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    International

    Un baril de pétrole à 65 dollars en 2020

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5504 Le 26/04/2019 | Partager
    Croissance mondiale faible, l’effet Etats-Unis… plusieurs facteurs
    Le durcissement des sanctions américaines contre l'Iran à surveiller
    Les prévisions de la Banque mondiale
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    Carte mondiale localisant les 8 pays que les Etats-Unis autorisaient jusqu'à présent à acheter du pétrole iranien mais qu'y s'exposeront à des sanctions américaines à partir de début mai

    Des perspectives de croissance mondiale plus faibles que prévu (2,9% en 2019) et une production pétrolière supérieure aux attentes aux Etats-Unis. Ces deux facteurs ont conduit à réviser à la baisse les prévisions de prix pétroliers d’octobre 2018, indique la Banque mondiale dans sa livraison d’avril 2019 de Commodity Markets Outlook. L’institution table sur un baril de pétrole s’établissant en moyenne à 66 dollars en 2019 et à 65 dollars en 2020.
    Mais sur le terrain les cours du pétrole ont connu une hausse régulière depuis le début de l’année, alimentée par les réductions de production décidées par les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs partenaires et une baisse des volumes produits au Venezuela et en Iran. Les cours du Brent ont dépassé les 75 dollars le baril en Europe, jeudi 25 avril, pour la première fois en six mois, dopés par l'inquiétude d'un déficit de l'offre causé notamment par le durcissement des sanctions américaines contre l'Iran.
    Parmi les interrogations qui pèsent sur le marché du brut, le rôle de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial. Après avoir affirmé que le royaume compenserait les pertes causées par les déboires de l'Iran, le ministre de l'Energie Khaled al-Faleh a nuancé ses propos en précisant que «la hausse de la production saoudienne ne se ferait pas immédiatement».
    Le rapport de la Banque mondiale met le point sur les tendances sur les marchés des matières premières. Après les excellentes performances de 2018, la production de schistes bitumineux aux Etats-Unis devrait rester robuste. Globalement, les prix de l’énergie, gaz naturel et charbon compris, devraient reculer de 7,9% en moyenne en 2019.
    Quant aux prix des métaux, ils devraient poursuivre leur remontée en 2019, après la brusque baisse enregistrée au second semestre 2018. Une dynamique qui s’explique par la stabilisation de l’activité en Chine après le léger fléchissement observé en fin d’année dernière ainsi que par les insuffisances de l’offre.

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    Depuis le début de l’année 2019, le prix du baril va crescendo, dépassant les 75 dollars le baril cette semaine. Les cours sont dopés entre autres par l'inquiétude d'un déficit de l'offre causé notamment par le durcissement des sanctions américaines contre l'Iran. Dans ses prévisions, la Banque mondiale tempère et table sur un baril de pétrole s’établissant en moyenne à 66 dollars en 2019 et à 65 dollars en 2020

    «De toute évidence, le cycle des prix des matières premières a pris fin et si les pays exportateurs souffrent de cette évolution, elle ouvre des perspectives aux pays importateurs», indique Ceyla Pazarbasioglu, vice-présidente de la Banque mondiale pour le pôle Croissance équitable, finance et institutions. «Les pays exportateurs vont devoir s’adapter à la baisse de leurs recettes tirées des produits de base en diversifiant leur économie tandis que les pays importateurs pourront profiter de prix moins élevés pour doper leurs investissements», dit-elle.
    Les cours des produits agricoles devraient se replier de 2,6% en 2019 avant de rebondir en 2020, sous l’effet d’une baisse de la production et du renchérissement des prix de l’énergie et des engrais. L’escalade des tensions commerciales devrait tirer les prix vers le bas, mais la hausse plus forte que prévu des prix de l’énergie pourrait avoir un impact contraire plus important qu’anticipé.
    «Les perspectives pour les matières premières sont sensibles aux risques liés aux politiques publiques, surtout quand il s’agit du pétrole», souligne pour sa part Ayhan Kose, directeur du Groupe d’étude des perspectives. Une série de décisions, y compris de la part de l’Opep et de ses partenaires concernant de nouvelles réductions de la production, le degré de conformité avec les récentes décisions sur les sanctions contre l'Iran, et la modification imminente de la réglementation des émissions dans le transport maritime pourraient inverser ces prévisions.

    La production de phosphate se porte bien

    LES prix du phosphate diammonique (DAP) ont chuté de 12% au premier trimestre, après un léger recul au trimestre précédent, en raison de la faiblesse de la demande mondiale. La consommation en Chine, premier consommateur mondial d’engrais phosphatés, continue de baisser, alors que la politique de croissance zéro en matière d’engrais est en marche. Tandis que la demande indienne reste médiocre, les acheteurs limitant leurs achats jusqu’à ce que les subventions soient plus claires après les élections législatives  (du 11 avril au 19 mai 2019). Les coûts moins élevés des intrants (ammoniac et soufre) ont également fait baisser les prix. La production de phosphate a augmenté au Maroc (Cf. notre édition N° 5466 du 05/03/2019) et en Arabie saoudite. C’est le cas aussi pour les exportations chinoises, qui avaient connu une tendance à la baisse en raison de restrictions environnementales. Pendant le reste de l’année 2019, les prix devraient légèrement se redresser par rapport aux niveaux actuels, mais resteront en moyenne inférieurs de 6% à ceux de 2018.

     

    Fatim-Zahra TOHRY

     

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