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    R&D: La recette de la Chine

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5510 Le 07/05/2019 | Partager
    Un engagement fort de l’Etat avec mobilisation des moyens nécessaires
    La promotion des chercheurs en fonction de leurs productions scientifiques
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    Pour Mohamed Najim, professeur Emérite Bordeaux-France, la diaspora marocaine constitue un précieux vivier qu’on pourra mobiliser au profit du développement de la recherche scientifique au Maroc (Ph. Jarfi)

    - L’Economiste: Quels enseignements peut-on tirer de l’expérience de la Chine en matière de recherche scientifique?

    - Mohamed Najim: La recherche scientifique fut décrétée parmi les cinq priorités nationales par le  président DengXiao Ping en 1978. Son artisan a été le professeur Song Jian. Il a été successivement président du conseil d’Etat pour la science et la technique qui est devenu le MOST: Ministry of Sciences and Technology. Ayant régulièrement été invité par la Chinese Academy of Sciences CAS, j’ai pu me rendre compte de l’évolution de la R&D dans ce pays.
    Le succès de la stratégie chinoise réside dans le fait qu’elle a eu en la CAS un opérateur unique pour définir et mettre en œuvre la stratégie de la science et de la technique. Elle a été créée le 1er novembre 1949, soit un mois après la naissance de la Chine. Elle est rattachée aux plus hautes instances de l’Etat. Il existe une osmose totale entre le Chef de l’Etat et l’académie des sciences qui définit la stratégie, dégage les priorités, finance la recherche, crée les laboratoires. En outre la Chine a su mobiliser, utiliser, attirer sa diaspora en valorisant son expérience et en mettant à sa disposition, cas par cas, les moyens pour qu’elle reste aussi performante voire plus performante que quand elle exerçait dans les pays plus développés.

    - Au Maroc, l’implication du privé dans le développement de la recherche reste marginale. Comment expliquer cela?
    - Le partenariat entreprise/université et la recherche interne des entreprises font partie de la stratégie d’un pays. Le Maroc a effectué des efforts considérables, couronnés de succès, pour se doter d’infrastructures afin d’accueillir les investisseurs. Il est dans l’étape où était la Chine il y a 20 ans. L’université pourrait répondre aux besoins de l’économie marocaine en rajeunissant le corps enseignant, en encourageant les enseignants/chercheurs à être plus productifs, en valorisant cette production par des promotions indexées sur le mérite. Et aussi par un meilleur accompagnement des doctorants, en facilitant la gestion des ressources dont elles disposent, en multipliant les formations professionnelles. Les promotions au mérite et les primes aux publications sont l’ossature du statut du personnel en Chine, et dans un petit pays comme la Tunisie dont la production scientifique par habitant est quatre fois supérieure à celle du Maroc. Le corps enseignant vieillit et le vivier de candidats se tarit, mais la diaspora marocaine constitue un vivier considérable. Toutes ces réformes sont à portée de main. Elles nécessitent un consensus national, ou, à défaut, une politique volontariste, qui conduirait le Maroc à gagner au moins deux points de taux de croissance comme le signale, depuis longtemps, la Banque mondiale.

    - Vous faisiez partie des concepteurs du projet de l’Académie Hassan II des sciences et techniques. Quelles étaient, alors, les ambitions de ce projet?
    -J’ai eu l’honneur de participer à une commission mise en place, à l’automne 1988, par décision de feu Hassan II et présidée par un membre du gouvernement. Cette commission avait pour objectif de formuler des propositions pour organiser la recherche en fonction des besoins socio-économiques du Maroc. Dans son rapport final au Souverain, cette commission a proposé la création d’une Académie placée sous son autorité pour qu’elle ait une large autonomie et pour la positionner au-dessus de toutes les luttes partisanes. Elle a eu l’assentiment immédiat, en novembre 1988, du Chef de l’Etat mais n’a vu le jour qu’en 2006.

    Propos recueillis par N.E.A.

     

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