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    Un cirque pour apprendre le recyclage aux enfants

    Par L'Economiste | Edition N°:5500 Le 22/04/2019 | Partager
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    Les artistes de cirque Diego Brailovsky (à gauche), Carolina Crevecoeur (à droite) et Mariana Dince dirigent le spectacle principal du groupe (Ph. Courtesy of Mambo Visual)

    Deux clowns grimpent sur une scène pleine d’ordures. Ils regardent les journaux, les bouteilles de plastique et les boîtes de lait éparpillés autour d’eux, l’air confus. Grâce à l’aide de leurs petits spectateurs, qui répondent à toutes leurs questions et applaudissent leurs actions, ils parviennent à trier les déchets. Au milieu de décors, costumes et accessoires fabriqués avec des matériaux réutilisés, les artistes de Circo Reciclado («Cirque recyclé» en espagnol) cherchent à enseigner l’éducation environnementale et les notions de recyclage aux enfants à travers des spectacles dans les écoles de plusieurs villes en Argentine.

    «Je réduis, je réutilise, je recirque»

    «La protection de l’environnement est une question d’éducation. Les gens ne polluent pas par méchanceté, mais par ignorance. C’est pourquoi nous devons travailler avec les enfants; l’avenir de la Terre dépend de tout le monde», explique Diego Brailovsky, créateur de ce groupe artistique et social.
    Dans leur répertoire, l’attraction principale s’appelle Reduzco, reúso, recirco («Je réduis, je réutilise, je recirque», en espagnol), un spectacle interactif pour enfants qu’ils jouent habituellement dans les maternelles et les écoles primaires. «Quand nous arrivons dans les écoles, les enfants ont le sourire aux lèvres. Le spectacle dure 45 minutes et ils s’amusent et apprennent du début à la fin», assure Brailovsky, de 35 ans. Il ajoute: «Les établissements d’enseignement sont généralement très structurés et nous nous adressons à un problème très grave de manière non structurée».
    Depuis leur création en 2012, le cirque a joué dans environ 400 établissements d’enseignement devant plus de 45.000 élèves. «C’est important d’introduire ces concepts quand ils sont encore jeunes, afin qu’ils les intègrent et s’engagent», affirme le coordinateur du projet. Si l’initiative s’adresse aussi à un public adulte, à travers des présentations dans certaines entreprises et des interventions dans des espaces publics, Diego Brailovsky admet que les personnes âgées ont généralement plus de réserves lorsqu’il s’agit de passer à l’action. «Quand vous demandez aux adultes s’ils recyclent, ils commencent tout de suite à vous donner des excuses. Or, c’est un problème qu’il faut régler le plus rapidement possible», souligne-t-il.
    Selon le magazine Waste Management World, l’Argentine est le deuxième pays d’Amérique latine en termes de production de déchets par habitant (1,22 kg par jour) derrière le Mexique, un pays qui a presque trois fois plus d’habitants. Une étude conjointe de la faculté d’ingénierie de l’Université de Buenos Aires et de l’entité publique chargée de la construction et de la gestion des sites d’enfouissement (CEAMSE) indique que, sur l’ensemble des déchets, 78% pourraient être recyclés s’ils étaient correctement triés. Aujourd’hui, seulement 56% sont récupérés.

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    En Argentine, le Circo Reciclado a tourné dans les provinces de Buenos Aires, Córdoba, Santa Fe et Salta (Ph. Courtesy of Mambo Visual)

    Circo Reciclado souligne que les directeurs et les enseignants des écoles qu’ils visitent les accueillent avec beaucoup d’enthousiasme, parce qu’ils reconnaissent la vertu éducative de cette façon ludique de transmettre des connaissances sur le sujet toujours plus urgent de l’environnement.
    Diego Brailovsky a remarqué ce changement de paradigme début 2012, lors d’un voyage en Nouvelle-Zélande avec un ami, également artiste de cirque. «Je parcourais des paysages incroyables et ne comprenais pas comment certaines personnes pouvaient laisser des déchets partout. Il n’y en avait pas beaucoup, mais la manière dont cela se mêlait avec l’environnement m’a profondément choqué. C’est alors que j’ai décidé de faire quelque chose pour fusionner mes deux grandes passions: le cirque et la nature», se souvient le clown.
    Le duo a ensuite conçu un premier spectacle en anglais, Recycling Circus, qu’ils ont présenté dans 85 écoles primaires pendant les huit mois de leur séjour en Nouvelle-Zélande. De retour en Argentine et déterminé à poursuivre le projet, Diego Brailovsky découvre une réalité différente dans son pays. «Au début, c’était très difficile pour nous de le mettre en place. En 2013, lorsque vous parliez aux élèves et aux enseignants du tri des déchets, ils ne comprenaient pas de quoi on parlait. J’ai dû faire deux pas en arrière et repenser à la façon dont il fallait faire le spectacle de zéro», se souvient-il.
    À présent, leur répertoire couvre non seulement des sujets écologiques, mais aussi des questions sociales, en coordination avec Carolina Crevecoeur, pédagogue et clown. Pour pouvoir assurer plus de 70 spectacles par an, ils bénéficient désormais du soutien de 10 artistes venant de différentes disciplines: jongleurs, acrobates, musiciens et acteurs.

    «Beaucoup de petites actions  en constituent de plus grandes»

    Dans ses projets futurs, Circo Reciclado présentera deux nouveaux projets, l’un axé sur la protection de l’eau et l’autre sur les déchets électroniques. Mais le grand rêve de Diego Brailovsky est de répliquer son aventure dans le monde entier. «En plus de l’Argentine et de la Nouvelle-Zélande, nous avons fait des tournées en Uruguay, en Bolivie et en Espagne. Partout où nous sommes allés, nous avons d’excellents retours de la part des enfants. De toute évidence, l’idée a plus d’impact à travers un spectacle qu’au cours d’une simple conversation», estime-t-il. Selon lui, l’éducation environnementale a connu une croissance remarquable au cours de cette décennie, mais l’urgence écologique existe toujours et exige l’engagement de tous. «Pas besoin d’être scientifique pour s’en rendre compte, il suffit de regarder les derniers phénomènes météorologiques ou comment les saisons de l’année deviennent de plus en plus diffuses», affirme le clown, qui conclut: «Nous pouvons tous mener une action à notre échelle, aussi petite soit-elle. Beaucoup de petites actions en constituent de plus grandes».

    Par Pedro COLCOMBET

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