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    Analyse

    Comment le bio préserve-t-il l'environnement?

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5544 Le 27/06/2019 | Partager
    Il privilégie les alternatives aux engrais et pesticides de synthèse
    Compost, fumier, énergie verte, approche proactive… des méthodes essentielles
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    «Les nombreux changements que l'on peut observer au niveau de l'environnement ne peuvent s'effectuer que sur le long terme car ils s'opèrent lentement. L'agriculture biologique tient compte des incidences des méthodes de production sur l'agrosystème sur le moyen et long terme», indique la FAO. Cette agriculture, poursuit l'organisation mondiale, vise à produire des aliments tout en créant un équilibre écologique en vue de réduire les problèmes de fertilité des sols et de ravageurs. «L'agriculture biologique privilégie une approche proactive plutôt que le traitement des problèmes au fur et à mesure de leur apparition».

    - Sols. Les méthodes visant à entretenir la qualité des sols, comme la rotation des cultures, les cultures intercalaires, les cultures de couverture, les engrais biologiques et le labourage superficiel des terres, sont essentielles dans l'agriculture biologique, souligne la FAO. «Ces méthodes sont propices à la faune et à la flore des sols puisqu'elles en améliorent la composition et la structure et créent des systèmes plus stables». Le cycle nutritif et énergétique est à son tour stimulé et les sols retiennent mieux les éléments nutritifs et l'eau, compensant ainsi l'absence d'utilisation d'engrais minéraux. Ces techniques de gestion jouent également un rôle crucial dans le contrôle de l'érosion des sols. 

    - Eau. Dans de nombreuses zones agricoles, les engrais et les pesticides de synthèse polluent les nappes phréatiques, ce qui pose un grave problème. Ces substances, interdites dans l'agriculture biologique, sont remplacées par des engrais biologiques (compost, fumier, énergie verte) et par l'utilisation d'une biodiversité plus riche (en termes d'espèces cultivées et de végétaux permanents), ce qui améliore la structure des sols et favorise l'infiltration de l'eau. 

    - Air. L'agriculture biologique diminue l'utilisation des énergies non renouvelables en réduisant les besoins de produits agrochimiques (qui exigent de produire de grandes quantités de combustible d'origine fossile). Elle contribue à atténuer les effets de serre et à réduire le réchauffement de la planète grâce à sa capacité à éliminer le carbone des sols. 
    - Biodiversité. «Les agriculteurs biologiques sont à la fois gardiens et utilisateurs de la biodiversité à tous les niveaux», proclame la FAO. Au niveau génétique, l'agriculture biologique privilégie les semences traditionnelles et adaptées car elles résistent mieux aux maladies et sont moins sensibles aux chocs climatiques. Au niveau des espèces, la diversité des associations de végétaux et d'animaux optimise le cycle nutritif et énergétique pour la production agricole. Au niveau de l'écosystème, la préservation de zones naturelles à l'intérieur et en périphérie des champs organiques ainsi que l'absence de produits chimiques permettent de créer un habitat propice à la faune sauvage.


    Trois forces motrices

    Les explications et les définitions relatives à l'agriculture biologique sont multiples, mais elles montrent toutes qu'il s'agit d'un système privilégiant la gestion des écosystèmes plutôt que l'apport d'intrants agricoles extérieurs. «L'agriculture biologique est un système de gestion holistique de la production qui favorise la santé de l'agrosystème, y compris la biodiversité, les cycles biologiques et les activités biologiques des sols. Elle privilégie les pratiques de gestion plutôt que les méthodes de production d'origine extérieure, en tenant compte du fait que les systèmes locaux doivent s'adapter aux conditions régionales. Dans cette optique, des méthodes culturales, biologiques et mécaniques sont, dans la mesure du possible, utilisées de préférence aux produits de synthèse, pour remplir toutes les fonctions spécifiques du système» (Commission du Codex alimentaire FAO/OMS, 1999).
    Selon la FAO, l'agriculture biologique est portée par trois forces motrices: 

    - Les consommateurs et le marché. Les produits sont clairement identifiés par un label et le cachet d'un organisme de contrôle. Les consommateurs choisissent délibérément un mode de production, de transformation, de manutention et de commercialisation. Ils jouent donc un rôle essentiel sur l'agriculture biologique.
    - Les services. Dans certains pays comme ceux de l'Union européenne (UE), l'agriculture biologique peut être subventionnée pour que des biens et des services favorables à l'environnement soient créés (diminution de la pollution des nappes phréatiques ou aménagement de terrains présentant une plus grande diversité biologique, par exemple).

    - Les agriculteurs. Certains agriculteurs, convaincus du manque de viabilité de l'agriculture traditionnelle, ont adopté des modes de production différents pour améliorer la santé de leur famille, l'économie agricole et/ou parvenir à l'autonomie. Dans de nombreux pays en développement, l'agriculture biologique est un moyen de renforcer la sécurité alimentaire des ménages et de réduire les coûts des intrants. Étant donné que les produits ne sont pas garantis, ils ne sont pas nécessairement vendus sur les marchés ou à un prix différent. Dans les pays développés, les petits agriculteurs créent de plus en plus souvent des filières directes pour distribuer les produits biologiques aux consommateurs. Aux États-Unis, les agriculteurs qui vendent de petites quantités de produits biologiques ne sont pas obligés de se soumettre à des contrôles.


    Dans le monde.....

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    Les divers marchés européens et internationaux des aliments bio continuent leur essor. Les experts estiment actuellement le chiffre d’affaires global à plus de 95 milliards de dollars et l’Europe enregistre plus de 33 milliards d’euros (Institut londonien d’études de marché et de conseil Ecovia, anciennement Organic Monitor). Dans de nombreux pays européens, le marché connaît actuellement une croissance très dynamique: l’Allemagne dépasse le seuil des 10 milliards d’euros, le marché français a doublé en l’espace de cinq ans et le Danemark prend encore plus d’avance et atteint une part de marché de 13,3%, se classant ainsi à la première place en Europe dans le secteur. Le marché asiatique a lui aussi le vent en poupe. 

    - La surface mondiale cultivée suivant le mode biologique (certifiée et en conversion) a été estimée à près de 51  millions d’hectares en 2016. Elle représentait 1,1 % de l’ensemble du territoire agricole de 180 pays. 

    - Plus de 2,4 millions d’exploitations agricoles certifiées bio ont été enregistrées en 2015. Dans certains pays, les statistiques ne sont pas disponibles, ce nombre est donc sous-estimé. 

    - En quinze ans, les surfaces agricoles cultivées en bio et le nombre de fermes bio ont augmenté à des rythmes plus ou moins rapides suivant les zones. Les taux de croissance les plus forts ont été observés en Asie et en Afrique, zones où le développement a réellement démarré à partir des années 2000. La part relative de chaque continent dans l’agriculture bio mondiale a fortement évolué de 2000 à 2015. 

     

     

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