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    Economie

    Comment réduire la facture de l’éclairage public

    Par Nadia DREF | Edition N°:5530 Le 04/06/2019 | Partager
    Une feuille de route en cours de préparation
    5 milliards de DH à trouver immédiatement
    Ce service coûte 1,3 milliard de DH, soit 40% de la facture des communes
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    La maîtrise des notions de bases de l’éclairage public, la connaissance du cadre normatif et la maîtrise des critères de choix des équipements sont nécessaires pour l’optimisation de ce service et la réduction de la facture énergétique (Ph. L’Economiste)

    Le Maroc veut réduire la facture de l’éclairage public. L’enjeu est de taille. Dans les communes urbaines, l’éclairage public représente près de 40% de la consommation d’énergie. D’après les estimations de la Banque mondiale(1), environ 1,2 million de points lumineux existent en milieu urbain dont la gestion n’est pas toujours maîtrisée.

    Les dépenses de gestion de ce service dépassent 1,3 milliard de DH, selon la Direction générale des collectivités locales (DGCL).  Elles constituent le second poste budgétaire après la masse salariale et le premier poste des dépenses énergétiques des communes.

    Ministères de l’Energie, de l’Intérieur, des Finances et des Affaires générales, Fonds d’équipement communal (FEC), OFPPT, Amee, SIE, Masen, Iresen, ONEE, Fenelec… La mobilisation est grande afin de proposer une feuille de route portant sur des mesures et actions concrètes.

    La Commission nationale chargée de l’efficacité énergétique dans l’éclairage public vient d’être créée. Elle a tenu, en mai, sa première réunion présidée par Aziz Rabbah. Une rencontre qui prépare la nouvelle stratégie axée sur quatre piliers majeurs: le renforcement de capacités, la normalisation et l’accompagnement technique de communes, le renforcement de la réglementation ainsi que les mécanismes de financement.

    Le premier axe concerne la mise en place de mécanismes de financement appropriés. Il s’agit de recenser tous les fonds et instruments existants et prospecter les opportunités de financement offertes à l’échelle nationale et internationale.

    Les différents intervenants sont appelés également à étudier la possibilité de financer les études et les audits énergétiques au profit des communes pour l’éclairage public dans le cadre d’un partenariat à conclure entre le FEC, le ministère de l’Energie, l’Amee et la SIE. 

    L’éclairage public durable nécessitera un investissement de 5 milliards de DH majoritairement dans l'urbain. Plusieurs projets sont programmés. Y figure la réalisation d’un projet pilote d’éclairage public de source solaire dans le cadre de la coopération maroco-chinoise. Il porte sur l’installation de 300 lampadaires solaires au niveau des villages relevant de la commune Aïn El Beida (Fès). C’est un projet accompagné par la SIE en tant que super Esco.

    De son côté, l’Amee accompagne plus les SDL créées dans le cadre du modèle PPP pour la gestion de l’éclairage public. L’année 2015 a connu la mise en place de la première SDL de la commune de Salé. Ce projet consiste à équiper l’ensemble des poteaux électriques de la ville de Salé à l’aide de lampes LED. D’autres villes ont été dotées de telles structures en particulier les villes de Marrakech, Oujda, Settat, Tiznit, Fès  et Agadir.

    Le deuxième axe porte sur la normalisation et l’accompagnement technique. Objectif: garantir les performances énergétiques des équipements et installations qui seront mis sur le marché national et assurer l’efficacité de l’éclairage public, précise le département de l’Energie. Ceci passe, bien évidemment, par le renforcement des capacités et par le choix de solutions appropriées pour assurer la durabilité des systèmes et des équipements de l’éclairage public.

    Le troisième volet est lié à la réglementation et particulièrement les décrets d’application de la loi 47-09 relative à l’efficacité énergétique et les arrêtés y afférents.

    Le quatrième axe, quant à lui, concerne le renforcement des capacités. Pour mieux former le personnel communal, une cellule sera constituée pour établir un état des lieux et proposer un plan de renforcement de capacités des communes.

    En matière d’efficacité énergétique, l’Etat doit donner l’exemple. Le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie a soulevé que le Maroc peut améliorer ses performances à travers l’accélération des réformes, le renforcement de la normalisation, l’ouverture des marchés publics et l’augmentation des financements.

    Le Royaume a déjà entrepris plusieurs actions visant à introduire les techniques d’efficacité énergétique dans la mise en œuvre de tous les projets de développement sectoriel. Objectif: atteindre des économies d’énergie de 12% d’ici 2020 et de 20% à l’horizon 2030.

    Les défis de la formation

    En vertu de la loi organique 113-14, la gestion de l’éclairage public relève des compétences des communes. Celles-ci doivent assurer la sécurité des personnes et du trafic, chacune à l’intérieur de son périmètre d’intervention. Parmi les défis relevés par les responsables communaux, le déficit en termes de formations dans l’éclairage public, qu’elles soient initiales ou continues. Ce gap se creuse davantage suite à l’absence de documentation en matière d’intervention sur le réseau et de la maintenance préventive ainsi que le manque d’intérêt pour l’investissement dans les équipements, entre autres. Pour y pallier, la Direction générale des collectivités locales et la GIZ mènent en partenariat un programme de coopération municipale (CoMun). Ce dernier a soutenu, entre 2010 et 2018, 27 communes dans cinq thématiques majeures de la gestion locale (mobilité urbaine, gestion des déchets, réhabilitation des anciennes médinas, gouvernance participative locale ainsi que la maîtrise de l’énergie dans l’éclairage public). Des publications ont été élaborées à l’issue d’actions de renforcement des capacités organisées dans le cadre du Réseau marocain de la maîtrise de l’énergie (REMME). De son côté, l'Amee a développé une plateforme de formation et de démonstration grâce à la mise en place de nouveaux bancs nécessaires pour les tests et travaux pratiques. L’agence assure des formations au profit des cadres en efficacité énergétique dans l’éclairage public. Elle veille également à l’intégration des standards d’efficacité énergétique dans les cahiers des charges des communes pour l’éclairage public.

    Nadia DREF

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    (1) Une étude pour l’élaboration d’un programme national d’éclairage public durable au Maroc, mandatée par la BM, le ministère de l’Energie et des Mines et réalisée par le bureau d’études international Econoler.

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