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    Analyse

    Cour des comptes, nouvelle stratégie, évolution des filiales... Les confidences de Zaghnoun

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5494 Le 12/04/2019 | Partager
    Plan de transformation pour relancer la CGI
    La CDG veut sortir du tour de table de la Sonadac
    Concentration sur deux stations: Saïdia et Taghazout
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    «Le nombre de ménages à reloger est estimé actuellement à 10.000. Par conséquent, la mission d’aménagement de l’Avenue royale est aujourd’hui relayée au second rang en raison de l’importance du relogement de ces ménages»,  souligne Abdellatif Zaghnoun, DG du groupe CDG (Ph. Jarfi) 

    - L’Economiste: La Cour des comptes vous a conseillé de vous recentrer sur vos métiers de base…
    - Abdellatif Zaghnoun:
    Ses recommandations sont venues confirmer, dans leur grande majorité, les choix stratégiques adoptés par le Groupe à travers sa stratégie 2022. Certaines ont ainsi été déjà déployées, tandis que d’autres sont en cours. Nous envoyons d’ailleurs des reportings réguliers à la Cour des comptes à ce sujet. Par contre, l’évolution du cadre institutionnel et des textes organiques de la CDG reste évidemment du ressort des pouvoirs exécutif et législatif. Nous nous tenons évidemment à leur entière disposition et sommes prêts à contribuer activement à ce chantier.

    - Sur les grands projets de développement urbain comme notamment la ville de Zénata, que voulez-vous faire?
    - L’action entreprise pour ce projet s’inscrit dans un choix stratégique de restructurer notre métier d’aménagement urbain. La discussion en cours avec l’Etat, très avancée, va dans le sens d’une reconfiguration du modèle institutionnel de portage et de gestion de ce projet. Cela va dans le sens d’une implication plus forte des pouvoirs publics et d’autres parties prenantes, en revenant aux principes énoncés dans l’accord cadre initial conclu en 2006. Cette reconfiguration est motivée par le caractère systémique de ce projet sur la solvabilité de la CDG, mais également par l’objectif de doter le projet d’un modèle institutionnel et opérationnel qui maximise l’efficacité de l’exécution.

    - Et le projet de l’Avenue royale de Casablanca?
    - Il est porté par la Sonadac et se trouve aujourd’hui confronté à des enjeux majeurs. En effet, le projet présente une forte dimension sociale à travers la question de relogement d’une forte composante en «constructions menaçant ruine», les «CMR». Ainsi, le nombre de ménages à reloger est estimé actuellement à 10.000. Par conséquent, la mission d’aménagement de l’Avenue royale est aujourd’hui relayée au second rang en raison de l’importance du relogement des ménages et en particulier ceux occupant des «CMR». Au regard de ces éléments, la CDG, le conseil d’administration de la société dans lequel sont réunies les autorités compétentes, les collectivités territoriales concernées et les actionnaires, considèrent qu’il est nécessaire d’opérer des changements profonds dans la structure actionnariale de la société et dans la répartition des rôles et missions des acteurs impliqués dans ce projet, notamment en matière de traitement de cette problématique de relogement.
    L’objectif de ces changements est de garantir une redynamisation rapide du projet. Nous souhaitons que cette évolution nous permette d’avoir une implication dans le projet qui soit plus cohérente avec notre mission, et n’exposant pas la CDG à des risques démesurés. A ce titre, la CDG est disposée à fournir un support financier au projet, dans le respect de ses contraintes de risques. Et cela, à travers des financements en dettes convenablement structurés, ce qui impliquerait naturellement une sortie de la CDG du tour de table au profit des collectivités territoriales.

    - Vous voulez quitter le segment du logement social. Comment faire?
    - Le métier de la promotion immobilière est porté par notre filiale CGI. Nous déployons en ce moment un plan de transformation ambitieux permettant de remettre à niveau la machine opérationnelle et commerciale de cette filiale. Cela passe d’abord par un recentrage sur les marchés, d’où notre décision de sortir complètement du segment logement social, puisque nous considérons que de nombreux opérateurs privés ont pris aujourd’hui le relais, aux côtés d’Al Omrane. Ainsi, notre filiale CGI va dorénavant se concentrer sur le moyen et haut standing.

    - Qu’avez-vous entrepris dans le tourisme?
    - Le recentrage que nous sommes en train de dérouler dans ce secteur comporte deux variantes. La première concerne les stations touristiques, la CDG tient à ce que son intervention soit la plus structurante possible. Pour cela, et dans le cadre d’engagements renouvelés, en cours de discussion avec les pouvoirs publics, nous avons fait le choix stratégique de concentrer nos efforts sur les deux stations uniquement de Saïdia et Taghazout. Il s’agit de reconfigurer notre intervention pour l’axer sur l’émergence des stations et non pas seulement sur le développement de capacités. Par émergence, nous entendons amener une station à des niveaux de taux d’occupation et de prix de vente tels qu’il devient rentable pour le secteur privé d’y investir. Ceci passe par un renforcement des liaisons aériennes, un travail approfondi sur le produit touristique notamment l’animation et l’arrière-pays. Cela doit être le fruit d’une forte coordination et l’engagement fort de toutes les parties prenantes impliquées. Ceci implique évidemment, pendant la durée nécessaire à cette émergence souhaitée, de ne pas intervenir sur de nouveaux projets de développement de stations et d’opérer un désengagement des autres projets du portefeuille.

    - Et dans l’hôtellerie?

    - Le deuxième recentrage concerne l’hôtellerie. Dans la perspective d’une réduction de notre exposition bilancielle aux sous-jacents hôteliers, nous opérons actuellement une rotation importante du portefeuille d’actifs avec comme objectif à court – moyen terme de nous focaliser uniquement sur les actifs hôteliers stratégiques. Ceci impliquera une sortie progressive du métier de la gestion hôtelière.

    - Dans la filière bois, ce n’est pas beau à voir. Quel est le mode opératoire?   
    - Le Groupe était actionnaire majoritaire de la Cellulose du Maroc, dont la matière première est constituée de bois d’eucalyptus. C’est dans ce cadre-là que le Groupe CDG était producteur de bois. Aujourd’hui que la Cellulose du Maroc a arrêté ses activités, nous explorons les meilleures voies de valorisation de nos investissements dans ce domaine. Un travail de restructuration du portefeuille lié à la filière bois a été mené, ainsi que la cessation d'activité de SFCDG et cellulose du Maroc finalisée via un appel à manifestation d'intérêt.

    Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

     

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