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    Analyse

    Tourisme de croisière: Pourquoi les armateurs boudent le Maroc?

    Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5515 Le 14/05/2019 | Partager
    Chute libre des arrivées d’année en année
    Les réservations effectuées 2 ou 3 ans à l’avance
    La reprise n’est possible qu’à partir de 2021
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    Les arrivées de croisiéristes enregistrées par Alizés Travel reflètent la tendance à la baisse du secteur. L’agence de voyages spécialisée dans les croisières accapare plus de 80% de part de marché. Le nombre de croisiéristes, transitant par l’agence,  a fondu comme neige au soleil au fil des années, passant de 329.000 en 2012 à 75.000 en 2018

    Le Maroc n’est plus dans les radars des géants mondiaux des croisières. C’est un fait! Les chiffres sont alarmants: à peine 227.000 croisiéristes ont accosté aux ports marocains en 2018, contre pratiquement le double en 2010.

    Le nombre de paquebots de croisière qui accostent aux ports marocains est en chute libre, allant jusqu’à -80% à Casablanca. Et la tendance ne risque pas de se renverser du jour au lendemain. Il faudra attendre 2021 pour espérer juste un retour à la normale et renouer avec les performances d’il y a 7 ou 8 ans, selon les professionnels du secteur.

    Les saisons 2019-2020 n’ont rien d’exceptionnel non plus. «Les opérateurs du secteur devront encore souffrir en espérant que l’année 2021 soit meilleure», estime Jalil Madih, DG d’Alizés Travel, un opérateur qui revendique 80% de part de marché sur ce secteur.

    En effet, le planning des réservations (pour des géants mondiaux à l’instar de Carnival Corporation, MSC ou Royal Caribbean…) est établi 2 à 3 ans à l’avance. Et ce sont Tanger et Casablanca, les deux destinations phares du tourisme de croisière, qui en souffrent le plus (Agadir dans une moindre mesure).

    A elle seule, la capitale économique attirait plus de la moitié des croisiéristes pendant les années fastes. En fait, les flux de croisiéristes sont en chute libre faute d’infrastructures d’accueil, mais surtout à cause de la désorganisation du secteur (problèmes de transport, guide…) et l’anarchie  dans les ports, surtout celui de Casablanca.

    Il est donc loin le temps des records de fréquentation, comme ce fut le cas en 2015.  Le port de Casablanca avait reçu 15.000 croisiéristes en une journée (cf. édition du 15 avril 2015). Les chiffres officiels sont plus nuancés, mais ils n’en restent pas moins alarmants.

    Selon l’ONMT, la tendance est à la hausse entre 2017 et 2018 concernant les destinations Agadir et Tanger. Passant de 93.000 à 108.000 croisiéristes pour Agadir et de 24.000 à 31.000 croisiéristes pour la ville du détroit. Cependant, le taux de croissance annuel moyen du nombre de croisiéristes ayant fait escale au Maroc entre 2009 et 2018 est en baisse de 5,7%. En attendant la mise en service du quai des croisières, les opérateurs appellent à améliorer les conditions d’accès au port.

    Les retards sur les démarches administratives (douane, police…) et le manque de signalétique constituent, entre autres, des freins au développement de ce créneau. L’attractivité croissante du Maroc et les infrastructures modernes (surtout à Tanger et Casablanca) vont inverser la tendance baissière.

    Les professionnels espèrent aussi une relance de l’activité avec la mise en service très attendue du nouveau terminal de croisière (prévue en mars 2020) de Casablanca (qui concentre à elle seule la moitié du trafic).

    D’une capacité d’accueil annuelle de 350.000 croisiéristes, le nouveau terminal pourra accueillir des navires de 350 m de longueur et 45 m de largeur, avec une profondeur de 12 m. Il est prévu également d’aménager un bassin de stationnement de navires ainsi qu’un quai d’une longueur totale d’environ 665 m.
    Le port de Casablanca se distingue par sa position centrale qui permet de visiter l’arrière-pays en moins de 3 heures (Rabat, Marrakech, Fès, El Jadida…).

    En effet, le parcours des croisiéristes est généralement bien chronométré avec 3 heures de route à l’aller et autant au retour en plus de 6 heures sur place. De plus, le port de Casablanca présente l’avantage d’être à mi-chemin entre l’Espagne et les Iles Canaries. Ce qui en fait un passage obligé pour les plus gros paquebots de croisière. Sachant qu’un croisiériste dépense en moyenne 200 dollars sur place, sans compter les recettes pour les transporteurs, restaurateurs, frais d’escale…

    Pour sa part, Agadir, qui n’a pas de gros problèmes d’infrastructures, ne souffre pas autant que Casablanca ou Tanger. La ville est intégrée dans les circuits de croisière avec des destinations comme Las Palmas ou Tenerife.

    Agadir s’en tire mieux!

    Selon les chiffres de l’ANP, les ports gérés par l’agence ont vu progresser le nombre de croisiéristes de 39,5% au 1er trimestre 2018, soit 91.157 contre 65.341 une année auparavant. C’est la ville d’Agadir qui tire le mieux son épingle du jeu avec 53.755 croisiéristes, soit +77,7%. Contrairement à Casablanca, Agadir ne souffre pas du manque d’infrastructures d’accueil. D’ailleurs, la métropole n’a reçu que 31.154 croisiéristes sur cette période, soit  une croissance d’à peine 3,1%.

    Aziza EL AFFAS

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