×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Tribune

    Transmettre d’une génération à l’autre

    Par Mouna SQALLI | Edition N°:5537 Le 18/06/2019 | Partager

    Diplômée de l’ISCAE, Coach certifiée RNCP et fondatrice de Coach2win, Mouna Sqalli, que beaucoup appellent «Coatch Mouna», intervient en entreprise mais aussi auprès des jeunes. Il y a quelques années elle a proposé le mot d’ordre «Productif en Ramadan» (et la méthode qui va avec), repris partout aujourd’hui. Membre de diverses commissions professionnelles à la CGEM et en chambres de commerce, elle partage ici ses observations accumulées en trente ans de carrière (Ph. MS)  

    Gérer le capital humain de l’entreprise, c’est augmenter les occasions de transfert des savoirs que les spécialistes appellent «transfert intergénérationnel».

    Toutes les générations s’accordent sur ce que doit faire leur organisation pour les fidéliser. Tout le monde veut du respect, mais il ne se définit pas de la même manière pour tout un chacun. La chance de l’entreprise est donc dans le «mix-intergénérationnel», le mélange des âges.

    Transfert des savoirs? Reverse mentoring? Transmission de connaissances dans les deux sens, entre jeunes entrants et salariés expérimentés? Le but est de répondre à des besoins spécifiques générationnels et de favoriser la rétention des talents et le bien-être au travail.

    La structure par âge d'une population affecte les principaux problèmes socio-économiques. Ces générations quelles sont-elles?

    Qui est qui?

    Les aînés: ils sont nés entre 1955 et  1965 et sont des couches peu nombreuses, qui ont eu beaucoup d’enfants (voir pyramide des âges). Ils sont reconnus pour leur rigueur, leur acharnement au travail et leur loyauté. Ils sont attachés aux anciennes

    valeurs  marocaines.

    Le climat de travail est pour eux très important. Ils occupent ou cherchent un emploi où ils se sentent utiles, appréciés, respectés. Ils se sentent parfois désemparés face aux jeunes travailleurs qui ont une vision beaucoup plus détachée du travail... Cela peut les impatienter.

    La majorité d’entre eux ont ou auront des problèmes de pauvreté faute de retraite, ou parce que leur retraite sera très petite.
    Les «X»,  nés entre 1962 et 1980: Créatifs et indépendants, ils ont dû faire leur place dans un monde occupé par leurs aînés, leur souci est de concilier vie professionnelle et vie personnelle, soucieux du respect de la hiérarchie, ils apprécient le rapport rigoureux au travail.

    Les «Y» sont nés entre 1980 et 1995, les «millennials» ou digital natives, accros de la technologie et allergiques à la routine. Pour eux, aucune procédure ne tient, si elle n’a pas démontré son utilité.

    Ils peuvent avoir l’information quand ils veulent à travers les réseaux sociaux, ils ont compris que la réussite est pour celui qui sait repérer quelle est la bonne information et qui sait en faire quelque chose, ils se caractérisent par la quête de sens, ce qui reflète bien le Y (prononcez «why» en anglais…); la santé mentale et physique s'avère être leur priorité. Ils recherchent une meilleure qualité de vie, une progression rapide, des horaires plus flexibles, la formation continue, liberté et autonomie constituent leur moteur, les entreprises ont intérêt à en tenir compte. Ils seront fidèles… pendant un certain temps, l’attrait de la nouveauté étant toujours très fort. Pour les garder, il

    collaboration_jeunes_037.jpg

    Depuis 2010, on voit ré-augmenter le nombre de bébés par famille, comme on l’avait vu entre 1980-90. Avant, il avait une grosse vague des naissances dans les années 1950-65. Quoi qu’il en soit, cette pyramide montre que le Maroc va devoir légalement ou implicitement retarder l’âge de la retraite

    faut stimuler sans cesse leur envie de rester.

    Entre X et Y: priorités et envies sont les mêmes, la rémunération et l’ambiance de travail.
    Mais leur 3e exigence est légèrement différente: les X privilégient l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, alors que les Y favorisent quant à eux la reconnaissance de leurs compétences.

    Vient ensuite la génération C (pour Communication, Collaboration, Connexion et Créativité). Dite aussi génération «Z» née autour des années 1996.  Ultra connectée en permanence. Blogs, sites de partage de vidéos, quotidiens sur internet; ils vivent dans l’instantanéité. Ce sont des communicateurs et ils veulent collaborer avec ceux qui savent le mieux répondre à leurs attentes.

    transmission_agriculture_037.jpg

    Plus de la moitié des 15-24 ans travaillent dans l’agriculture, où par nature les compétences s’acquièrent auprès des aînés, les parents ou des proches. Là, l’apprentissage se double des relations interfamiliales, à la fois protectrices et inhibantes

    Les motivations

    Tout le monde veut que ses dirigeants soient crédibles et dignes de confiance.
    Si tout le monde se sent surmené et sous-payé, retenir un jeune et un ancien repose sur les mêmes leviers: des marges de progression, du respect et de la reconnaissance des efforts, une qualité de vie au travail.
    Les gens de toutes générations veulent que leurs dirigeants les écoutent, qu’ils soient perspicaces et encourageants.

    La politique globale de l’organisation est une préoccupation pour tous. Chacun souhaite la reconnaissance. Tout le monde veut du respect, mais il ne se définit pas de la même manière pour tous. Les managers sont les artisans du climat de travail.
    Le coaching des managers et les actions de team building constituent des solutions pour une cohabitation réussie, en vue de créer une relation dans la confiance et la durée, de réinscrire les personnes coachées dans un tissu social qui les soutienne, de restaurer, voire de recréer, du lien social et, in fine, d’améliorer la qualité de vie au travail et donc la productivité. Pour la prise de conscience collective et la prise de confiance individuelle, ce qui permet de désamorcer les blocages en faisant la chasse aux préjugés.

    L’apprentissage intergénérationnel, c’est aussi former... les recruteurs pour défaire les stéréotypes sur les jeunes et les seniors. Comprendre pour chacun les chemins de vie prévisibles, aide à gérer un mix générationnel qui définit les tâches et les moyens de gérer, motiver les équipes. En se méfiant des stéréotypes qui ont vécu, on peut encourager la croissance professionnelle, quelle que soit la génération.

    scolarisation_037.jpg

    En 2009,  un énorme changement s’est produit, sans qu’on y prête attention: la part des jeunes travailleurs (15-24 ans) est passée en dessous de la part des jeunes scolarisés

    Ça sert à quoi?

    Le coaching permet de renforcer les compétences des managers dans la gestion des différentes générations:
    Améliorer leur compréhension des attentes des différents groupes
    Les inciter à favoriser la communication et à échanger du feed-back
    Les rendre attentifs au climat de travail et à la prévention active des conflits.
    Enfin, pour réussir, des valeurs comme l’enthousiasme, la curiosité et l’énergie sont essentielles. La diversité permet de créer ce cercle vertueux.
    Communiquer des valeurs qui transcendent les générations, combattre les préjugés et comprendre pourquoi on ne réagit pas de la même manière selon l’âge de son interlocuteur.

    «Cogénérations pacifiques»: comment faire?

    Favoriser les interactions entre générations réduit le stress et améliore la collaboration.
    Créer un environnement de «tolérance zéro» au manque de respect: peu importe l’âge, tous s’attendent à être respectés. Mais, il faut parfois nommer clairement les comportements respectueux attendus
    Organiser des séances de sensibilisation à la diversité
    Recruter celui qui veut, plus que celui qui peut…
    Multiplier les occasions d’échanges sur la façon d’améliorer le travail
    Encourager le travail en mode projet afin de trouver des moyens de repartir le travail en fonction de leurs forces respectives
    Ecouter les idées et pratiquer les plus pertinentes.

     

     

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc