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    Drogues: Les «marchés» européens toujours dynamiques

    Par Aziz BEN MARZOUQ | Edition N°:5531 Le 10/06/2019 | Partager
    Plus d’un million de saisies de drogues illicites en 2017 selon des données de l’UE
    Cannabis: plus de 72 % des saisies concernent la seule Espagne
    Cocaïne: le trafic par conteneur maritime, le plus grand défi
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    Plus d’un million de saisies de drogues illicites signalées en 2017. C’est ce qui ressort du dernier rapport de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT),  qui relève de l’UE, présenté le 6 juin. Sur ce total plus des trois quarts concernent le cannabis (42 % pour l’herbe de cannabis et 42 % la résine de cannabis), suivi par la cocaïne (10%), l’héroïne (4%), les amphétamines (5%) et l’ecstasy (3%).

    Les trois pays européens à déclarer le plus grand nombre de saisies sont l’Espagne, le Royaume-Uni et la France qui représentent ensemble plus des 2/3 de toutes les saisies de l’UE. L’herbe de cannabis est principalement produite au sein des frontières de l’UE tandis que la résine de cannabis est surtout acheminée clandestinement du Maroc mais également de la Libye, qui devient même une plaque tournante pour ce trafic.

    Depuis l’année 2009, le nombre de saisies d’herbe de cannabis en Europe dépasse celui des saisies de résine de cannabis, même si la quantité de résine saisie compte pour plus du double de la quantité d’herbe saisie (466 tonnes contre 209). Les auteurs du rapport de l’OEDT attribuent cela au fait que le trafic de résine de cannabis porte sur des volumes plus importants au niveau des frontières nationales, ce qui en faciliterait l’interception.

    Comme le Maroc n’est séparé de l’Espagne que par une quinzaine de km, notre voisin du nord occupe donc le haut du podium pour ce qui est des quantités de résine de cannabis saisies: pas moins de 72 % de la quantité totale saisie en Europe en 2017.

    Le cannabis reste aussi la drogue illicite la plus consommée dans l’UE avec quelque 17,5 millions de jeunes Européens (15-34 ans) qui en auraient consommé en 2018. Les niveaux de consommation de cannabis varient d’un Etat membre à l’autre passant d’environ 4 % des adultes à Malte à 45 % en France.

    Le cannabis est aujourd’hui devenu la substance la plus souvent citée par les nouveaux venus dans les services spécialisés de traitement de la toxicomanie comme leur principale raison de contact.

    Cocaïne et conteneurs

    Les données de l’OEDT concernant la cocaïne indiquent que le nombre (plus de 104000 saisies en 2017 contre  96000 en 2016) et les volumes saisis (140,4 tonnes, soit le double de la quantité saisie en 2016 qui était de 70,9 t) n’ont jamais été aussi importants. Pour les auteurs du rapport, la croissance du trafic via les grands ports européens (Rotterdam et Anvers notamment) représente «un défi majeur pour les autorités répressives européennes».

    La cocaïne est principalement transportée clandestinement de divers pays d’Amérique du sud et d’Amérique centrale vers l’UE par divers moyens (vol passagers, fret aérien, avions privés, yachts et autres petits voiliers) en transitant notamment par l’Afrique centrale et l’Afrique du Nord. Cependant de plus en plus de gros volumes de cocaïne semblent transiter en contrebande à travers le fret maritime en particulier les conteneurs via les grands ports mondiaux que sont Rotterdam et Anvers.

    La Belgique (45 tonnes) et l’Espagne (41 tonnes) ont compté pour 61 % de la quantité totale de cocaïne saisie dans l’UE en 2017. En outre, la pureté de la marchandise saisie au niveau du commerce de détail augmente régulièrement depuis l’année 2010.

    Les données de l’OEDT notent également que de petits groupes de trafiquants ont investi progressivement le marché de la drogue illicite en utilisant de plus en plus les nouvelles technologies de l’information (ventes sur le Darknet,  cryptage et cryptomonnaies notamment). Avec 2,6 millions de jeunes adultes (15-34 ans) qui en ont consommé en 2017, la cocaïne est la drogue stimulante la plus consommée en Europe.

    Aujourd’hui près de 73000 patients suivent un traitement spécialisé pour des problèmes liés à la cocaïne. Plus préoccupant: 11000 d’entre eux ont commencé un traitement pour des complications liées au crack, une forme particulièrement dommageable de consommation de cocaïne.

    Numérisation

    «Le rapport européen sur les drogues de 2019 montre que la drogue demeure une menace en constante évolution et à multiples facettes pour nos sociétés, qui affecte la vie de millions de citoyens dans le monde entier», a indiqué Dimitris Avramopoulos, le commissaire européen à la migration et aux affaires intérieures lors de la présentation du rapport de l’OEDT.  «Nous avons besoin d'une approche mieux coordonnée qui s'attaque à la fois à l'offre et à la demande. Nos efforts portent leurs fruits avec nos nouvelles règles d'interdiction des substances psychoactives et notre coopération renforcée avec nos partenaires internationaux. Mais nous devons également examiner le rôle de la numérisation sur le marché de la drogue. Nous n'avons pas de temps à perdre. Nous devons nous coordonner aux niveaux national, européen et international».

    De notre correspondant permanent à Bruxelles, Aziz Ben Marzouq

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