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    Politique

    El Malki tacle le PJD sans le nommer

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5495 Le 15/04/2019 | Partager
    Il vise ses volte-face sur le projet de loi-cadre relatif à l’enseignement
    Appel à l’adoption du reliquat de trois projets de loi organique
    Le président continue dans la voie de la gestion collégiale

    Avant de rejoindre l’hémicycle, Habib El Malki était sûr de son coup. Le président sortant de la Chambre des représentants savait qu’il allait rempiler au perchoir. C’était une question de formalité. D’ailleurs, une fois le résultat officiellement proclamé, il a appelé à une première réunion aujourd’hui lundi avec les chefs de groupes parlementaires pour le renouvellement des instances de la Chambre. Il s’agit d’élire les membres du bureau et les présidents des commissions parlementaires.

    Dans son discours, soigneusement préparé, il a fait passer des messages comme celui d’être «le président de tous les députés, ceux ayant voté pour lui et contre lui. J’ai le devoir de respecter leurs positions». El Malki a saisi cette opportunité pour tacler le groupe parlementaire du PJD, sans les nommer, en affirmant que lorsqu’il s’agit de dossiers stratégiques, il est impératif de mettre de côté les calculs politiciens pour se rassembler autour des intérêts supérieurs du pays. Car ces questions concernent l’avenir de toute la société et exigent de se doter de visions prospectives.

    Avec cette sortie, il a ciblé les députés du PJD, à l’origine du blocage du projet de loi-cadre relatif à l’enseignement. Tout le monde avait pointé leurs volte-face après le consensus obtenu sur la question linguistique. Il s’agit de l’apprentissage des matières scientifiques et techniques dans les langues étrangères. Après avoir donné son accord, le groupe parlementaire du PJD a fait marche arrière.

    La sortie de Benkirane réclamant le départ de Saâdeddine El Othmani du gouvernement y était pour quelque chose.  Dans ce dossier, Habib El Malki s’était fortement impliqué dans la recherche d’une solution de consensus. Finalement, la session extraordinaire consacrée notamment à l’approbation de ce texte n’aura pas servi à grand-chose.

    Cependant, cet épisode n’a pas découragé le président à poursuivre dans la gestion collégiale qu’il avait choisie depuis le début de son mandat. Ainsi, il a lancé un appel à la mobilisation de toutes les énergies en vue de faire aboutir l’adoption du reliquat des projets de lois organiques datant de l’adoption de la Constitution en 2011. Il s’agit des textes relatifs à l’officialisation de l’enseignement de l’amazigh, au Conseil national des langues et de la culture marocaine et à la loi sur la grève. Ces projets, qui traînent au Parlement, devaient être adoptés au cours de l’ancien mandat législatif. Aujourd’hui, nous sommes à mi-mandat de la deuxième législature, sans qu’ils ne quittent le circuit parlementaire.

    Abstention

    La victoire de Habib El Malki s’explique également par le changement d’attitude du PJD à son égard. En effet, lors de sa première élection comme président en janvier 2017, ce parti de la majorité avait opté pour l’abstention. A l’époque, Benkirane, chef de gouvernement désigné, s’était opposé à l’entrée de l’USFP dans la majorité. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts.

    Cette fois-ci, à la veille du vote, le PJD a décidé de se ranger derrière Habib El Malki, à l’issue d’une réunion présidée par son secrétaire général. D’autres, comme notamment le RNI, roulent pour lui. D’ailleurs, le président sortant était le candidat unique à sa succession. Donc, le scrutin était une formalité. Sauf qu’au niveau méthodologique, le bureau provisoire chargé de superviser cette élection, présidée par Abdelouahad Radi (le plus âgé), n’a pas fait preuve de bon sens.

    En effet, comme Habib El Malki était seul en lice, il avait la latitude de recourir au vote électronique. Chaque député dispose d’un bouton sur son clavier. Au lieu de cela, le bureau a fait perdre plus de deux heures en appelant chaque député à venir signer le registre, aller vers l’isoloir avant de mettre le bulletin dans l’urne.

    En tout cas, dans ce dossier comme dans d’autres, la démarcation entre la majorité et l’opposition n’est pas nette. Et pour cause, ni l’Istiqlal ni le PAM, les deux principales formations de l’opposition, n’ont jugé utile de présenter un candidat. Même s’ils savaient qu’ils n’avaient pas beaucoup de chance de l’emporter (quoique le vote étant secret, tout était possible), c’est une occasion de tester leurs forces.

    D’autant que les bonnes règles démocratiques exigent une compétition avec au moins deux compétiteurs. Officiellement, le PAM préside les destinées de la Chambre des conseillers. Et à ce titre, il ne peut être à la tête des deux institutions à la fois, note un député de cette formation. Mais dans la pratique, cette première force de l’opposition a voté en faveur du candidat de la majorité. C’est le secret de la politique à la marocaine.

    Le rapprochement RNI-UC maintenu

    La veille du renouvellement des instances de la Chambre des représentants, Aziz Akhannouch a été à la manœuvre. Objectif: apporter le soutien nécessaire à la réélection du candidat de la majorité, Habib El Malki. C’est ainsi que le président du RNI, en compagnie de Mohamed Sajid, secrétaire général de l’Union constitutionnelle (UC) et de Abdessamad Archane, patron du MDS, qui dispose de trois sièges à la Chambre des représentants, s’est réuni avec les parlementaires de leur groupe commun. Pour les trois responsables, cette expérience a été concluante et pourrait constituer une solide plateforme pour construire un pôle important de l’échiquier politique. Une occasion de faire taire les voix hostiles à ce rapprochement qui devait aboutir à une fusion. Et pour cause, depuis ces derniers mois, des responsables au RNI comme à l’UC se sont exprimés pour mettre fin à cette proximité initiée par les trois formations. Du coup, cette réunion, en forme de dîner, maintient le lien.

    M.C.

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