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    Economie

    L’IE de plus en plus indispensable pour la compétitivité

    Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5541 Le 24/06/2019 | Partager
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    Pour Omar Ezziyati (à droite sur la photo, avec le wali de la région Dakhla-Oued Eddahah), il est plus que temps pour les PME de se mettre à l’intelligence économique 

    Responsable «veille stratégique, innovation et influence» chez BMCE Bank of Africa, Omar Ezziyati vient de décrocher le prix Doctorat du Forum des Associations africaines d’intelligence économique. Cette récompense concerne le modèle développé et qui porte le nom de «ADI» (Approprié, dynamique et intégré) qui couvre les trois composantes de l’intelligence économique: veille stratégique, sécurité de l’information et influence.

    - L’Economiste: Votre travail de recherche a porté sur l’intelligence économique chez les PME. Pourquoi ce choix?
    - Omar Ezziyati:
    Au Maroc, les PME sont au cœur de l’économie et représentent plus de 90% de l’ensemble du tissu productif national. Face à un environnement de plus en plus complexe, risqué et incertain, l’intelligence économique  (IE) apparaît comme un outil stratégique de plus en plus indispensable pour la compétitivité de cette famille d’acteurs économiques.
    Or, au moment où l’IE profite aux grandes entreprises, notamment dans le secteur bancaire et celui des télécoms, les PME semblent en ignorer les enjeux et restent trop souvent à  l’écart de ce processus. Même pour le peu d’entreprises engagées dans une démarche d’IE, leurs pratiques sont souvent non formalisées et non systématiques. En effet, le management de l’information fait plutôt référence à la chaîne documentaire. En somme, une faible intégration et un caractère passif de la pratique d’intelligence économique au sein des PME, s’expliquant par de multiples obstacles et blocages d’ordre stratégique, culturel, financier, logistique et méthodologique. 
    Dans ce travail de recherche, nous avons donné une nouvelle définition de l’IE comme «une pratique managériale collaborative au service de la stratégie de l’entreprise, et ce, afin de renforcer son développement commercial, sa compétitivité et son influence sur l’ensemble de ses parties prenantes».

    - Concrètement, quel est l’apport de votre démarche en matière d’intelligence économique?
    - Insistant sur la dimension de management collaboratif, ADI est un modèle souple et évolutif: méthodologie et référentiel de développement de l’intelligence économique, outil de diagnostic et référentiel de certification des compétences. ADI s’articule autour de trois domaines fondamentaux (Approprié, dynamique, intégré), et de cinq axes transversaux (ressources humaines, coût, délai, risque et qualité). Le domaine «Adapté» permet de prendre en considération les spécificités culturelles, managériales, les styles de management et valeurs de l’entreprise, la stratégie, les projets de l’entreprise et ses moyens. Le domaine «Dynamique», pour sa part, concerne l’environnement et l’écosystème de l’entreprise, son évolution, sa communication et son influence. Quant au domaine «Intégré», il a trait, quant à lui, aux besoins d’information, les sources d’information, le patrimoine immatériel, le travail collaboratif et les actions mises en place. 

    - Ce modèle, l’avez-vous testé, expérimenté?
    - Concernant son expérimentation, le modèle ADI a été testé, dans le cadre d’une recherche action, auprès de six entreprises afin de répondre, au niveau de chacune d’entre elles, à des problématiques et à des besoins spécifiques en matière d’intelligence économique. Une première phase est réalisée selon l’axe pilote retenu par chaque entreprise avec notamment 3 étapes: intégration du diagnostic et des données, validation des orientations, puis établissement d’une feuille de route pour la mise en place de l’intelligence économique dans chaque entreprise, en insistant sur les livrables attendus. La seconde, pour sa part, est consacrée au retour d’expérience et à la capitalisation de cette recherche action, à partir d’un questionnaire/grille diffusé aux six entreprises. Cette phase opérationnelle a permis de confirmer la prédisposition des PME à intégrer un dispositif d’IE dans leurs cultures managériales. En effet, l’ensemble des entreprises étudiées déclarent maîtriser le contenu et le fonctionnement du modèle ADI. L’expérimentation confirme également que, si les PME disposent d’une méthodologie claire de mise en place d’intelligence économique, elles parviennent à s’approprier le modèle et deviennent très rapidement autonomes. Aussi, la veille n’est pas le seul intérêt de ces PME, qui souhaitent aussi développer les aspects influence, sécurité, étude de faisabilité.

    L’expérience BMCE Bank of Africa

    Au Maroc, plusieurs grandes structures ont intégré des démarches d’intelligence économique performantes et pragmatiques. A titre d’exemple, BMCE Bank of Africa, acteur historique dans ce domaine, a développé, depuis les années 60 et dans une logique incrémentale et itérative, un modèle d’IE adoptant les best practices nationales et internationales. La banque met ce dispositif d’IE, complet et intégré, au service de sa stratégie, son développement, mais aussi de tous les acteurs économiques désirant adopter une telle démarche. 
    Dans ce sens, BMCE Bank of Africa assure un transfert de compétence en matière d’IE de l’interne vers l’externe, via tant des formations spécifiques, des séminaires pour la communauté des entreprises, ainsi que des missions d’accompagnement auprès de plusieurs organismes publics et privés. Il s’agit, in fine, d’un modèle où le secteur privé joue le rôle de locomotive en matière d’IE. 

     

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