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    Episode 15 Jésus, une grande figure biblique du Coran: Les miracles de Jésus dans le Coran

    Par L'Economiste | Edition N°:5527 Le 30/05/2019 | Partager

    Le Coran cite, lui aussi, de nombreux miracles de Jésus, dont certains sont rapportés par les Évangiles, d’autres pas. Pour Michel Dousse, dans l’esprit du Coran, il serait plus approprié de parler de «manifestations», plutôt que de miracles, dans la mesure où c’est son être même et sa nature exceptionnelle qui se manifestent à travers son action hors du commun.
    L’un des miracles de Jésus, rapporté par le Coran et dont il n’y a pas de trace dans les Évangiles, est celui où Jésus parle aux gens, depuis son berceau, alors qu’il est bébé. En effet, le Coran rapporte que, bébé, Jésus a parlé, depuis le berceau. Il proclame sa nature prophétique et sa nature humaine de Serviteur de Dieu. Il appelle les gens à n’adorer que Dieu et repousse la fausse accusation d’adultère de sa mère. Depuis le berceau, Jésus enseigne également à son peuple de faire comme lui: rentrer régulièrement dans la prière et de se purifier par l’aumône. Ce miracle s’est produit quand Marie, mère de Jésus, l’a amené aux gens de son village qui l’interpellent, en disant: «Ô Marie! Tu as fait quelque chose de monstrueux! Ô soeur de

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    Aaron! Ton père n’était pas un homme mauvais et ta mère n’était pas une prostituée». (Coran, XIX, 27-28).
    Elle montre, alors, le bébé, comme l’indique le Coran: «Elle fit un signe au nouveau-né et ils dirent alors: (Comment parlerions-nous à un petit enfant au berceau?)» (Coran, XIX, 29).
    En effet, les gens pensent que c’est une plaisanterie de la part de Marie. Pourtant, rapporte le Coran, le bébé, miraculeusement, commence à leur parler, et dit: «(Je suis en vérité, le Serviteur de Dieu. Il m’a donné le Livre; il a fait de moi un prophète; il m’a béni, où que je sois. Il m’a recommandé la prière et l’aumône -tant que je vivrai- et la bonté envers ma mère. Il ne m’a fait ni violent ni malheureux. Que la paix soit sur moi le jour où je naquis ; le jour où je mourrai; le jour où je serai ressuscité) Celui-ci est Jésus, fils de Marie. Parole de Vérité dont ils doutent encore». (Coran, XIX, 30-34).
    Ce sont les premières paroles qu’a prononcées Jésus, alors bébé. C’est aussi son premier miracle. Le Coran se réfère à d’autres miracles de Jésus ; certains rapportés par les Évangélistes, d’autres non. Ainsi, le Coran dit, à propos de Jésus: «Dieu lui enseignera le Livre, la Sagesse, la Torah et l’Évangile, et le voilà prophète, envoyé aux fils d’Israël: (Je suis venu à vous avec un signe de votre Seigneur: je vais, pour vous, créer d’argile comme une forme d’oiseau. Je souffle en lui, et il est oiseau-  avec la permission de Dieu- Je guéris l’aveugle et le lépreux; je ressuscite les morts, — avec la permission de Dieu- Je vous dis ce que vous mangez et ce que vous cachez dans vos demeures. Il y a vraiment là un Signe pour vous, si vous êtes croyants! Me voici, confirmant ce qui existait avant moi de la Torah et déclarant licite pour vous une partie de ce qui vous était interdit. Je suis venu à vous avec un Signe de votre Seigneur -Craigniez Le et obéissez-moi» (Coran, III, 48-50).
    En nous référant à ce verset, on constate que Jésus a été l’auteur des miracles suivants :
    - La confection d’oiseaux, à partir de la glaise. Ce miracle n’est pas cité par le Nouveau Testament. En revanche, il est rapporté, avec beaucoup de détails, par les Évangiles apocryphes, et notamment, par l’Évangile de l’enfance de Jésus selon Thomas. Ce dernier raconte que, âgé de cinq ans, Jésus joue près d’un ruisseau, il tire de la vase de l’argile molle et en façonne douze oiseaux «Bien que ce soit le jour du shabbat, réprimandé par Joseph, Jésus frappa des mains et fit s’envoler les passereaux en disant: (Allez, volez et souvenez-vous de moi ; vous qui êtes vivants)».
    - La guérison de l’aveugle-né: ce miracle est rapporté par les Évangélistes.
    - La guérison de lépreux, miracle raconté, également, par eux.
    - La résurrection des morts, ce qui rappelle ce que rapportent les quatre Évangiles.
    - La possibilité d’informer sur ce que les gens mangent et amassent dans leurs maisons.
    Ceci dit, pour le Coran, les miracles réalisés par Jésus sont des signes de Dieu, en vue de convaincre les enfants d’Israël de la véracité de sa mission prophétique.

