×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    International

    La Turquie face à ses défis

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5543 Le 26/06/2019 | Partager
    L’opposition réédite sa victoire à Istanbul
    La crise économique redessine le climat politique
    Des enjeux extérieurs
    indicateurs_turquie_5543.jpg
     

    Que va faire le président turc Recep Tayyip Erdogan après avoir perdu la capitale économique et culturelle du pays, que son camp contrôlait depuis 25 ans? Son parti islamo-conservateur AKP a essuyé un revers face au candidat de l’opposition Ekrem Imamoglu lors de l’acte deux du scrutin municipal à Istanbul. Si ce parti reste le plus populaire à l’échelle nationale, il a souffert toutefois ces derniers mois de la situation économique difficile. L’inflation est à 20%, la livre turque a perdu 30% de sa valeur l’an dernier et le chômage est élevé.
    Lors des premiers scrutins de mars 2019, la victoire de Ekrem Imamoglu  a été contestée. A cause des pressions du gouvernement, le Haut conseil électoral a pris la décision d’annuler le vote et d’en organiser un nouveau dimanche 23 juin dernier.  Ce qui a permis à Imamoglu de confirmer sa victoire en devançant le parti de la justice et du développement (AKP) de 800.000 voix au lieu des 13.000 voix d’écart de la première fois. Cette victoire de l’opposition met fin à 25 ans de contrôle du camp islamo-conservateur à la mairie d’Istanbul, plus grande ville et capitale économique du pays.
    «La séquence politique que traverse la Turquie condense les multiples contradictions qui assaillent le pays et qu’aucune force politique ne semble en situation de résoudre», indique Didier Billion, directeur adjoint de l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques)  dans son analyse «Où va la Turquie? Les enjeux de politique intérieure et extérieure». «Une fois les résultats du nouveau scrutin d’Istanbul connus, le 23 juin, s’ouvrira une longue période sans élection, théoriquement jusqu’en 2023, éventuellement propice à la mise en œuvre de processus de recomposition», note-t-il. 
    Les élections municipales ont permis de mettre à nu les problèmes que rencontre actuellement la Turquie, que ce soit sur le plan interne ou externe. Bien qu’étant toujours une force dominante, l’AKP s’affaiblit de plus en plus à cause de la récession économique et les disparités sociales. Ce scrutin représentait plus qu’une simple élection. C’était un moyen de tester la popularité d’Erdogan dans la grande ville qui produit la majeure partie de la richesse du pays et qui fait l’objet de toutes les convoitises. Pour lui, l’enjeu était de conserver cette ville restée sous son joug pendant 25 ans. Erdogan est de plus en plus critiqué et ces élections municipales ont montré que la population aspire à un changement de système. «…Le gouvernement actuel empêchant de plus en plus, par ses choix et ses méthodes, la Turquie de s’affirmer comme une puissance incontournable.», explique  Didier Billion. Les partis de l’opposition peinent à s’affirmer sur la scène politique par peur de représailles. Plusieurs de leurs membres sont actuellement emprisonnés. Le procès de plusieurs figures de la société civile s’est ouvert lundi 24 juin en Turquie. Ils sont accusés d’avoir tenté de renverser le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan lors d’un vaste mouvement de contestation en 2013.
    Pour l’opposition, qui depuis dix-sept ans enchaînait défaite sur défaite face à Recep Tayyip Erdogan, cette victoire signifie beaucoup plus que la prise d’une grande ville. Elle casse «le cercle vicieux du défaitisme, qui consistait à dire qu’en Turquie, quelle que soit l’élection, quelle que soit la campagne, à la fin c’est toujours Erdogan qui gagne…», mentionne la presse étrangère. 

    Politique étrangère

    Aujourd’hui, la Turquie est en proie à des inquiétudes croissantes liées à sa position géostratégique. La crise syrienne a un impact direct sur le pays, qui accueille un nombre impressionnant de réfugiés (4 millions) et qui reste sous la menace de la progression du parti de l’union démocratique, une franchise du parti des travailleurs du Kurdistan. Les rebelles djihadistes, qui ont perdu leurs territoires en Syrie, forment aussi une nouvelle forme de menace. 
    Ils sont désormais concentrés dans la région d’Idlib qui est la frontière entre la Turquie et la Syrie. «Si, comme évoqués, les enjeux de politique intérieure recèlent de nombreux défis, ceux qui relèvent de la politique extérieure ne sont pas moins complexes et placent la Turquie au centre d’un faisceau de choix difficiles», souligne le directeur adjoint de l’IRIS. Pour lui, «la position géopolitique du pays rend en effet délicate la mise en œuvre d’initiatives fluides tant les contraintes exercées par les États voisins sont prégnantes… ». 
    D’après son analyse, les relations internationales ne sont pas un jeu à somme nulle et diversifier les partenariats avec de multiples interlocuteurs ne signifie pas pour la Turquie sa rupture avec ses alliés traditionnels.

    Seynabou Diouf 

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc