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    Economie

    OPCI: Au moins 200 milliards de DH en jeu

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5533 Le 12/06/2019 | Partager
    Cela concerne uniquement le segment «marché de bureaux»
    Les premiers agréments des sociétés de gestion dans quelques semaines
    Une 2e circulaire de l’AMMC sur le fonctionnement des OPCI en phase de validation
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    Mohamed Benchaaboun, ministre des Finances, a insisté sur les opportunités qu’offrent les OPCI, notamment en matière de mobilisation de l’épargne et son allocation au financement de l’économie (Ph. Privée)

    Après la 1re émission des sukuks, le Maroc vient d’introduire un nouvel outil financier. Les Organismes de placement collectif immobilier (OPCI) seront opérationnels dans quelques semaines. C’est ce qu’a annoncé Mohamed Benchaaboun, ministre des Finances, lors de la conférence de lancement de ce véhicule d’investissement, hier à Rabat.

    Ce nouveau mécanisme s’inscrit dans la logique d’innovation, «indispensable pour la dynamisation du marché des capitaux», comme l’a rappelé Nezha Hayat, présidente de l’Autorité marocaine des marchés des capitaux (AMMC). Cela répond également à la volonté de relancer ce marché, parallèlement à d’autres mesures, «qui jettent les bases d’une croissance inclusive et durable», selon le ministre des Finances.

    Aujourd’hui, le lancement des OPCI constitue «une phase importante», vu les opportunités qu’ils offrent, en plus des grandes attentes de plusieurs intervenants. «Des études menées par des opérateurs de la place estiment le potentiel des OPCI à environ 200 milliards de DH, uniquement pour le segment marché des bureaux», a fait savoir Benchaaboun.

    Il a ajouté que «le retail, l’hôtellerie et les résidences touristiques, les entrepôts et pôles industriels, présentent, à leur tour, des opportunités non moins importantes» (Cf. L’Economiste n°5507 du 02/05/2019). Au niveau international, ces véhicules d’investissement ont été d’abord lancés aux Etats-Unis, avec l’adoption du régime des Real Estate Investment Trusts (REITS), comme l’a indiqué Nezha Hayat. Ceux-ci «ont connu un essor considérable, atteignant, en 2017, une capitalisation de 1.000 milliards de dollars, soit les 2/3 de la capitalisation mondiale des REITS», a-t-elle souligné. En France, l’OPCI a connu une croissance extrêmement rapide, avec +700% entre 2014 et 2018.

    Actuellement, le Maroc est le 38e pays à mettre en place un régime pour les véhicules d’investissement immobilier. Après l’adoption de la loi sur les OPCI en 2016, ainsi que les différents décrets et arrêtés d’application, les premiers agréments des évaluateurs immobiliers des actifs des OPCI ont été délivrés, a rappelé Benchaaboun. Ceux des sociétés de gestion seront publiés dans quelques semaines, fait-on savoir.

    L’AMMC a déjà rendue publique, en avril dernier,  la circulaire qui fixe les modalités d’agrément des sociétés de gestion, les obligations de moyens dont elles doivent disposer, ainsi que les règles de fonctionnement auxquelles elles doivent se conformer.

    Plusieurs opérateurs ont déjà déposé des dossiers de demande d’agrément. Le dernier instrument à mettre en place avant le démarrage effectif est actuellement en phase de validation au niveau du SGG, selon la présidente de l’AMMC. Il s’agit d’une 2e circulaire de cette autorité, portant sur l’agrément et le fonctionnement de l’OPCI, en tant qu’instrument de placement réglementé.

    Pour les différents intervenant, ces nouveaux mécanismes devront contribuer à la diversification et à la modernisation des modes de financement de l’économie, en plus de la dynamisation du marché des capitaux. L’idée est qu’il puisse jouer pleinement son rôle de mobilisation de l’épargne et son allocation efficiente au profit de l’investissement.

    Ce nouvel instrument présente une série d’avantages. Pour les investisseurs et les épargnants, «il répond au besoin en termes de placement à long terme, adossé à des actifs immobiliers et basé sur des revenus locatifs», selon le ministre des Finances.

    Les investisseurs et épargnants «auront accès aux avantages du marché immobilier, sans ses contraintes, notamment la taille de l’investissement et les risques de liquidité et de concentration», a expliqué, pour sa part, la présidente de l’AMMC. Du côté des entreprises, les OPCI «devraient contribuer au développement d’une offre suffisante et de qualité, en matière d’immobilier locatif dans les domaines du commerce et des services, de l’industrie et de l’hôtellerie», a-t-il ajouté.

    Ces entreprises pourront également «externaliser leur immobilier d’exploitation, qui devient la propriété d’un fonds d’investissement. Elles en deviennent donc les locataires», selon Nezha Hayat. Résultat: «le bilan des entreprises s’en trouve allégé, leur permettant de dégager de nouvelles liquidités et sources de financement».

    Quid du régime fiscal?

    Après la publication des décrets et arrêtés de publication de la loi sur les OPCI, un cadre comptable régissant ces organismes a été finalisé. «Il sera soumis à la prochaine réunion du Conseil national de la comptabilité», selon Mohamed Benchaaboun. Le ministre des Finances a également mis l’accent sur le cadre fiscal applicable aux OPCI, qui «a été complété et amélioré». C’est l’un des principaux leviers activés pour réussir cette opération, selon des intervenants aux panels, lors de cette conférence. Cela concerne notamment des abattements de 60% lors de la perception de la plus-value par des personnes morales. Pour les opérations d’apport en biens immeubles aux OPCI, le profit n’est imposable qu’après la cession des titres, avec un abattement de 50%. Ce régime est prévu pour une phase transitoire, jusqu’à fin décembre 2020.

    M.A.M.

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