et de sécurité du Mali (FDSM), pour mieux protéger les civils et faciliter le retour de l’autorité de l’Etat dans la région».
    La semaine dernière la population malienne est sortie en grande masse dans les rues de Bamako afin de réclamer un retour à la paix. Cette mobilisation survient après une énième attaque meurtrière d’un village Dogon qui a fait plusieurs morts, selon l’ONU. La région sahélienne est minée par les conflits interethniques. «Nous sommes en réalité en présence de la résurgence de conflits datant de la fin du XVIIIe et de la première moitié du XIXe siècle», comme l’indique Bernard Lugan, historien et spécialiste de l’Afrique dans son ouvrage «Les Guerres du Sahel des origines à nos jours». 
    Le peuple Dogon habite le centre du Mali depuis des siècles. C’est une communauté d’agriculteurs dont le mode de vie traditionnel et le style architectural atypique ont fait de la région une attraction touristique. Les Peuls sont, quant à eux, des nomades présents un peu partout en Afrique de l’Ouest. Essentiellement éleveurs, ils sillonnent les contrées à la recherche de pâturage pour leurs bétails. Les tensions entre les deux peuples sont liées à la terre. Les Dogons accusent souvent les Peuls de laisser le bétail saccager leurs champs et cela résulte souvent à des confrontations meurtrières. 
    Du point de vue de Bernard Lugan, ces conflits ont également un caractère religieux. «Il y eut alors trois jihad peul. Le premier d’Ousmane dan Fodio débuta en 1804 et il dévasta le pays Haoussa, le second de Seku Ahmadou ravagea le Macina à partir de 1818. Quant au dernier, c’est celui d’El-Hadj Omar, il s’étendit à toute la région de la boucle du Niger ainsi qu’au Macina à partir de 1852», note-t-il.
    Aujourd’hui, les conflits ont pris une ampleur considérable avec la présence des djihadistes au Mali. Les Peuls en subissent les conséquences puisqu’ils sont accusés d’appartenir à des groupes terroristes et sont souvent attaqués par les autres communautés mais aussi par l’armée. Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a d’ailleurs lancé un appel à la mobilisation contre le terrorisme mais refuse de parler de guerre interethnique.

    Seynabou DIOUF

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