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    Régions

    Fès/Mairie: Polémique autour d’un excédent budgétaire

    Par Driss EL YAZAMI | Edition N°:5513 Le 10/05/2019 | Partager
    «Oui, nous avons réalisé un excédent de 33 millions de DH», affirme El Azami
    L'opposition riposte et rappelle que le budget 2018 reste méconnu

    Rien ne va plus entre Driss El Azami El Idrissi, maire PJD de Fès, et les élus de l’opposition, principalement ceux du PI. C’est ce qui ressort en effet des travaux de la session du mois de mai, tenue mardi dernier. Une session qui a été marquée par des duels «pédagogiques» entre l’actuel maire et l’ancien vice-maire PI, Allal El Amraoui. Ce dernier ne rate plus aucune occasion pour mettre à nu la gouvernance de son rival. D’aucuns diront que le député PI cherche à se repositionner en préparation aux communales de 2021. D’ici là, la course au perchoir promet un spectacle instructif et des individualités intéressantes. L’Economiste revient sur les principaux points débattus lors de l’assemblée du 7 mai 2019.

    ■ El Azami défend son bilan d’activités

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    Au total, 18 points étaient à l’ordre du jour de la session du 7 mai. Une session marquée  surtout par la présentation du rapport d’activités du maire. Ce dernier a assisté à des réunions au ministère de l’Intérieur (médina, aménagement des parkings, SDL stationnement et éclairage public, réfection des voiries, quartiers sous-équipés), participé à la rencontre régionale de l’emploi et de la formation, ainsi que les Assises du commerce, de l’industrie et des services, initié la réouverture du marché de poissons (13 avril), et reçu nombre de délégations étrangères (Parlement européen et Commune d’Al Qods). S’agissant des projets d’équipement, le maire a souligné que «l’aménagement du boulevard Mohammed V et la réfection de la route Ouislane seront lancés incessamment». «Nous avons procédé à l’ouverture des plis du premier projet en mars, le deuxième le 23 avril. Il en est de même pour les projets de restructuration de Hafat Moulay Idriss et le quartier Aïn Smen», précise-t-il. En outre, El Azami a tenu «à remercier le Souverain pour l’intérêt accordé à la valorisation de la médina», notant l’importance des projets lancés lors du dernier séjour royal.

    ■ Duel autour d’un excédent de 33 millions de DH

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    Ce mardi, un excédent budgétaire de 33 millions de DH a suscité de vives réactions, particulièrement de la part de Allal Amraoui, conseiller PI. Lequel s’est interrogé sur la «réalité» du budget de 2018. «Avons-nous réalisé les prévisions budgétaires estimées à 730 millions de DH, au point de les dépasser de 33 millions de DH? Pas sûr…», inflige-t-il. Irrité par les propos de l’ancien vice-maire, El Azami a affirmé qu’il s’agit bel et bien d’un excédent «réel comptabilisé selon les lois en vigueur». Toutefois, il est resté évasif par rapport au budget de 2018. «Celui-ci n’est pas calculé de la même manière que la loi de finances», précise El Azami. «Pas très convaincu», Amraoui réitéra sa question. Mais, en vain. Au final, l’excédent sera approuvé par les élus PJD tandis que 4 conseillers PI, et un PAM, se sont abstenus.

    ■ La vidéosurveillance approuvée à l’unanimité

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    D’autre part, la mairie accorde une grande importance au projet de la vidéosurveillance mené en partenariat avec la préfecture de police. A ce titre, les conseillers communaux ont approuvé, à l’unanimité, une enveloppe additionnelle de 2,6 millions de DH au projet de généralisation de la vidéosurveillance. Projet auquel la ville et la région avaient déjà mobilisé quelque 8 millions de DH. Sur un tout autre registre, El Azami a souligné que les associations demandeuses d’appui ont présenté leurs dossiers du 1er au 30 avril. La mairie devrait statuer sur ces demandes tout en respectant le cahier des charges en vigueur.

    ■ Les dérogations sont toujours d’usage
    La ville de Fès continue de «déroger» les projets d’investissements, immobiliers et touristiques. C’est ce qu’a affirmé le maire lors de la dernière session. Une situation «incompréhensible qui ne peut perdurer», selon Allal Amraoui. Ce dernier a demandé des explications sur «l’état d’avancement de la préparation du plan d’aménagement». Car, en l’absence de ce document, les investisseurs souffrent d’un attentisme inexpliqué.
    Résultat: des projets bloqués et des emplois perdus. Pour y remédier, les services centraux doivent activer les démarches pour offrir à Fès un plan d’aménagement permettant un développement harmonieux pour une cité dont le dernier document d’urbanisme s’est expiré en 2008. En tout cas, le nouveau plan d’aménagement est en cours de préparation. Il devrait être finalisé dans quelques mois. D’ici là, la ville doit statuer rapidement sur la situation d’un foncier de 530 m2 devant accueillir un parking au sous-sol d’un hôtel, situé au quartier Batha. «Etant donné que la mairie ne pourrait pas gérer ce parking, il faut l’octroyer au propriétaire de l’hôtel et débloquer la situation dans les plus brefs délais», suggère Amraoui. Du même avis, El Azami penche également vers cette solution prônant l’encouragement de l’investissement et la création d’emplois.

                                                                              

    De drôles d’ardoises héritées

    El Azami a hérité de drôles d’ardoises. «Notre Conseil fait face à quelque 150 millions de DH de pénalités prononcées à son encontre dans des procès remontant à la période allant de 2002 à 2015. Nous en avons déjà payé 40 millions de DH dans la transparence, et en procédant par ordre de priorité chronologique», révèle le maire. Et de poursuivre: «Si dans le passé, la Commune signait des conventions sans jamais respecter ses engagements, aujourd’hui, nous veillons sur la légalité des procédures, y compris lorsqu’il s’agit de procès». A la question est-ce que la mairie vend ses actifs pour payer ses dettes?, le premier responsable de la ville est affirmatif: «Oui, nous mobilisons le foncier communal, en parfaite coordination avec le président du tribunal administratif, pour supporter les frais de justice et payer des ayants droit (entre 2002 et 2015)».

    Jardin botanique

    Une nouvelle vie pour le projet du jardin botanique se profile, «après 3 années de blocage». En effet, l’ancien maire avait accordé la gestion de cet espace à l’UEMF,  mais El Azami a vu autrement. Ce dernier a finalement opté pour la création d’un GIE dédié à ce jardin. Lequel devrait réunir des universitaires et des associatifs en vue d’enrichir le débat sur ce que deviendrait le futur laboratoire naturel d’espèces végétales. «Pourtant, s’il avait laissé l’UEMF réaliser son projet, ledit jardin serait déjà opérationnel, bénéficiant de l’appui d’experts nationaux et étrangers», déplore-t-on. 

    De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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