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    Economie

    La Santé cherche un nouveau mode de financement

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5538 Le 19/06/2019 | Partager
    65 milliards de DH mobilisés actuellement, loin de répondre aux besoins
    Appel au recours aux financements innovants et alternatifs pour renforcer les ressources
    Les ménages continuent de supporter 50% des dépenses de santé
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    La refonte du modèle de financement du système de santé devra prendre en compte les transformations ayant marqué la société marocaine, notamment en termes de vieillissement et de prévalence de certaines maladies chroniques, comme le diabète (10,6%) et l’hypertension (29,3%) (Ph. Bziouat)

    Les conclusions de plusieurs rapports sur l’élargissement de la couverture médicale ont tiré la sonnette d’alarme sur la viabilité financière du système. Par exemple, la subvention spécifique accordée aux hôpitaux pour la prise en charge des «Ramedistes est insuffisante et irrégulière. De même, les patients sont toujours obligés de prendre en charge une partie des frais.

    Aujourd’hui, le ministère de la Santé ambitionne de mettre en place un nouveau modèle de financement de la couverture médicale universelle. Anass Doukkali a expliqué que la rencontre tenue hier à Salé vise à «mobiliser l’intelligence collective, en vue de la conception d’une feuille de route pour le financement du système de santé».

    Actuellement, le Maroc consacre 6% de son PIB au secteur de la santé, contre 9% dans les pays de l’OCDE. Les dépenses de santé ont atteint 65 milliards de DH. Mais cela reste loin d’être suffisant pour résorber les déficits cumulés depuis des années. Dans ce total, la contribution de l’Etat représente le quart, au moment où les assurances prennent en charge près de 22%.

    Résultat: les ménages contribuent à hauteur de 50%. Ce qui constitue «un lourd fardeau, notamment pour la population vulnérable», de l’avis même du ministre de tutelle. Celui-ci ambitionne de renforcer les financements mobilisés par son département, en favorisant une meilleure orientation des fonds vers les prestataires.

    La mise en place d’un nouveau modèle de financement, assurant la viabilité du système de santé, doit prendre en compte les transformations ayant marqué la société marocaine. C’est le cas notamment du vieillissement de la population et de l’exacerbation des maladies chroniques. La prévalence du diabète est de 10,6% et celle de l’hypertension est de 29,3%. En face, l’espérance de vie atteint 75 ans. Ce qui remet en cause les équilibres classiques du financement du système de santé.

    Cette situation est accentuée par la hausse du nombre des bénéficiaires de la couverture médicale. Celle-ci a atteint 62% depuis l’opérationnalisation du Ramed. Ce régime compte actuellement 12 millions d’inscrits, et 8,5 millions de cartes actives.

    Le gouvernement ambitionne de renforcer le taux de couverture médicale avec l’intégration de nouvelles catégories, particulièrement les travailleurs non salariés et les professions libérales, qui représentent 33% de la population. Le ministre a rappelé que le démarrage de cet élargissement est prévu d’ici fin 2019 pour les premières catégories.

    La réflexion menée actuellement vise à définir une nouvelle gouvernance du système. Cela concerne notamment l’identification des opportunités en matière de financement innovant et alternatif, en vue de générer des ressources supplémentaires pour la santé.

    Sur ce point, Doukkali a fait savoir que des discussions sont menées avec le ministère des Finances pour reproduire, dans d’autres villes, le schéma adopté pour la réalisation du CHU de Laâyoune. Le ministre a également plaidé pour la nécessité d’orienter les décisions vers une mise en commun des ressources optimisées. L’idée est d’adopter une approche de mutualisation des moyens. S’y ajoute la nécessité de définir un modèle pour la fonction d’achat des services de soins, en vue de la centrer sur l’efficacité et la performance.

    Bras de fer

    Le lancement de la réflexion autour d’un nouveau modèle pour le financement de la couverture médicale universelle intervient dans un contexte tendu. Le ministère de la Santé mène toujours un bras de fer avec les étudiants des facultés de médecine et de pharmacie. La relation du ministère de tutelle n’est pas au beau fixe non plus avec d’autres professionnels, notamment ceux des métiers paramédicaux. Or, la mise à niveau des prestations de santé, notamment en termes d’accueil des patients et de leur prise en charge médicale, nécessite une implication des différentes parties prenantes. D’autant que les différents hôpitaux souffrent déjà de grands déficits en termes de moyens humains et matériels. Cela concerne notamment la situation du personnel débordé et peu motivé, en plus des épisodes de pénurie de certains médicaments et consommables.

    M.A.M.

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