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    Economie

    Aéroport Mohammed V: Quelle pagaille!

    Par Nadia DREF | Edition N°:5505 Le 29/04/2019 | Partager
    La grève du personnel d’un sous-traitant bagages entraîne un chaos
    Cette crise est symptomatique des failles de l’organisation de l’aéroport
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    Les salariés de GPI, sous-traitant de Royal Air Maroc, observent une grève de zèle depuis plusieurs semaines. Le mouvement entraîne de gros désagréments aux passagers (Ph. F. Al Nasser)

    Il a fallu un mouvement de grève des agents d’un sous-traitant de Royal Air Maroc (GPI) chargé du traitement des bagages pour que les failles d’organisation de l’aéroport Mohammed V ressortent en surface.

    On reconnaît la qualité de la plage à la marée basse, dit la maxime. Ce sont surtout les arrivées internationales qui sont touchées par le capharnaüm qui touche la livraison des bagages. Au moins plusieurs centaines de valises sont en «perdition». Comme celle de ce passager dont le bagage s’est retrouvé à Médine au lieu de Paris-Orly.

    A ce problème auquel il faut ajouter une étonnante lenteur de la gestion des flux, résultat d’une organisation en silo. L’ONDA et les services de sécurité, travaillent chacun dans son territoire. Tout se passe comme s’il n’y avait aucune coordination entre les deux parties. Pour passer la police des frontières, certains passagers patientent au moins une heure et demi, notamment ceux qui arrivent par les vols du soir. L’exaspération est telle que l’on frôle parfois l’émeute dans les rangées.

    A Royal Air Maroc donneur d’ordre de la société gréviste, les responsables assurent n’avoir aucune visibilité sur la fin de la crise des bagages. «Nous mobilisons nos propres ressources au traitement de la totalité des bagages. Nous espérons revenir bientôt à une situation normale». RAM est la principale compagnie opérant à l’aéroport Mohammed V drainant 50% des mouvements.

    Et quand bien même, ce mouvement prenait fin, «il faudrait 48 heures pour rétablir un service normal». Les discussions sont en cours avec le sous-traitant qui essaye de trouver un plan B. En attendant, les pertes de bagages des clients de la compagnie se multiplient.

    A l’ONDA, la direction fait le mort. Aucun responsable n’a pu être joint par L’Economiste malgré nos sollicitations. A l’heure où nous mettions sous presse, les perturbations de la livraison des bagages persistaient encore. L’idée d’une concession au privé de l’exploitation des aéroports lancée par l’ancien ministre de l’Equipement a plus que jamais toute sa pertinence.

    Le schéma proposé était de conclure des partenariats avec le secteur privé pour construire et gérer de nouveaux aéroports. Une gestion déléguée qui allait casser le monopole de l’ONDA. Des contrats de concessions étaient prévus à l’issue d’un appel d’offres ou bien d’une négociation directe pour une période de 30 ans renouvelable pour une durée supplémentaire de 20 ans. Le projet de code instaurait même des indemnisations pour les voyageurs en cas de retard ou annulation de vol ou un déclassement à une classe inférieure à celle prévue dans le billet.

    Le risque d’une métastase de la grève aux autres aéroports du pays est bien réel. Depuis la semaine dernière, le traitement des bagages dans d’autres destinations autres que Casablanca est perturbé sans atteindre la situation de l’aéroport Mohammed V.

    Les grévistes demandent leur intégration à Royal Air Maroc et contestent leurs conditions de travail. Plusieurs réunions ont été tenues avec les autorités locales et les différents intervenants (RAM, ONDA…) mais sans donner de résultat. Les passagers sont pris en otage. Ils subissent de plein fouet les conséquences de cette mauvaise gestion (retard, manque d’information, absence d’assistance…). D’après nos sources, les passagers les plus impatients se retrouvent entourés d’«intermédiaires» monnayant la récupération rapide de leurs bagages.

    Cette grève qui intervient en pleine haute saison mais aussi, à quelques mois de la remise en compétition des concessions des prestations au sol dans les aéroports. Ce qui met RAM handling dans une mauvaise posture. L’ONDA a lancé un appel à concurrence international ouvert (n° 03/2019/CC) pour la concession des services d’assistance en escale aux tiers dans les aéroports. L’ouverture des plis est prévue pour le 2 mai 2019.

    Quatre nouveaux arrivants (partenaires ou groupements) devront démarrer l’activité début octobre car les conventions actuelles expirent le 30 septembre prochain. D’après les dispositions de l’appel à concurrence, les prestataires qui seront sélectionnés assureront, chacun dans son périmètre, les services autorisés exclusivement aux opérateurs de l’aviation commerciale régulière et non régulière, hormis les vols d’aviation d’affaires et privée.

    Exceptionnellement, les prestataires sélectionnés pourront assurer les services d’assistance en escale à l’aviation d’affaires et privée dans un aéroport où il n’y a pas de prestataire spécialisé établi.

    Pour l’heure, trois opérateurs assurent les services d’assistance en escale aux tiers dans les différents aéroports: RAM Handling, «FBO»  Swissport et Jetex.

    Trafic aérien

    • 40% des voyageurs transitent par l’aéroport Mohammed V
    • Au 1er trimestre, le trafic sur l’ensemble des aéroports s’est élevé à 2,226 millions de passagers contre 2,221 millions pour la même période en 2018.

    N. D.

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