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    «Sans contrat-programme, nous continuerons à croître mais à un rythme beaucoup plus faible»

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5544 Le 27/06/2019 | Partager
    Une situation qui compromettrait le développement de la compagnie
    L’enjeu est d’assurer sa stabilité dans un contexte concurrentiel
    Une nouvelle stratégie digitale déployée
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    «Une étude a servi de base pour la préparation d’un projet de contrat-programme entre l’Etat et Royal Air Maroc. Elle s’est penchée justement sur l’examen des possibilités de développement du réseau et de la flotte», a souligné Abdelhamid Addou, PDG de la RAM (Ph. L'Economiste)

    - L’Economiste: Le contrat-programme Etat-RAM devrait être bientôt signé. C'est un grand soulagement pour la compagnie? 
    - Abdelhamid Addou:
    Effectivement. Le projet du contrat-programme est dans sa phase finale de rédaction. Celui-ci se base sur une étude approfondie du marché et des potentialités, ainsi qu’une analyse précise de l’environnement concurrentiel. Le nouveau plan de développement prendra en considération les stratégies sectorielles de notre pays, aussi bien la vision touristique que l’accompagnement industriel. Idem pour la mise à niveau des infrastructures et le désenclavement régional. Pour cela, nous avons tenu des ateliers de travail avec l’ensemble des parties prenantes de RAM et principaux acteurs de l’aérien, en particulier, le ministère du Tourisme et transport aérien, le ministère de l’Intérieur, le ministère des Finances, l’ONDA …. Ces échanges ont permis de recueillir les priorités et orientations stratégiques de chaque acteur.

    - Sans contrat-programme, comment comptez-vous faire pour renforcer votre flotte, limitée à 61 avions? 
    - Sans contrat-programme, la flotte devra continuer à croître mais à un rythme beaucoup plus faible. Sans contrat-programme, le problème de la taille limitée de la flotte restera posé et ne permettra pas à la compagnie d’exploiter le potentiel de développement. Tout l’enjeu serait d’assurer une stabilité de la compagnie dans un contexte difficile marqué par une exacerbation de la concurrence. Dans le même temps, nous constatons que d’autres compagnies de la région du pourtour méditerranéen et de l’Afrique, sont engagées dans des programmes de développement très ambitieux, assistées par les pouvoirs publics de leurs pays. Nous estimons que le développement de Royal Air Maroc à travers sa flotte, ses infrastructures, ses ressources humaines… est le seul choix possible si nous souhaitons maintenir notre position de leader en Afrique.

    - Le projet d’ouverture du capital de la RAM est-il à l'ordre du jour? 
    - Toute question relative à l’ouverture du capital de la compagnie est du ressort de l’Etat marocain qui en est l’actionnaire majoritaire.

    - Quelle est la situation financière de la compagnie? 
    - RAM a clôturé l’exercice 2017/2018 avec un chiffre d’affaires consolidé de 16,7 milliards de DH, en hausse de 6% par rapport à l’exercice précédent. Le résultat net du Groupe RAM s’est maintenu grâce notamment aux bonnes performances de certaines filiales.

    - Vous avez dévoilé les grandes lignes d'une étude sur le développement de la compagnie devant la Commission parlementaire.  
    - Il s’agit en fait de l’étude qui a servi de base pour la préparation d’un projet de contrat-programme entre l’Etat et Royal Air Maroc. Cette étude s’est penchée justement sur l’examen des possibilités de développement du réseau et de la flotte. Elle s’est arrêtée également sur le développement de la capacité de production des filiales, pour accompagner la croissance du trafic et de l’activité de RAM.

