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    Politique

    Parlement: Les enjeux du renouvellement des instances

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5499 Le 19/04/2019 | Partager
    Les privilèges attirent les prétendants aux postes de responsabilité
    Les partis ne font pas grand-chose pour le renouvellement des élites
    Amina Maelainine fait les frais de «l’affaire du foulard»

    Habib El Malki a organisé hier une séance plénière consacrée au renouvellement des instances de la Chambre des représentants. Il s’agit d’élire les nouveaux membres du bureau (les vice-présidents), les chefs de groupe parlementaire et les présidents des commissions spécialisées.

    La plupart des prétendants aux postes de responsabilités sont motivés par des considérations, parfois légitimes, et les privilèges que procure la fonction. Les uns, surtout les vice-présidents, recherchent le prestige politique. Ils ont l’occasion de présider les séances plénières qui sont télévisées.

    Des opportunités pour étaler leur pouvoir au point qu’ils sont habilités à couper la parole à un ministre, avec le marteau du président. Des séquences pouvant être interprétées comme des messages pour leurs électorats. D’autres visent les postes de vice-président pour les multiples opportunités de voyages à l’étranger, dans les cinq continents.

    Outre ces avantages, ils bénéficient  d’indemnités de l’ordre de 2.500 DH par jour passé à l’étranger. En outre, les membres du bureau ont à leur disposition un véhicule, avec carburant et une indemnité de responsabilité de 7.000 DH par mois en plus de leurs salaires.

    Les Commissions parlementaires ne sont pas en reste. Le président a droit à une indemnité de responsabilité de 7.000 DH/mois. Certaines sont sensibles comme celle des finances, celle de l’Intérieur ou de l’extérieur. Quant à la Commission des infrastructures ou celle des secteurs productifs, elles assurent le minimum vital. Par contre, la Commission du contrôle des finances publiques, présidée par Driss Sqalli, a vite acquis une notoriété et une crédibilité pour le sérieux de son travail.

    La séance plénière consacrée à l’élection est en réalité organisée pour la façade. En fait, ce sont les patrons des partis représentés au Parlement qui choisissent leurs représentants. Chaque formation a son style et sa méthode.

    En tout cas, l’Istiqlal et l’USFP ont opté cette fois-ci pour la continuité. Mais de manière générale, il est difficile de mettre en avant des critères objectifs pour le choix des prétendants. Certaines pratiques démontrent le peu d’intérêt pour la démocratie interne. Les partis ne font pas grand-chose pour le renouvellement des élites politiques.

    Au PJD par exemple, c’est le secrétariat général qui décide des députés qui assumeront ces responsabilités. Ainsi, Amina Maelâinine, qui a fait dernièrement l’objet d’une polémique, a été «remerciée» du poste de vice-présidente qu’elle occupait à la Chambre des représentants.

    L’état-major du parti n’a pas accepté qu’elle puisse, sans hijab, se promener dans les rues parisiennes. Il lui a trouvé une remplaçante qui n’est autre que Meriame Boujemâa. Sinon, Abdallah Bouanou, président de la Commission des finances et Driss Azami, chef du groupe parlementaire conservent leurs postes. Par contre, Abdelaziz El Omari, maire de Casablanca, premier vice-président de la Chambre des députés, a cédé sa place à Souleymane Amrani.

    El Omari a fait l’objet de critiques acerbes qui lui reprochent de privilégier les déplacements à l’étranger dans le cadre du travail parlementaire au détriment de son travail de maire de la capitale économique.  Khalid Boukarai conserve son poste de questeur et Azzouha Arrak est secrétaire du bureau de la Chambre.

    Au PAM, la responsabilité de l’octroi des postes a été confiée à son secrétaire général. C’est le groupe qui a enregistré le plus de changement des responsables. Les mauvaises langues affirment que Hakim Benchamach a profité de cette opportunité pour régler ses comptes.

    Ainsi, de cette loterie, c’est Abdelattif Ouahbi, membre du bureau politique, qui est sorti le grand perdant. Le président de la Chambre des conseillers n’a pas oublié que ce député du sud et avocat, a été l’un des initiateurs de la rébellion contre le secrétaire général du PAM et de l’appel pour la tenue d’un congrès extraordinaire du parti pour changer de patron. C’était la fameuse réunion d’Agadir.

    Rachid Abdi, 2e vice-président de Habib El Malki, a également fait les frais de cette chasse aux sorcières puisqu’il a été remplacé par Mohamed Touimi Benjelloun. La 8e place dans le bureau est revenue à Hayat Al Machfouê. L’autre changement a touché le chef du groupe parlementaire.

    C’est Mohamed Aboudrar qui remplace Mohamed Achrourou. Ce dernier a été quand même récupéré pour le poste de questeur. Moulay Hicham Mohajri devient président de la Commission de l’Intérieur et Taoufik Mimouni à la tête de la Commission de la justice.

    Le RNI est sorti indemne de cette épreuve. Des ambitions formulées par certains prétendants ont été stoppées par l’arbitrage de Aziz Akhannouch. C’est le cas de Ouafaâ Bakalli et de Naêma Zidane qui convoitaient le poste au bureau occupé par Asmaâ Aghlalou.

    De même, Chaoui Belassal de l’UC ciblait la présidence de la Commission des secteurs productifs occupée par Said Chbaâtou. Cela devait intervenir dans le cadre du groupe parlementaire commun RNI-UC. Mais le niet du président a calmé les ardeurs.

    Moubdie, inamovible à la tête du groupe MP

    Au Mouvement populaire, ce n’est pas simple non plus. Si Mohamed Moubdie a conservé son poste de chef de groupe parlementaire, c’est pour le soutien qu’il apporte à Halima Assali, la femme forte du parti pour intégrer la Chambre des conseillers à la place de Mohamed Addal du MDS, radié par le Conseil constitutionnel, affirme un député. Il a été épinglé par la Cour des comptes. Said Tadlaloui a hérité de la Commission des infrastructures de base. Mais la 4e vice-présidence est restée entre les mains de Mohamed Ouzzine.

    M.C.

     

     

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