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    Aux USA, des logements éco-énergétiques pour l’inclusion sociale

    Par L'Economiste | Edition N°:5543 Le 26/06/2019 | Partager
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    En suivant des normes strictes de logements passifs, Bayside Anchor, un complexe d’habitations multifamiliales abordables à Portland (Maine), réduit les coûts de chauffage en utilisant environ 80 % moins d’énergie qu’un bâtiment classique  (Ph. The Christian Science Monitor)

    En se frottant les mains et en exhalant de la vapeur dans l’air froid, des hommes et des femmes se précipitent dans un bâtiment vert et lumineux. Du fait de la température extérieure négative, le chaleureux hall d’entrée de Bayside Anchor, un immeuble de logements sociaux à Portland, dans le Maine, est un abri bienvenu.
    Ce hall d’entrée est aussi un exploit architectural, car Bayside Anchor ne dispose pas de système de chauffage centralisé. L’immeuble est un «habitat passif» certifié, doté d’une isolation hermétique et de fenêtres épaisses pour garder l’intérieur chaud et les coûts de chauffage bas.

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    Avec ses 36 foyers à bas loyer à Portland (Maine), Bayside Anchor se veut être un «point d’ancrage» pour le quartier, avec un espace de réunion communautaire, le East Bayside Community Policing Office, et une école maternelle Head Start au premier étage  (Ph. The Christian Science Monitor)

    Cette conception éco-énergétique a gagné en importance dans l’architecture américaine ces dernières années chez les propriétaires de logements les plus aisés. Mais certaines villes comme Portland sont en train de mettre à l’œuvre le concept dans la construction de maisons abordables pour bénéficier à ceux qui ont vraiment besoin de factures de chauffage moins chères.
    Les immeubles certifiés passifs sont un peu plus chers à construire, mais le chauffage et l’électricité coûtent moins de la moitié de ce qu’ils coûteraient normalement dans un bâtiment similaire à Portland.
    L’équipe derrière Bayside Anchor souligne que la conception d’un habitat passif est bien plus qu’une nouveauté architecturale, elle est aussi un outil nécessaire pour les résidents ou les propriétaires qui se soucient des économies à long terme. Alors que le besoin de logements pour les ménages à bas revenus augmente aux États-Unis, les partisans de ce concept estiment que les villes devraient aller au-delà de la construction de logements sociaux  au plus bas coût possible.
    «Dans le secteur du logement abordable, ce genre de réflexion est crucial pour l’avenir», affirme Greg Payne, directeur de la Maine Affordable Housing Coalition et agent de développement chez Avesta Housing, l’organisme sans but lucratif de logement abordable qui administre Bayside Anchor. «Nous devons promettre que[l’immeuble] restera accessible pendant 45 ans».
    Avant de s’installer à Bayside Anchor il y a deux ans, M.D. Islam, sa femme et ses deux jeunes enfants vivaient dans une maison sans chauffage. «Nous avons beaucoup souffert», assure Islam, qui travaille dans une usine de recyclage locale. «Maintenant, toute ma famille est heureuse. Nous sommes très à l’aise».
    Un système de ventilation de haute technologie échange l’air frais de l’extérieur avec celui de l’intérieur, préservant ainsi la température intérieure. Des murs épais (avec 25 centimètres d’isolation, dans le cas de Bayside Anchor) et des fenêtres à triple vitrage assurent l’étanchéité du bâtiment, laissant échapper peu de chaleur. Au lieu du chauffage central, chaque appartement dispose d’un petit chauffage électrique.
    La combinaison de tous ces éléments rend les fenêtres chaudes au toucher, même à des températures extérieures inférieures au point de congélation. «Parfois, nous éteignons le chauffage parce qu’on se sent si bien», précise Islam.
    De plus, le bâtiment se veut un «point d’ancrage» pour la communauté. Le premier étage possède un espace commun coloré, ainsi qu’un bureau de la Portland Housing Authority, une école maternelle et un poste de police communautaire. M.D. Islam apprécie également l’aide du personnel de Bayside Anchor, comme la gestionnaire immobilière d’Avesta, Lucy Cayard.
    Mme Cayard affirme que le concept de l’habitat passif l’a aidée à établir un lien plus profond avec les résidents, car une grande partie du bâtiment est autonome, ce qui permet au personnel de consacrer plus de temps et de ressources à autre chose. «Nous nous concentrons davantage sur les besoins des résidents et plus tellement sur les besoins de l’immeuble», explique-t-elle. «Comme nous n’avons pas besoin d’aller dans leurs appartements pour l’entretien, nous pouvons passer ce temps à les connaître».
    Le concept de chauffage et de climatisation passifs d’un bâtiment est probablement aussi vieux que l’architecture elle-même. L’architecte romain Vitruve a écrit à ce sujet au premier siècle avant J.-C.  Les principes du design de Bayside Anchor sont basés sur des techniques mises au point dans les années 1980 et 1990 par des scientifiques européens. 
    Les 45 logements de l’immeuble, dont 36 sont destinés à des familles gagnant entre 19.000 et 54.000 dollars par an, sont extrêmement nécessaires pour les habitants locaux comme M.D. Islam. Bayside Anchor est le premier logement abordable construit dans la ville depuis les années 1970, partiellement financé par la municipalité et l’État. Le développement du projet a commencé en 2013, après avoir remporté le prix de la compétition pour la réduction du coût du logement des banques Enterprise et Deutsche Bank, décrochant un investissement de 250.000 dollars. «Nous en voyons apparaître partout dans le pays», affirme Jesse Thompson, l’architecte de Portland responsable de Bayside Anchor. «Ce qui rend le Maine spécial, c’est que ce sont les habitants des logements à bas coût qui sont les plus progressistes et ceux qui avancent le plus vite».

    Nouvelles approches de construction à explorer

    Portland n’est pas la seule ville qui expérimente avec ce design. Philadelphie a longtemps été considérée comme une ville leader dans l’application des normes de logement passif pour les logements sociaux. Village Centre, un immeuble de 48 appartements au nord de Portland à Brewer, dans le Maine, est l’un des plus grands habitats passifs du pays, et un autre bâtiment actuellement en construction à Boston pourrait devenir le plus grand immeuble de bureaux passif dans le monde. Avec un besoin de 3,7 millions de logements locatifs abordables dans tout le pays, selon un rapport de la National Low-Income Housing Coalition des États-Unis, de nouvelles approches de construction méritent d‘être explorées. Près de 600 familles sont actuellement sur la liste d’attente pour l’un des 36 logements abordables de Bayside Anchor.

    Par Story Hinckley

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