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    En Egypte, des maisons abordables et écologiques

    Par L'Economiste | Edition N°:5543 Le 26/06/2019 | Partager
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    La clinique du village de Wadi Gharba dans le sud du Sinaï (Ph. Hand Over) 

    Quand Radwa Rostom était étudiante en génie civil à l’Université Ain Shams du Caire, en Egypte, elle participait à des activités caritatives pour les communautés défavorisées dans le quartier d’Ezbet Abu Qarn, dans la même ville. Une fois diplômée, elle y est revenue avec une petite équipe dans le but d’apporter plus que de la nourriture. Elle voulait améliorer la qualité de vie de ses habitants, dont la plupart vivent dans la pauvreté, à travers la construction et la réhabilitation de logements abordables.
    Après ses études, la jeune femme a cherché à acquérir les compétences techniques nécessaires pour mettre ses idées en pratique auprès d’entreprises d’ingénierie environnementale. Elle a ensuite travaillé pour une société de conseil en environnement, une société d’énergie solaire et une entreprise de construction belge qui opère dans des zones touchées par la désertification.
    En réalisant que, pour concrétiser ses idées, elle aurait besoin de créer sa propre entreprise, Radwa Rostom lance son premier projet de réhabilitation de logements en 2015. L’année suivante, elle fonde Hand Over, une entreprise sociale égyptienne qui intègre la construction au développement communautaire. En 2019, l’entreprise a été nommée pour le Prix Aga Khan d’architecture.
    «De nombreuses entreprises conçoivent et construisent des appartements luxueux, des aéroports et des immeubles utilisant les méthodes traditionnelles, auxquels seule une certaine catégorie de ménages peuvent accéder », note l’entrepreneuse. «Mon rêve a toujours été différent; je voulais construire des logements ‘humains’ pour les populations marginales avec des matériaux écologiques». Elle a adopté une vieille méthode mise au goût du jour par les experts en environnement, connue sous le nom de «construction en terre crue»,qui utilise des matériaux locaux et respectueux de l’environnement comme le gravier, la boue, le sable et une petite quantité de ciment. Hand Over emploie cette méthode pour construire des maisons et des bâtiments communautaires (écoles, hôpitaux) dans des styles architecturaux égyptiens anciens ou traditionnels, comme celui des maisons voûtées nubiennes en briques de terre. Cette technique est plus sûre et 25 % moins chère que les méthodes de construction modernes. Elle réduit également la chaleur et l’humidité à l’intérieur d’un bâtiment afin que les résidents consomment moins d’énergie, réduisant les émissions de CO2 jusqu’à 30% et favorisant un meilleur environnement pour la santé tout au long de l’année.

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    Chantier de la clinique de Wadi Gharba dans le sud du Sinaï (Ph. Hand Over)

    Le premier projet de Hand Over a eu lieu dans le quartier d’Ezbet Abu Qarn. L’entreprise identifiait les familles les plus défavorisées et les maisons qui avaient le plus besoin d’être reconstruites. «Beaucoup de gens ont refusé parce qu’ils avaient peur», explique Radwa Rostom, «Ils refusaient parce que les maisons avaient l’air simples et inhabituelles».
    Une famille a toutefois accepté de transformer leur maison. «C’était impossible de vivre dans cette maison; chaque hiver, les serpents et la pluie y rentraient. J’ai donc accepté le projet immédiatement», se souvient son propriétaire, Ahmed Abdul Raada.

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    Chantier de la clinique de Wadi Gharba dans le sud du Sinaï (Ph. Hand Over)

    «Ils ont mis un an à la reconstruire et m’ont placé avec mes trois enfants dans un appartement de location à proximité en attendant». Trois ans plus tard, la maison est toujours en bon état, assure-t-il. «Si vous touchez les murs, vous sentirez qu’ils sont froids alors qu’il fait 40°C dehors».

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    Chantier de la clinique de Wadi Gharba dans le sud du Sinaï (Ph. Hand Over)

    L’entreprise s’est ensuite lancée dans la construction d’une clinique multidisciplinaire dans le village reculé de Wadi Gharba, dans le sud du Sinaï, en collaboration avec une ONG appelée Catherine Exists. Un groupe de jeunes médecins se sont portés volontaires pour travailler et vivre dans le village aux côtés de constructeurs bénévoles qui collaborent régulièrement avec Hand Over. Radwa Rostom a elle aussi vécu dans la région pendant plus de quatre mois, jusqu’à la fin du projet. Hand Over collabore régulièrement avec des ONG et des volontaires locaux pour des projets de construction communautaire. Ce fut également le cas pour le troisième projet de l’entreprise: une école pour 300 élèves à

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    La maison d’Ahmed Abdul Raada’s (ici en construction) à Ezbet Abu Qarn a été construite selon une méthode de «construction en terre crue». Elle est  plus sûre et moins chère que les méthodes de construction modernes (Ph. Hand Over)

    Abu Ghadan, un village situé à 80 km du Caire, construit l’année dernière en partenariat avec l’association Man Ahyaha.

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    Une classe de l’école d’Al-Ayat à Gizeh construite par Hand Over (Ph. Hand Over)

    Dès le début, l’entreprise forme des étudiants en architecture et en génie civil pour travailler bénévolement avec les communautés locales sur la conception et la construction de nouveaux bâtiments en utilisant la méthode de construction en terre crue. Selon leurs estimations, ces projets ont bénéficié à ce jour à plus de  1.000 personnes, entre étudiants et foyers défavorisés.
    L’architecte Abdullah Mekkawi a rejoint les équipes de Hand Over après avoir participé à l’un des ateliers de formation de l’entreprise. Il supervise désormais les projets de construction. «Notre méthode de construction réduit les besoins de climatisation, de ventilation ou de chauffage en été et en hiver, minimisant ainsi la consommation d’électricité», explique l’architecte. «Par exemple, les murs de l’école auraient normalement fait 12 centimètres d’épaisseur, on les a fait de 40 centimètres».

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    L’école d’Al-Ayat à Gizeh construite par Hand Over utilise des matériaux écologiques (Ph. Hand Over)

    Aujourd’hui, Hand Over travaille sur son quatrième projet: la construction d’immeubles administratifs et de services dans le protectorat d’Abu Galumà Dahab, dans le sud du Sinaï. «Nous avons terminé la conception et allons démarrer la construction en collaboration avec le ministère de l’Environnement et le PNUD», précise Radwa Rostom. «Ils adhèrent au concept parce que nous construisons avec des matériaux écologiques dans une réserve naturelle. Ces bâtiments proposeront des services aux visiteurs et accueilleront des lieux de protection du récif corallien ainsi que des bureaux administratifs pour les travailleurs de la région».

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    Par Sara Sayf al Nasser

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