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    Colloque international du GRET: Quand les penseurs rappellent le monde à l’ordre!

    Par Joséphine ADAM | Edition N°:5495 Le 15/04/2019 | Partager
    Une «Semaine du dialogue» autour des enjeux du nouveau désordre mondial
    La civilisation «pervertie par le comportement d’ignares», selon le président de la Fondation de l’Islam de France
    Des pistes pour faire émerger des nations civilisées et humaines
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    Le récent président de la Fondation de l’Islam de France, Ghaleb Bencheikh, porte un regard éclairé sur l’obscurité ambiante à l’occasion du 24e colloque international du GRET, le Groupement de recherche sur espace et territoire, organisé à Marrakech (Ph. DR)

    «Aucun peuple, aucune nation ne change si, individuellement, chacun de ses membres n’entreprend pas un travail d’introspection». Le nouveau président de la Fondation de l’Islam de France, Ghaleb Bencheikh, porte un regard éclairé sur l’obscurité ambiante. «Si j’ai accepté cette fonction, c’est parce que l’Islam y est écrit avec un grand "I"», tenait-il à préciser.

    Pour lui, en ces temps où «notre civilisation est pervertie par le comportement d’ignares», le dialogue, «un exercice de l’intelligence», prend tout son sens. C’est ainsi que le 24e colloque international du GRET, le Groupement de recherche sur espace et territoire, organisé à Marrakech, a permis de débattre d’une série de questionnements sur les enjeux du nouveau désordre mondial.

    «Aujourd’hui, de n’importe quel côté où l’on regarde, c’est le même sentiment de stupeur et d’incrédulité qui s’impose», constate Ali Sedjari, président du GRET. Il l’annonce: cette «Semaine du dialogue» sera rebaptisée «Semaine du bonheur» pour la prochaine édition. «Le bonheur de dialoguer pour se comprendre, lever les voiles», continue-t-il.

    Cette conférence internationale, qui a réuni d'éminents penseurs, s’est donc penchée sur les dialogues interreligieux, interculturels, scientifiques… et géopolitiques. Une manière de se demander où va le monde avec un regard à 360°.

    «Inconscience, insouciance, démesure, mais aussi incompétence, déraison, irrationalité, irresponsabilité, aventure et absence de pensée ne sont-elles pas finalement les caractéristiques dominantes de notre géopolitique actuelle», demande Sedjari. Alors il s’agit de «secouer les consciences», et bonne nouvelle de la part du président du GRET, «notre siècle nous offre tous les moyens de rebondir».

    Parmi les tables rondes, une s’est tout particulièrement penchée sur la transformation d’une conscience collective, ou comment faire émerger l’humain? Le philosophe Mohammed Doukkali a choisi de citer Freud pour qui «la conscience est la conséquence du renoncement aux pulsions», mais aussi Céline avec «la conscience n'est dans le chaos du monde qu'une petite lumière, précieuse mais fragile».

    Si cette petite lumière ne peut pas empêcher les guerres, elle donne la possibilité de les voir autrement. La possibilité de transformer la tragédie en comédie. «Malheureusement, le genre humain excelle à faire l’inverse», déplore Doukkali. L’effort de conscience serait donc de se dire que la situation est terrible, tout en y mettant des lueurs d’espoirs. Sauf que la conscience constate, et constater c’est relater.

    «Là se pose le problème de la vérité», continue le philosophe. Il fait alors parler Baudelaire qui, dans ses 2es Journaux intimes, rappelait combien d’empires ont pu être fondés sur le crime, et combien de religions ont été fondées sur la posture. En effet, «tous les vivants d’aujourd’hui connaissent des guerres désastreuses à partir d’un mensonge», conclut Doukkali. D’où l’absolue nécessité de l’éveil des consciences.

    Libérer les esprits de leurs prisons, sortir des dogmes

    «Nous avons droit au bonheur, ici bas dans ce monde, sans attendre l’au-delà», intervient Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation de l’Islam de France. Pour y arriver, l’islamologue avance des conditions. «Contribuer, participer à son éducation, à son élévation. Viser le respect absolu de l’égale dignité humaine par-delà le genre, et faire en sorte d’autonomiser la sphère du savoir en s'affranchissant des discours et en libérant les esprits de leurs prisons. Il faut en finir avec les clôtures dogmatiques et la violence endémique». Un discours dans le droit fil des objectifs du colloque du GRET! «L’heure n’est ni au pessimisme ni à la résignation, mais à l’action positive. "Le sursaut est possible", rappelle Sedjari. Tout dépend de la manière dont nous allons en tirer le meilleur, agir et reconstruire une géopolitique humaine, civilisée et consciente».

    J.A.

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