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    Les miracles de Jésus, cités aussi bien par les Évangiles que par le Coran, ont souvent provoqué la colère des gens du Temple, gênés par ces miracles et qui considèrent Jésus comme un agitateur, cherchant à renverser l’ordre des choses établies. Œuvre de Paolo Véronèse. XVIe siècle (Crédit DR)

    En outre, Jésus, tout en énumérant les miracles dont il est capable, insiste sur le fait que tous ces miracles sont réalisés avec la permission de Dieu. Le Coran précise, chaque fois, qu’aucun de ces miracles n’aurait pu se produire sans permission de Dieu et, donc, Jésus a agi purement et simplement en obéissant à Dieu. Frédéric Lenoir tient à préciser que c’est de Dieu qu’il tient son autorité. Il cite, à ce propos, l’Évangéliste Luc qui rapporte cette déclaration de Jésus: «C’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons». (Luc, xi, 20).
    Ainsi, comme il a été relaté plus haut, Jean rapporte que pour ressusciter Lazare, frère de Marthe, Jésus a dû faire une prière, demandant à Dieu de l’aider à réaliser le miracle pour que les gens croient en lui comme son Envoyé. Ce qui correspond parfaitement aux affirmations du Coran. D’ailleurs, il faut se souvenir de cette prière rapportée par l’Évangéliste Jean qui se réfère, dès le début de son Évangile, au caractère divin de Jésus, alors que dans cette prière, Jésus déclare n’être que l’Envoyé de Dieu. Il a l’habitude de déclarer que «c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons. » (Luc XI, 20).
    Remarquons que les miracles correspondent à des faits extraordinaires dans des domaines où les gens excellent, selon leur époque. Ainsi, Moïse a triomphé des gens de Pharaon, dans l’art de la magie. Jésus est envoyé à une époque où les gens sont fiers de leur science physique et chimique. C’est la raison qui explique qu’il lui a été donné le pouvoir de guérir ou encore de redonner la vie après la mort.
    Pour Reza Aslan, dans la Palestine du 1er siècle, faire des miracles est une activité toute aussi reconnue que celle de charpentier ou de maçon et plus rémunérée.
    Concernant le prophète Mohammed, il a été envoyé dans un lieu et à une époque où les gens sont fiers de leurs œuvres littéraires et de leur poésie. De ce point de vue, le Coran constitue une œuvre magistrale où on ne décèle pas de fautes grammaticales ni de contradictions. D’ailleurs, les savants arabes de la grammaire se réfèrent souvent au Coran pour établir la justesse des règles établies. Le Coran dit du livre saint : «Ne méditent-ils pas sur le Coran ? Si celui-ci venait d’un autre que Dieu, ils y trouveraient de nombreuses contradictions.» (Coran, IV, 82).
    Louis Massignon écrit que le texte du Coran se présente comme une dictée surnaturelle enregistrée par le Prophète inspiré, qui a la charge de la transmission. Il est considéré comme la preuve souveraine de son inspiration prophétique et le miracle de style supérieur à tous les miracles physiques.
    Un autre miracle de Jésus est, également, rapporté par le Coran: celui de «la Table servie» «Al Maïda», objet de tout un chapitre, où il est écrit: «Les apôtres dirent: (Ô Jésus, fils de Marie ! Ton Seigneur peut-il, du ciel, faire descendre sur nous une table servie?) Il dit: (Craignez Dieu, si vous êtes croyants!) Ils dirent: (Nous voulons en manger et que nos cœurs soient rassurés; nous voulons être sûrs que tu nous as dit la vérité, et nous trouver parmi les témoins). Jésus, fils de Marie, dit: (Ô Dieu, notre Seigneur ! Du ciel, fais descendre sur nous une table servie! Ce sera pour nous une fête -pour le premier et pour le dernier d’entre nous- et un Signe venu de Toi. Pourvois-nous des choses nécessaires à la vie; Tu es le meilleur des dispensateurs de tous les biens). Dieu dit: (Moi, en vérité, je la fais descendre sur vous, et Moi, en vérité, Je châtierai d’un châtiment dont Je n’ai encore châtié personne dans l’univers celui d’entre vous qui restera incrédule après cela)». (Coran, V, 112-115).
    Concernant cette table servie, les exégètes musulmans rapportent que Jésus a demandé à ses disciples de jeûner trois jours. À la fin du jeûne, ils lui demandent de leur faire descendre une table pleine de nourriture du ciel pour manger et pour s’assurer que Dieu a accepté leur jeûne. Ils veulent aussi que cette table soit un jour de fête pour tous les juifs et que chacun d’eux, aussi bien les pauvres que les riches, puissent en manger. Jésus leur reproche leur demande mais les disciples continuent d’insister jusqu’au moment où Jésus demande à Dieu de lui envoyer, du ciel, une table pleine de nourriture. Alors Dieu accepte la demande de Jésus et fait descendre la table servie, laquelle, d’après les exégètes, se compose de sept poissons, sept pains et des fruits. De la table, mangent les compagnons mais aussi les pauvres, les infirmes et les malades qui ont été tous rassasiés. La question qui se pose est celle de savoir si la «table servie» dont parle le Coran est la même que celle décrite par les Évangélistes comme étant «la Cène», autour de laquelle Jésus a pris son dernier repas avec ses disciples. Ce qui est certain, c’est que la table décrite dans le Coran est présentée comme un don du ciel et un miracle de Jésus, alors que celle rapportée par les Évangiles, malgré l’importance qu’elle a eue dans la tradition chrétienne, n’a pas les mêmes caractéristiques que celles du Coran.
    Quoi qu’il en soit, les miracles de Jésus, cités aussi bien par les Évangiles que par le Coran, ont souvent provoqué la colère des gens du Temple, gênés par ces miracles et qui considèrent Jésus comme un agitateur, cherchant à renverser l’ordre des choses établies. C’est l’autre face de Jésus, contestataire religieux et politique.

    Jésus, une grande
    figure biblique du Coran

    Rachid Lazrak
    La Croisée des Chemins,
    L’Harmattan, 2019

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