×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Pourquoi la consommation des ménages décroche

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5503 Le 25/04/2019 | Partager
    Ralentissement à 2,8% au 1er trimestre malgré le recul de l’inflation
    Le chômage et la baisse des transferts des MRE pèsent
    L’inflation des frais de scolarité écrase les classes moyennes
    consommation_menages_inflation_5503.jpg
    Sur les dix dernières années, l’inflation est restée dans la cible de la Banque centrale. Au premier trimestre, les prix ont même baissé de 0,2% avec toutefois des disparités selon les composantes

    Ce qui semble être une bonne nouvelle pour le porte-monnaie des ménages ne donne pas les effets escomptés. Les prix à la consommation ont baissé de 0,2% en rythme annuel au premier trimestre après une hausse moyenne de 1,9% en 2018. Entre janvier et mars, ils ont baissé dans les principales villes, excepté à Casablanca (+0,5%) et à Fès (+0,7%). Les tarifs des produits alimentaires ont alimenté cette détente. Au niveau des autres composantes, des hausses relativement modérées (1%) ont été relevées pour les rubriques logements, eau et électricité et santé. En revanche, le mouvement est plus fort dans l’enseignement où les prix ont augmenté de 3,4% au premier trimestre après une moyenne de 2,5% en 2018. En cinq ans, les tarifs y ont augmenté de 14,5% soit le double de la moyenne générale (6,4%). Le poids des frais de scolarité dans les dépenses des ménages écrase les classes moyennes. C’est de loin le premier poste budgétaire des classes moyennes urbaines. La hausse des prix a été de 9,2% pour le logement, eau, électricité et autres combustibles et 6,3% pour les articles d’habillement et chaussures. Sur la même période, l’inflation s’est située aux alentours de 2% pour les autres rubriques (santé, transport, loisirs...).
    Si l’inflation est modérée depuis le début de l’année, elle n’influence pas pour autant les dépenses des ménages. Leur croissance a ralenti par rapport aux trois derniers mois de 2018 et sur un an pour s’établir à 2,8%. Quelques indicateurs viennent voiler l’horizon pour les ménages et font planer un risque sur la principale locomotive de la croissance. La contribution des autres postes, notamment l’investissement des entreprises et le commerce extérieur, demeure fébrile et il ne faut pas en attendre des résultats extraordinaires à court terme. 

    comportement_menages_5503.jpg
     La consommation des ménages pèse au moins la moitié de la croissance du PIB dans les périodes basses. La croissance des dépenses décélère depuis plusieurs trimestres. Le chômage reste un vrai sujet d’inquiétude pour les ménages. En outre, la détérioration des perspectives en Europe affecte indirectement leurs dépenses par le canal des transferts des MRE

    Le niveau élevé du chômage et les craintes quant à l’évolution de la conjoncture contribuent à la poursuite de la dégradation de l’indice de confiance des ménages. Il s’est établi à 79,1 points en mars. Certains leviers de soutien de la consommation des ménages envoient de mauvais signaux. La détérioration des perspectives dans la zone euro pour laquelle les prévisions de croissance ont été révisées à la baisse (1,3% en 2019 pour la Commission européenne après 1,9% en 2018) agit indirectement sur les dépenses des ménages par le canal des transferts des MRE. Les envois de fonds des ressortissants marocains à l’étranger ont baissé pour le troisième trimestre consécutif (-3,4% au premier trimestre 2019). 
    Depuis la crise de 2008 et le ralentissement des économies européennes, l’élan de solidarité des MRE envers leurs familles n’a pas vraiment faibli ce qui a permis de soutenir la demande des ménages. Cependant, ce soutien pourrait diminuer à l’avenir avec l’évolution de la démographie des Marocains de la diaspora. L’attache au pays d’origine pourrait être moins fort chez les nouvelles générations. Par ailleurs, le développement de l’économie et l’amélioration de la qualité de vie devraient réduire le nombre de candidats à l’immigration. Encore faut-il créer les conditions d’une croissance inclusive. Les chiffres sur le chômage des femmes et des jeunes en général et les statistiques des personnes en situation de Neet (ni en emploi, ni en enseignement , ni en formation) rappellent l’ampleur du chantier.

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc