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    Dernier épisode Jésus, une grande figure biblique du Coran: Conclusion

    Par Rachid LAZRAK | Edition N°:5541 Le 24/06/2019 | Partager

    Dans l’épisode précédent

    Les chrétiens, toutes tendances confondues, représentent aujourd’hui un peu plus de deux milliards de personnes (2,419 milliards exactement selon une estimation faite dans le courant de l’année 2015), soit le tiers de la population mondiale, dont les catholiques pour 1,272 milliard, suivis des protestants pour 863,9 millions et les orthodoxes pour 283,1 millions. Ces chiffres sont, évidemment, approximatifs et ne permettent pas de connaître le degré de croyance réelle et celui de la véritable pratique religieuse. 

     

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    A titre de conclusions, il nous semble qu’il y a deux idées essentielles à retenir: 
    - La première est que, depuis Abraham jusqu’à Mohammed, nous nous trouvons devant une seule religion, celle qui est fondée sur l’unicité de Dieu et la soumission à Lui. C’est cette religion, confiée par Dieu à Abraham, que ce dernier a transmise à sa descendance, sachant que chaque fois qu’il y a eu des déviations, Dieu envoie un prophète, parfois avec un Livre, pour ramener ceux qui dévient sur le droit chemin. Tout ceci est expliqué dans le Coran. 
    - La seconde idée est la conséquence de la première et concerne tout particulièrement Jésus. Celui-ci est parmi les messagers de Dieu au peuple d’Israël pour les ramener au respect de la Loi de Moïse, qu’il a dit ne pas vouloir abolir mais réformer. Sauf que des évènements historiques ont fait qu’il a été élevé par Paul au rang d’un «être céleste», et que l’Évangéliste Jean est allé jusqu’à le diviniser. Le concile de Nicée a fait le reste. D’où la question du monothéisme qui, paradoxalement, unit et sépare les chrétiens, d’une part, les juifs et les musulmans, d’autre part. 

