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    Dossier Spécial

    Développement rural: Une offensive contre la fracture territoriale

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5496 Le 16/04/2019 | Partager
    2.800 projets déjà lancés depuis 2017
    7 milliards de DH investis chaque année
    6 millions de personnes et 1.100 communes ciblées
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    Hammou Ouhelli : «Pour 2019, les programmes régionaux ont été approuvés depuis 2018. Le montant est estimé à 6,5 milliards de DH» (Ph. L’Economiste)

    La lutte contre les inégalités territoriales et sociales est désormais engagée. Tous les ministères concernés y sont impliqués ainsi que les 12 régions du Royaume. Avec à la clé un financement de 50 milliards de DH. Entretien avec Hammou Ouhelli, secrétaire d’Etat au Développement rural.

    - L’Economiste: Quel est le contenu  du programme de réduction des déficits territorial et social?
    - Hammou Ouhelli:
    Comme vous le savez, en 2015, Sa Majesté avait invité le gouvernement à établir un plan d’action intégré afin de financer les projets d’infrastructure socioéconomiques dans les communes et régions enclavées, et de définir un échéancier précis pour la mise en œuvre. Ce programme de réduction des disparités territoriales et sociales concerne les 12 régions du Royaume et s’étale de 2017 à 2023 pour un coût global de 50 milliards de DH.

    - Les mécanismes de coordination et de financement constituent la pièce maîtresse du plan. Vos partenaires y adhèrent-ils pleinement?
    - Il faut reconnaître que c’est une première et un modèle en termes de gouvernance. Le plan permet la convergence de l’action des partenaires pour atteindre l’objectif ciblé. Ainsi le Fonds de développement rural est alimenté par plusieurs ministères: Equipement, Agriculture, Education et Santé ainsi que par les conseils régionaux, l’INDH, l’ONEE.
    Pour la première fois aussi, le choix des projets est déterminé par la commission régionale présidée par le wali sur la base de l’étude identifiant les localités à déficit d’infrastructures. La commission nationale présidée par le ministre de l’Agriculture valide les plans d’action conformes à l’esprit du programme et rentrant dans le cadre budgétaire alloué. Vous remarquez là aussi que la décision vient du local vers le central, l’exécution des projets et entre les mains de sous-ordonnateurs locaux.

    - Quels sont les premiers résultats à ce jour?
    - Depuis 2017, l’année de démarrage de projets, 22 milliards de DH ont été engagés. Les projets inscrits concernent le désenclavement, l’amélioration de l’accès des  populations aux services de base et la création des conditions nécessaires au renforcement et à la diversification des potentiels économiques des zones rurales et montagneuses.
    En 2017, le budget s’est élevé à 8,34 milliards de DH, dont 3,46 milliards  financés par le Fonds de développement rural et les zones de montagne. Le montant total des programmes d’action régionaux pour 2018 s’élève à 7,2 milliards de DH dont 3,48 milliards de DH  financés par le Fonds de développement rural et des zones de montagne. Sur ces deux années, pas moins de 2.800 projets ont été lancés.
    Pour 2019, les programmes régionaux ont été approuvés depuis 2018. Le montant est estimé à 6,5 milliards de DH.

    - Quels sont les projets les plus avancés?
    - Il faut rappeler que tous les projets du programme ont la même importance. La feuille de route royale ne fait pas de distinction entre grands et petits projets. «…Qu’il soit réalisé à l’échelle d’un quartier, d’un douar, d’une ville ou d’une région, ou qu’il concerne tout le pays, un projet a toujours le même objectif: celui de servir le citoyen. Je considère que le creusement d’un puits et la construction d’un barrage revêtent la même importance, dans la mesure où ces réalisations visent le bien-être des citoyens…» Extrait du discours de la fête du trône de 2017. Et ces projets sont suivis par toutes les parties prenantes afin d’en assurer la réalisation dans les délais prévus dans les conventions signées. Les projets liés aux cinq secteurs continueront d’être achevés conformément au cadre de gouvernance et à la structure financière établis par les différentes parties prenantes. Chaque année, environ 7 milliards de DH seront alloués à de nouvelles réalisations. Les années à venir verront également l’accélération des réalisations.

    - Les régions assument la grosse part du financement. Certaines n’ont tout simplement pas de ressources. Que faire?
    - A mon avis il faut  faire le raisonnement inverse. Ces régions, ayant un déficit important en infrastructures, devraient de toute manière s’atteler à le résorber.  Le Programme de réduction des disparités territoriales vient leur apporter un complément budgétaire de 60% qui va soulager les avoirs de ces régions. Nous avons constaté sur le terrain la satisfaction de la population quant à l’impact positif du programme.

    - La campagne ne bénéficie pas de certains avantages accordés à la ville comme le logement social. Pourquoi cette discrimination?
    - Le territoire rural a ses spécificités propres, et par conséquent les réponses à lui adresser doivent lui être adaptées. L’habitat rural auparavent n’a pas bénéficié dans les politiques publiques de beaucoup d’intérêt. Actuellement le ministère de tutelle y travaille sérieusement. Une vision d’aménagement du territoire, avec les spécificités rurales, doit être déclinée dans les meilleurs délais.

    - Comment sortir de la dépendance de l’activité agricole?
    - Toutes ces installations du programme permettront de briser l’isolement de 5.190 douars tout en leur actroyant l’accès aux services de santé, d’éducation, d’eau et d’électricité pour plus de 6 millions de personnes dans 1.100 communes. Ces réalisations devraient créer de nouvelles dynamiques économiques et territoriales dans les zones ciblées, grâce à la création des conditions nécessaires au renforcement et à la diversification de la capacité économique des zones rurales et montagneuses. Ce qui entraînera une amélioration des revenus et des conditions de vie de la population. Le PRDTS améliorera  ainsi les indicateurs de développement humain dans ces domaines.

    Propos recueillis par A. GHOUIBI

     

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