    Les avions à problèmes

    SUR la question de savoir si la RAM a renvoyé à la maison mère le Boeing 737-800 MAX et réclamé une indemnisation, le PDG a été clair. Selon lui, «les deux B737-MAX reçus par RAM avant la mise au sol de ce type d’avion sont stockés au niveau de nos hangars, selon les standards de l’aviation». Le PDG tient à signaler que RAM a été la première compagnie aérienne à immobiliser ses B737 Max après le crash du 737 Max de Ethiopian Airlines, et ce par précaution et en attendant les résultats des enquêtes. Par ailleurs, la livraison de deux autres avions du même type, qui devaient rejoindre la flotte RAM avant juin 2019, a été suspendue pour le moment. «L’impact financier généré par l’indisponibilité de ces ressources flotte a été chiffré et communiqué à Boeing. C’est un coût important pour RAM, nous avons dû affréter des avions afin de combler ces absences et de respecter la planification de nos vols, notamment vis-à-vis de nos clients», a indiqué le président de la compagnie. 

    - Où en êtes-vous dans le chantier de la digitalisation? 
    - Dans sa stratégie, Royal Air Maroc accorde une importance particulière à la transformation digitale. Grâce aux nouvelles technologies, RAM souhaite offrir à ses clients des parcours fluides et personnalisés. Dans ce cadre, plusieurs développements digitaux sont en cours allant jusqu’à offrir à nos clients, un nouveau produit ou service digital par mois.
    Le digital aujourd’hui concerne toute la chaîne de valeur de Royal Air Maroc. Maintenant, et pour pouvoir être efficace dans notre stratégie, la transformation digitale a démarré par le parcours client mais impactera également tous les autres domaines à savoir les opérations, la maintenance, le support… Plusieurs projets sont en cours et quelques-uns sont déjà déployés chez nos clients comme: Sky RAM, plateforme incontournable de divertissement à bord de nos vols cours et moyens courriers, ou aussi l’application Client Mystère qui offre la possibilité à nos clients de remonter la non conformité de nos produits et services en temps réel.
    Nous avons également l’application MYRAM Transit pour guider nos passagers en transit dans les différentes étapes de leurs parcours, ou encore Travel Companion qui accompagne le client dans toutes les étapes de son voyage.

     

    - Avez-vous réglé définitivement le problème avec les pilotes et quel en a été le coût? 
    - Royal Air Maroc a signé un accord avec les représentants des pilotes de ligne en mars 2019. Cet accord garantit une paix sociale pour les trois prochaines années en contrepartie d’une mise à niveau salariale de 5% effective à compter de mars 2019. Cet accord constitue ainsi une conclusion réussie des négociations menées entre la direction de RAM et les représentants des pilotes de ligne Royal Air Maroc. Il permettra à ce titre à RAM de mobiliser toutes ses ressources pour se concentrer sur son développement.


    Faire le choix de développer de nouvelles routes

    Selon Abdelhamid Addou , RAM Cargo est «le leader du transport du fret sur le marché marocain et se positionne comme acteur de référence pour relier l’Europe à l’Afrique, ainsi que les Amériques». Il y a environ un an a été acquis le premier avion gros-porteur cargo de Royal Air Maroc. Il s’agit d’un avion d’une capacité de 45 tonnes pouvant offrir de nouveaux produits aux clients notamment sur des pays d’Afrique subsaharienne. 
    «Nous avons fait le choix de développer de nouvelles routes reliant l’Europe à l’Afrique et de profiter des évolutions de certains marchés, souligne le PDG de RAM». «Nous avons par exemple démarré des opérations cargo sur l’Angleterre qui présente un fort potentiel compte tenu des récentes évolutions économiques et politiques du pays», poursuit-il. L’accent a également été mis sur le développement du hub de Casablanca et l’acquisition de clients de référence «qui considèrent à présent l’offre Royal Air Maroc au même niveau que des compagnies concurrentes». A présent, tient-il à préciser, «nous sommes un acteur de référence positionné sur certains marchés africains». De par la taille de la structure Cargo, «nous offrons de la flexibilité et un produit sur mesure pour les clients qui le demandent. Nous continuerons à nous adapter pour l’activité fret à l’évolution des marchés et nous profiterons de l’élargissement de la flotte de gros porteurs passagers pour renforcer et promouvoir davantage cette activité à fort impact sur l’économie des régions desservies». 

     

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