    La transmission de la religion d’Abraham 

    Le monothéisme musulman ne fait que prolonger le monothéisme juif qui n’est lui-même que le prolongement du monothéisme prôné par Abraham. Le nom d’Allah existait avant l’avènement de l’islam et le père du prophète Mohammed se nommait déjà Abdoullah «le Serviteur de Dieu». 
    En fait, Abraham est le père des religions monothéistes. Ces religions sont, d’ailleurs, qualifiées d’«abrahamiques». Dans le Coran, il est dit que Dieu a choisi Abraham, en ce monde et dans l’au-delà. Il lui a demandé de se soumettre, ce à quoi il a répondu: «Je me soumets au Seigneur des mondes!» (Coran, II, 131). 
    Ce verset fait référence à l’acte de l’islam : la soumission à Dieu, acte de confiance et d’obéissance qui constitue, d’après le Coran, «la religion d’Abraham». Abraham est considéré par le Coran comme le fondateur de la religion originelle. Dans un verset où Dieu s’adresse au prophète Mohammed, il lui dit: «Dis: «Mon Seigneur m’a dirigé sur une voie droite: c’est une religion immuable, la religion d’Abraham, un vrai croyant. Il n’était pas au nombre des polythéistes»». (Coran, VI, 161). 
    Ce verset précise bien que la religion d’Abraham est antérieure au judaïsme, au christianisme et à l’islam et qu’il «est véritablement musulman», pas au sens de la religion apportée par le prophète Mohammed, mais celui d’une religion fondée sur l’unicité de Dieu et la soumission à Lui. 
    En effet, sur le plan linguistique, le verbe «aslam » signifie « se soumettre » et le mot «islam» en arabe signifie «soumission» et, par la suite, ce mot va devenir l’appellation de la religion apportée par le prophète Mohammed. Aussi, pour le Coran, quiconque se soumet et adore le seul Dieu, sans partage, est un «mouslim» «musulman». Ce qui explique que le Coran cite ce terme de «mouslim» (au pluriel «mouslimoun») dans de nombreux versets qui se rapportent à des faits ou des situations antérieurs à l’avènement de la religion musulmane. Denise Masson, dans l’introduction de son livre, consacré à la traduction du Coran, rapporte que celui-ci affirme que les prophètes cités par le livre sacré se sont conduits en «parfaits musulmans», en ce sens qu’ils ont prêché le Dieu unique à des peuples polythéistes. 
    Ainsi, le Coran rapporte cette prière de Joseph, arrière petit-fils d’Abraham: «Ô mon Seigneur! Tu m’as conféré un certain pouvoir et Tu m’as enseigné l’interprétation des récits. Créateur des Cieux et de la Terre, Tu es mon Maître, en ce monde et dans l’autre. Fais-moi mourir soumis à Toi «mouslim» et accorde-moi de rejoindre les justes. » (Coran, XII, 101). 
    De la même façon, la reine de Saba, après avoir adoré le Soleil, se convertit à la religion de Salomon en déclarant : « Mon Seigneur ! je me suis fait du tort à moi-même ; avec Salomon, Je me soumets à Dieu, Seigneur des mondes!» (Coran, XXVII, 44). 
    Moïse s’adressant aux juifs, terrassés par la peur de Pharaon, leur dit : «Moïse dit: «Ô mon peuple! Si vous croyez en Dieu, confiez-vous à lui, si vous lui êtes soumis ‘mouslimoun’.» » (Coran, X, 84). 
    Même Pharaon, quand il s’est senti perdu avec ses armées, après que Dieu a fait traverser la mer au peuple hébreu, a déclaré adhérer à la religion de Moïse. C’est ce que le Coran rapporte: «Nous avons fait traverser la mer aux fils d’Israël. Pharaon et ses armées les poursuivirent avec acharnement et hostilité, jusqu’à ce que Pharaon, sur le point d’être englouti, dise: «Oui, je crois: il n’y a de Dieu que celui en qui les fils d’Israël croient; je suis au nombre de ceux qui lui sont soumis ‘mouslimoun’» (Coran, X, 90). 
    Concernant la transmission de la religion qui lui a été révélée par Dieu et qui est fondée sur cette soumission à Lui, le Coran rapporte cette prière d’Abraham : 
    «Notre Seigneur! Fais de nous Tes soumis «mouslimoun», et de notre descendance une communauté soumise à Toi. Et montre-nous nos rites et accepte de nous le repentir. Car c’est Toi certes l’Accueillant au repentir, le Miséricordieux». (Coran, II, 128). 
