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    Egypte: Sissi pourrait rester plus longtemps!

    Par L'Economiste | Edition N°:5497 Le 17/04/2019 | Partager
    Le Parlement vote pour lui permettre de prolonger sa présidence
    La résistance se renforce
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    A l’heure où nous mettions sous presse, le Parlement égyptien devait octroyer, mardi 16 avril 2019, la possibilité au président Abdel Fattah al-Sissi, de rester au pouvoir jusqu’en 2030, à la faveur d’une réforme de la constitution votée en session plénière.

    Arrivé au pouvoir après le renversement par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi en 2013, Sissi a été réélu président l’an dernier. Sa réélection avec plus de 97% a eu lieu dans le cadre d’un scrutin marqué par la présence d’un seul rival et par une série d’arrestations d’opposants.

    Mais, à ce jour, la Constitution limite le nombre de mandats à deux, de quatre ans chacun. Plusieurs amendements ont été proposés en février par un bloc parlementaire soutenant le chef de l’Etat. Le nouvel article 140 permet ainsi de faire passer le deuxième mandat de Sissi de quatre à six ans, portant ainsi son terme à 2024. Le chef de l’Etat pourrait en outre se présenter à cette date à un troisième mandat de six ans.

    Chantre de la stabilité et de la lutte antiterroriste auprès des chancelleries occidentales, Abdel Fattah Sissi (âgé de 64 ans) est accusé par les ONG de graves violations des droits humains... Mais les partisans du chef de l’Etat au Parlement maintiennent que la révision constitutionnelle s’avère indispensable à la stabilité politique et économique du pays. Ils reconnaissent que Sissi a pris d’importantes réformes politiques, économiques et sécuritaires.

    Comptant moins d’une vingtaine de députés, la petite alliance d’opposition, le bloc «25-30», a appelé les Egyptiens à rejeter cette révision. Celle-ci doit être soumise à un référendum populaire si les amendements sont adoptés à la majorité des deux tiers du Parlement, composé de 596 députés.

    Human Rights Watch (HRW) a appelé la semaine dernière le Congrès américain à ne pas donner son «feu vert à la répression» en Egypte, alors que Sissi était en visite à Washington, où il a rencontré son allié Donald Trump. Selon l’ONG, le «projet de réforme constitutionnelle (...) institutionnalise davantage l’autoritarisme». «S’ils étaient adoptés, ces amendements constitutionnels aggraveraient la crise dévastatrice des droits humains en Egypte», a aussi dénoncé Amnesty International.

    La révision constitutionnelle doit également accroître le contrôle du pouvoir judiciaire par l’exécutif et institutionnaliser le rôle politique de l’armée, pilier du régime. Ce vote au Parlement égyptien intervient à contre-courant du climat régional.

    Au Soudan voisin, Omar el-Béchir, au pouvoir depuis trois décennies, a été renversé le 11 avril au terme d’une contestation populaire. En Algérie, le refus du 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika a provoqué des manifestations de rue inédites et la démission du président le 2 avril.

    F. Z. T. avec agences

     

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