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    Economie

    Suivi scolaire: Les parents ont décroché

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5529 Le 03/06/2019 | Partager
    Un rapport alarmant du Conseil supérieur de l'éducation
    Une couverture de plus de 83%, mais les disparités persistent
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    L’un des principaux constats de cette étude est lié au fait que le niveau d’instruction des parents d’élèves impacte positivement leur implication dans la vie scolaire de leurs enfants. Le nombre d’adhésions est également plus important au niveau des établissements privés, et dans les centres urbains plus que dans le monde rural (Ph. Bziouat)

    L’éducation, c’est aussi l’affaire de la famille. C’est l’un des principaux critères de réussite du système d’enseignement, selon plusieurs spécialistes. Le rôle de la famille se traduit également par l’implication au sein des établissements d’éducation, via les associations de parents d’élèves.

    Aujourd’hui, en dépit des acquis, ces instances «font face à des contraintes liées notamment à la représentativité des familles des élèves, aux modalités de constitution de ces associations et d’organisation de leurs structures…».

    C’est ce qui ressort du dernier rapport du Conseil supérieur de l’éducation et de la formation, présenté jeudi dernier à Rabat. Aujourd’hui, il s’agit de définir jusqu'où ces structures remplissent leurs rôles, devenue désormais une contribution essentielle pour réussir le processus de réforme, est-il indiqué.

    Dans le détail, le nombre d’associations de parents et de tuteurs d’élèves actives dans les établissements publics s’élève à 9.043, selon les statistiques de 2017, soit une couverture de 83,43%. Ce taux dissimule des disparités régionales, mais aussi entre milieu urbain et rural. En face, «une large proportion des établissements privés ne disposent pas de ces instances».

    Au-delà du taux de couverture, ce rapport pointe également un manque d’implication effective des familles. Selon l’enquête nationale Ménages et éducation, le taux d’adhésion des parents et tuteurs au niveau des établissements où ces associations existent ne dépasse pas 31,3%. Ce taux baisse à 25,3% lorsqu’il s’agit de la participation aux activités de ces associations. Le niveau d’implication est plus élevé chez les familles aisées, avec 47,3% que chez celles à faible revenu (15,9%).

    La prise de conscience de l’importance de ces entités dans la vie scolaire augmente en fonction du niveau d’instruction des parents. «Chaque fois que le niveau éducatif est élevé, le taux de participation effective aux réunions des associations s’en trouve amélioré», peut-on lire dans ce document. Il est de 43,5% pour les parents ayant un niveau secondaire et plus, contre 19,8% pour ceux sans aucun niveau d’instruction.

    Ce sont les familles des élèves des établissements privés qui sont considérés les plus assidus dans le suivi du parcours scolaire de leurs enfants. C’est aussi dans ces écoles que le rapport constate «un plus grand engouement des familles pour l’adhésion à ces associations, avec 53% contre 29,6% pour le public».

    Des disparités sont également enregistrées en fonction du milieu de résidence, avec 34,2% dans les centres urbains et 24,9% pour le monde rural. L’étude montre que le niveau d’implication baisse en fonction du niveau scolaire. Le taux d’adhésion est de 35% dans le primaire, avant de passer à 28,1% au collège, puis à 27,3% au lycée.

    Au-delà des bonnes intentions, ces associations semblent encore avoir des performances limitées. C’est ce qui ressort du diagnostic du Conseil supérieur. Le rapport de cette instance pointe «une contribution limitée dans la gestion de l’établissement à travers les conseils de gestion». S’y ajoute «une focalisation excessive sur les travaux de maintenance et d’équipement, aux dépens des autres rôles».

    Plusieurs dysfonctionnements caractérisent également le mode opératoire de ces entités. Cela concerne notamment le faible respect des principes de transparence, de l’obligation de présenter des rapports moral et financier, et de dépôt des avoirs de l’association dans un compte bancaire. Une situation couplée à «l’ambiguïté caractérisant les relations avec la direction pédagogique, qui se traduit parfois par des tensions».

                                                                    

    Comment inverser la tendance?

    Le Conseil supérieur de l’éducation et de la formation a répertorié une série de pistes de correction. L’objectif est de remettre de l’ordre dans l’action des associations des parents d’élèves. Il s’agit notamment de «l’amélioration de leur situation organisationnelle». L’une des principales recommandations appelle à «actualiser, valoriser et opérationnaliser les rôles des associations, en relation avec les 3 piliers fondamentaux de l’école marocaine, en conformité avec la nouvelle vision. Il s’agit de l’équité, la qualité et la promotion». Le Conseil appelle également à instaurer un climat de travail motivant, «en vue de faire de ces associations un acteur essentiel dans le processus de promotion de l’école». Cela concerne notamment le renforcement des relations avec la direction pédagogique. L’administration et les acteurs éducatifs, de leur côté, sont également appelés à adhérer aux chantiers menés par ces associations.

    M.A.M.

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