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    Analyse

    Offshoring: Attention à la volatilité des emplois!

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5510 Le 07/05/2019 | Partager
    Risque à tout moment de retournement de situation...
    Les atouts du site Maroc «remis en cause»
    Des milliers d’emplois dans un secteur sensible: Une opportunité ou un risque?
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    Pour ne pas rater la course, l’écosystème marocain de l’offshoring se doit de fournir des efforts en termes d’adaptation des formations aux besoins. En effet, les donneurs d’ordres expriment de plus en plus des besoins pointus que le royaume n’arrive pas à satisfaire (Les visages ont été modifiés - Ph.Jarfi)

    Dans un contexte mondial marqué par des ruptures technologiques et une forte demande en compétences IT, l’intelligence artificielle, big data, blockchain... le Maroc se doit de capter une nouvelle génération d’opportunités dans des technologies de rupture: industrie 4.0, fintech, retail ou encore l’e-gov...

    L’offshoring pourrait même développer des synergies avec le secteur automobile ou l’aéronautique en apportant des solutions, du contenu pour technologie embarquée... Il s’agit notamment de marchés porteurs et à plus forte valeur ajoutée à capter d’urgence. C’est dire qu’il y a une véritable course effrénée dans un secteur qui souffre d’une grande volatilité des investissements voire des emplois fortement vulnérables.

    Aujourd’hui, l’offshoring affiche l’un des turn over les plus élevés! «Même lorsqu’on atteint le nombre d’ingénieurs exigés, le turn over étant élevé, ces ressources finissent par partir ailleurs alors que des investissements importants ont été réalisés pour monter en compétences. Le coût moyen de remplacement d’une ressource est de l’ordre de 25.000 euros (environ 255.000 DH). Ce coût englobe la recherche d’un remplaçant ainsi que sa formation.

    Mais encore faut-il trouver le bon remplaçant...», confie un opérateur. Et d’ajouter: la destination Maroc commence à être remise en cause. Dans ce même contexte, d’autres pays se démarquent comme la Tunisie, le Sénégal ou encore le Cameroun... D’ailleurs, Atos est en train de se réorienter vers le Sénégal. «Nous déplorons que le Maroc n’ait pas pu capitaliser sur les acquis. Ce qui s’explique notamment par le manque de vision et de visibilité sur les ressources», regrette le même opérateur basé à Casablanca.

    Plus encore, les perspectives d’évolution de ce marché se trouvent limitées voire menacées par des considérations liées à des réglementations inhérentes à la confidentialité des données, voire la protection des droits de la propriété intellectuelle. D’ailleurs, la sécurité des données dissuade de plus en plus les entreprises à externaliser la gestion de leurs données.

    Pour ne pas rater la course, l’écosystème de l’offshoring devra développer une nouvelle génération de prestations offshore qui tiendrait compte des évolutions majeures tant sur le plan technologique que réglementaire.

    Le constat aujourd’hui fait que l’offre Maroc reste concentrée sur le nearshoring francophone et hispanophone. Or, il ne s’agit là que d’une petite niche, voire une partie exiguë et volatile de l’offre du marché mondial. De l’avis d’analystes, «les entreprises attirées au Maroc peuvent partir à tout moment compte tenu de l’attractivité d’autres pays concurrents qui offrent des coûts et des salaires plus bas».

    D’autant plus que le retrait à tout moment des donneurs d’ordre voire des entreprises  est plus envisageable puisqu’il n’y a aucune barrière à la sortie. De surcroît, l’ancrage territorial des entreprises ne peut être assuré dans ce secteur d’activité en particulier. Le scénario d’un éventuel retournement de situation pourrait se traduire par des licenciements massifs (par milliers), y compris parmi les cadres les plus qualifiés.

    Ce sont là autant de facteurs exogènes que le secteur de l’offshoring devra prendre en compte tout en intégrant la dimension liée à la gestion des risques tels que la désaffection des investissements, la réorientation des donneurs d’ordre vers des destinations low cost ou plus compétitives.  De l’avis d’experts, le Maroc est appelé à revoir sa stratégie avec plus de vigilance dans la promotion et l’attractivité des investissements.

    Déficit RH...

    Dans l’offshoring, il y a aussi le verre à moitié vide. La rareté des ressources humaines qualifiées est un véritable défi. «Le secteur est très consommateur en ressources et l’argument prix est très important. Actuellement, des entreprises se plaignent car elles n’arrivent pas à former des équipes pour répondre à la demande de leurs maisons-mère. De nombreux projets sont à la recherche d’ingénieurs informaticiens. Or, ces derniers ne courent pas les rues», confie un opérateur à L’Economiste. La solution serait de dupliquer la nouvelle stratégie de l’OFPPT, de manière à aller vers une spécialisation des régions sur des technologies et monter des centres d’expertise.

    M. Ko

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