    Le Coran décrit comment Dieu a transmis à Abraham cette religion fondée sur l’unicité de Dieu et la soumission à Lui. Il rapporte comment Abraham l’a transmise à ses deux enfants, Ismaël et Isaac, et comment Jacob l’a transmise à ses enfants: «Abraham a ordonné à ses enfants, et Jacob fit de même: «Ô mes enfants! Dieu a choisi pour vous la religion ; ne mourez que soumis à Lui ‘mouslimoun’»». (Coran, II, 132). 
    «Étiez-vous présents, lorsque la mort se présenta à Jacob et qu’il dit à ses enfants: «Qu’allez-vous adorer après moi?». Ils dirent: «Nous adorerons ton Dieu, le Dieu de tes pères: Abraham, Ismaël et Isaac, Dieu Unique! et nous nous soumettons à Lui (Nous sommes à Lui, ‘mouslimoun’)»». (Coran, II, 133). 
    Suivant la même logique, le Coran répond à ceux qui disent qu’Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et leurs enfants étaient juifs et chrétiens en leur disant que le plus important est que, aussi bien les juifs, les chrétiens que les musulmans adorent le même Dieu. Le Coran tranche la question de façon claire : certes, il y a les juifs et les chrétiens, mais tous se rattachent à la religion d’Abraham, celle qui prône l’unicité de Dieu et qui a été transmise à Ismaël, Isaac, Jacob, les tribus (les enfants de Jacob, dont sont issues les tribus d’Israël, appelées «Al Asbat» dans le Coran), Moïse et Jésus. C’est ce que précise le Coran dans les versets 135 et suivants de la sourate II: «Ils ont dit: «Soyez juifs ou soyez chrétiens, vous serez bien dirigés. «Dis: «Mais non! Suivez la religion d’Abraham, un vrai croyant qui n’était pas au nombre des polythéistes»». (135). 
    «Dites: «Nous croyons en Dieu, à ce qui nous a été révélé, à ce qui a été révélé à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob et aux tribus ; à ce qui a été donné à Moïse et à Jésus ; à ce qui a été donné aux prophètes, de la part de leur Seigneur. Nous n’avons de préférence pour aucun d’entre eux ; nous sommes soumis à Dieu ‘mouslimoun’»». (136). 
    «S’ils croient à ce que vous croyez, ils sont bien dirigés; mais s’ils se détournent, ils se trouvent alors dans un schisme. Dieu te suffit vis-à-vis d’eux; Il est Celui qui entend et qui sait». (137). 
    «L’onction de Dieu (Sa religion)! Qui peut, mieux que Dieu, donner cette onction (religion). Nous sommes ses serviteurs». (138). 
    «Dis: «Discuterez-vous avec nous au sujet de Dieu ? Il est notre Seigneur et votre Seigneur. Nos actions nous appartiennent et vos actions vous appartiennent. Nous Lui rendons un culte pur»». (139). «Diront-ils: «Abraham, Ismaël, Isaac et Jacob et les tribus, étaient-ils vraiment juifs ou chrétiens?» Dis: «Est-ce vous, ou bien Dieu, qui êtes les plus savants?» Qui est plus injuste que celui qui cache un témoignage qu’il a reçu de Dieu. Dieu n’est pas inattentif à ce que vous faites»». (140). 
    Ainsi, on se trouve devant la situation où Dieu a confié Sa religion à Abraham qui l’a transmise à ses enfants Ismaël et à Isaac. Ce dernier l’a transmise à son fils Jacob (Israël) qui l’a confiée à ses enfants, à l’origine des douze tribus d’Israël, d’où est issu Moïse. Viennent alors les rois prophètes, dont David et Salomon. Jésus est venu pour réformer la Loi de Moïse et conformément au voeu exprimé par Abraham, Dieu a envoyé le prophète Mohammed, de la lignée d’Ismaël. 
    Ainsi, en réalité, Jésus, pas plus que Mohammed, n’est pas venu changer la doctrine fondamentale de la croyance en un Dieu unique, apportée par les anciens prophètes, mais pour la confirmer et la renouveler. C’est ce que rapporte le Coran quand il reprend ce que disait Jésus, dans ses prêches: «Certes, Dieu est mon Seigneur et le vôtre. Adorez- Le donc. Voilà le droit chemin». (Coran, XV, 36). 
    Dieu, dans le dernier verset du Coran, affirme que c’est par le Coran qu’Il a parachevé la religion pour tous les hommes: «Aujourd’hui, j’ai rendu votre religion parfaite; j’ai parachevé Ma grâce sur vous; j’agrée l’islam comme étant votre religion». (Coran, V, 3). 

