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    International

    Comment briser la spirale de la dette

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5509 Le 06/05/2019 | Partager
    Vigilance quant à la soutenabilité des trajectoires
    Mettre de l’ordre dans les finances publiques
    Grand débat au Forum de Paris le 7 mai 2019

    Alors que les dettes publiques atteignent des niveaux historiques partout dans le monde, la vigilance s’impose quant à la soutenabilité de ces trajectoires d’endettement. Le sujet sera débattu à l’occasion du Forum de Paris qui se tient le mardi 7 mai 2019 à Bercy en France.

    L’événement ayant pour thème «Une dette soutenable pour une croissance durable» réunit plus d’une trentaine de ministres des Finances et de gouverneurs de Banque centrale. Si les besoins de financement des pays en développement sont très importants pour atteindre les objectifs du développement durable à horizon 2030, comment s’assurer que ces financements contribuent durablement à la croissance? Comment définir des règles du jeu équitables pour que ces financements bénéficient à tous? Les participants au Forum devront  relancer le débat sur ces questions.

    Le choix du sujet intervient au moment où les alertes sur la dette mondiale s'amplifient. Après la mise en garde de la Banque mondiale, de la Banque des règlements internationaux (BRI), de l'Institut de la finance internationale (IIF) ou encore de la Cnuced et de l’OCDE… c’est au tour du FMI de remettre une couche sur la question.

    L’endettement global (public et privé) des 190 pays membres de l’institution internationale a atteint la somme de 184.000 milliards de dollars, soit 225% de leur PIB cumulé. En moyenne, la dette mondiale dépasse 86.000 dollars par habitant, soit plus de deux fois et demie le revenu moyen par habitant. Elle est concentrée notamment aux Etats-Unis, en Chine et au Japon qui en représentent plus de la moitié. Les pays émergents ont également vu leur endettement s’accroître, en raison de la montée en flèche de la dette chinoise.

    Dans la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP), les inquiétudes grandissent aussi sur le plan budgétaire. La hausse de la dette publique empêche de plus en plus les pays de répondre à des besoins structurels pressants (cf. notre édition N° 5506 du 30/04/2019).

    La croissance économique ralentit et la dette publique reste élevée dans le monde. Que devraient faire les dirigeants? Dans le nouveau «Moniteur des finances publiques», les experts (1) du FMI (https://www.imf.org) soutiennent qu’ils peuvent adopter une vision à long terme pour favoriser une croissance plus forte et inclusive. Dans ce but, ils doivent mettre de l’ordre dans leurs finances publiques en réduisant progressivement la dette pour se préparer au prochain ralentissement économique et en modernisant la politique budgétaire pour investir dans l’avenir de la population. Par conséquent, il est nécessaire de mieux répartir les dépenses, de dégager plus de marges budgétaires et d’améliorer la politique fiscale.

    Un endettement élevé peut limiter la capacité des dirigeants d’augmenter les dépenses ou de réduire les impôts pour compenser une faible croissance économique. Car les créanciers peuvent se montrer moins disposés à financer des déficits budgétaires croissants. En outre, le paiement des intérêts sur la dette a pour effet d’évincer les dépenses d’éducation, de santé et d’infrastructure, à savoir des investissements qui contribuent à la croissance des pays à long terme.

    Sur la liste des recommandations du FMI, chaque pays devra mettre au point une stratégie appropriée pour dégager plus de marges budgétaires.     Les pays fortement endettés devront augmenter leurs recettes ou limiter leurs dépenses excessives. Surtout ceux où la croissance économique actuelle dépasse la croissance potentielle à long terme (comme les Etats-Unis) ou ceux dont les coûts d’emprunt sont élevés et les besoins de financement importants (comme le Brésil et l’Italie).

    Pourtant, ces pays devraient maintenir leurs investissements dans l’éducation, la santé et les infrastructures, soit en redéfinissant les priorités en matière de dépenses, soit en élargissant l’assiette fiscale (par exemple en supprimant les exonérations fiscales et en améliorant l’administration fiscale).

    Dans les pays où le financement pose moins problème, comme en Allemagne et en Corée, les dirigeants pourraient augmenter les investissements dans les infrastructures et l’éducation pour soutenir l’économie à court terme. Ils peuvent favoriser une croissance inclusive au cours des prochaines décennies.

    Le FMI recommande enfin aux pays d’adopter des politiques plus intelligentes et plus souples en vue de faciliter le changement. Dans ce but, ils doivent améliorer la politique budgétaire sur trois fronts: réorienter les dépenses, dégager plus de marges budgétaires et améliorer les politiques fiscales.

    Chiffres vertigineux

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    • Début 2018, le stock de la dette mondiale n’était pas loin de 250.000 milliards de dollars (soit trois fois le revenu mondial)
    • Contre 142.000 milliards de dollars dix ans plus tôt
    • Le ratio dette/PIB mondial est plus élevé de presque un tiers qu’en 2008
    • La dette privée a explosé en particulier dans les pays émergents et pays en développement dont:
    • La part de l’encours de la dette mondiale a augmenté de 7% en 2007 à 26% en 2017, tandis que le ratio crédit aux sociétés non financières/PIB des pays émergents à économie de marché a enregistré une hausse de 56% en 2008 à 105% en 2017

    Source: Estimations de la Cnuced

    Fatim-Zahra TOHRY

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    (1) «L’endettement élevé des pays freine leur adaptation à l’évolution rapide de l’économie mondiale», Vitor Gaspar, John Ralyea et Elif Ture, https://www.imf.org

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