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    La sourate Ibrahim est la 14e sourate du Coran. Elle comporte 52 versets

    Ce dernier verset du Coran est venu après que Dieu a averti sur la véritable religion, celle apportée par Abraham. Il dit: «Qui donc éprouve de l’aversion pour la religion d’Abraham, sinon celui qui est insensé? Nous avons, en vérité, choisi Abraham en ce monde et, dans l’autre, il sera au nombre des justes». (Coran, II, 130). 
    Concernant Jésus, le Coran l’inscrit dans la longue série des prophètes du Dieu unique qui, d’Adam à Mohammed, ont pour mission d’annoncer, de prêcher et d’enseigner le monothéisme d’Abraham. Il constitue, en quelque sorte, l’un des maillons les plus importants de cette chaîne de prophètes qui ont consolidé, à travers les temps, le message originel d’Abraham, fondé sur l’unicité de Dieu et la soumission à Lui. C’est ce que rapporte le Coran concernant les apôtres de Jésus: «Jésus dit, après avoir constaté leur incrédulité: «Qui sont mes auxiliaires dans la voie de Dieu? «Les apôtres dirent: «Nous sommes les auxiliaires de Dieu ; nous croyons en Dieu ; sois témoin de notre soumission ‘mouslimoun’»». (Coran, 3.52). 
    La même déclaration est faite à Jésus par les mêmes apôtres après que certains juifs ont déclaré leur scepticisme quant à l’identité de Jésus et son message. 
    Par ailleurs, le Coran rapporte qu’un prophète est envoyé à chaque peuple et à chaque époque: «Un prophète est envoyé à chaque communauté : quand vient son prophète, tout est tranché avec équité entre ses membres, personne n’est lésé». (Coran X, 47). Ou encore: «Oui, nous avons envoyé un prophète à chaque communauté» (Coran, XVI, 36). 
    Le prophète envoyé peut être également le messager de Dieu, chargé de transmettre Son message à son peuple, c’est le cas de Moïse (la Torah), de David (les Psaumes), de Jésus (l’Évangile), de Mohammed (le Coran). 
    «Un Livre a été envoyé à chaque époque». (Coran, XII, 38). Concernant cette continuité, le Coran a établi un lien entre la religion d’Abraham et l’avènement de l’islam qui n’est que le prolongement de cette religion et son aboutissement. C’est ce que déclarent Emilio Platti et Maurice Borrmans, dans un article, «Les grandes figures bibliques dans le Coran», publié dans l’ouvrage collectif Le Coran et la Bible: «Le Jésus coranique s’inscrit ainsi dans la longue série des prophètes du Dieu unique qui, d’Adam à Mohammed, ont pour mission d’annoncer, d’enseigner ou de raviver le pur monothéisme d’Abraham dont l’islam entend être la réalisation parfaite et définitive». 
    En effet, le Coran rattache cette religion à la construction de la Kaaba par Abraham et son fils Ismaël et à l’avènement de l’islam. C’est d’ailleurs Abraham qui a construit, avec Ismaël, la Kaaba de La Mecque et c’est lui qui a fixé l’espace et les rites du pèlerinage, cinquième pilier de l’islam. «Abraham et Ismaël élevaient les assises de la Maison: «Notre Seigneur ! Accepte cela de notre part: Tu es celui qui entend et qui sait tout»» (Coran, II, 127). 
    D’ailleurs, le Coran rapporte que, dans le prolongement de son action, Abraham a demandé à Dieu d’envoyer un messager, parmi les habitants d’Arabie: 
    «Notre Seigneur! Envoie-leur un prophète pris parmi eux: il leur récitera Tes versets ; il leur enseignera le Livre et la Sagesse; il les purifiera. Tu es le Tout-Puissant, le Sage!» (Coran, II, 129). 
    Pour la tradition islamique, il y a la lignée de prophètes, dont la figure centrale est Abraham qui a construit avec Ismaël la Maison de Dieu (la Kaaba) à La Mecque. C’est là où Dieu a fait naître le dernier de ses prophètes, exauçant le vœu émis par Abraham. 
    Ainsi à travers tous ces versets du Coran, il apparaît clairement que le mot « islam », pris dans son acception générale, signifie «soumission au Seul et Unique Dieu » Et quiconque se soumet à sa volonté est considéré comme musulman. En conséquence, les prophètes, depuis Abraham et même Noé, jusqu’à Mohammed, ont prêché tous le même Credo, à savoir l’unicité de Dieu et le devoir de se soumettre à Lui. C’est ce que déclare le prophète Mohammed dans un hadith authentique: 
    «De tous les hommes, je suis le plus proche de Jésus, fils de Marie, aussi bien dans ce monde que dans l’autre. Les prophètes sont des frères, aux mères différentes, mais la religion est unique». 
    Ce qui n’empêche pas que les pratiques et les règles, dans le cadre de cette religion unique fondée sur l’unicité de Dieu, soient différentes. C’est ce qu’énonce le Coran, parlant des prophètes: «Nous avons donné, à chacun d’entre eux, une règle et une Loi». (Coran. V, 49) Autrement dit, Jésus, et avant lui Moïse et après lui Mohammed, n’est pas venu pour changer la doctrine fondamentale de la croyance en un Dieu unique, apportée, avant eux, par les prophètes qui les ont précédés, mais pour la confirmer et la renouveler.

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